Le fou du roi (Part.3)

(Eh, lecteur, si tu t’es perdu… la première partie, c’est ici : Le fou du roi (Part.1) , la deuxième, là : Le fou du roi (Part.2) )

Friedrig est allongé dans son lit. Il fixe le plafond, les yeux bien ouverts, depuis qu’il a regagné sa couche. Le temps s’écoule doucement. Douloureusement. Deux coups discrets sont tapés à sa porte. Il hésite quelques instants, se relève et va ouvrir. Sylvana est encadrée des deux membres de la Protection, qui ont la décence de ne pas formuler de question. Elle le regarde de ses yeux verts tranquilles, attendant l’autorisation d’entrer. Elle a revêtue sa robe de servante marron et ses cheveux balaient ses épaules. Il s’écarte et repousse le panneau de bois, avant de le refermer à son passage. Elle attend qu’il prononce un mot, mais il se contente de l’observer, se demandant comment repousser une femme aussi désirable. Alors, elle défait la ceinture nouée dans son dos. Doucement, elle fait glisser une épaule de sa robe, puis la seconde, dévoilant peu à peu ses petits seins fermes, dont l’aréole brune fait ressortir le blanc laiteux. Son estomac plat apparait ensuite, puis ses hanches larges, et enfin, son ventre, noir et soyeux. D’un mouvement lent, elle fait tomber la robe à ses pieds, laissant apparaitre des jambes un peu trop courtes et noueuses pour être vraiment jolies mais qui pourtant coupent le souffle au Couronné.
– Sylvana… Rhabille-toi, s’il-te-plait…
Si le ton avait été moins suppliant, la jeune femme aurait peut-être obéi. Là, elle se contente d’onduler des hanches en avançant vers lui. Il recule, mais pas assez vite.
– Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu n’as pas envie de moi, et je m’en irai.
Le Couronné déglutit, mais ne dit rien. Alors elle s’agenouille devant lui et soulève la chemise de nuit. Du bout des doigts, elle découvre le chibre déjà érigé, les bourses dont la peau douce frissonne sous la caresse, le casque qui semble recouvrir le sexe. Prenant pour un consentement le fait que Friedrig ne se soustrait pas à ses mains, elle entrouvre la bouche, faisant glisser la queue entre ses lèvres, de droite à gauche, puis de gauche à droite, la frottant contre la langue dont l’extrémité sort à peine. Puis, d’un coup, elle l’engloutit, le fait rouler, gonflant ses joues, aspirant et suçant, variant les sensations, le rythme, écoutant les réactions émises plus haut. Friedrig s’agace de ne voir que sa chemise onduler et l’enlève prestement, pour se retrouver nu à son tour. En baissant les yeux, il voit la tête brune l’avaler pour le recracher, les yeux verts chercher dans son regard son assentiment.
– Remonte. Tu me manques, ici.
Prestement, elle se relève, mais garde son pénis en main. De l’autre main, elle caresse les sangles, l’épaule au-dessus de la prothèse.
– Dis-le. Dis-le, que tu as envie de moi.
– Mais j’ai envie de toi. Ce n’est pas ça, le problème, tu sais bien…
Elle se colle à lui, frottant ses tétons aux poils auburn, son bas ventre à l’érection qui ne faiblit pas. Leurs lèvres se trouvent pour mieux s’éloigner, leurs dents s’entrechoquent, leurs langues se mélangent. Puis elle fait deux pas en arrière et lui prend la main pour l’attirer vers le lit. Il se sent pitoyable de faire cet aveu.
– Je ne sais pas si je peux t’honorer, sans pouvoir prendre appui sur mes deux bras.
Elle éclate de rire, mais d’un rire sans méchanceté ni moquerie, laissant plutôt poindre le soulagement.
– Et tu dis ton peuple à l’aise avec les choses de l’amour…
Sylvana le pousse doucement sur le lit et l’allonge sur le dos, alors qu’elle s’installe à califourchon sur son ventre.
– Il n’y a pas qu’une seule façon d’honorer une femme, votre Majesté… Et je ne doute pas que vous savez que je peux vous baiser aussi bien que vous pouvez me baiser.
Lentement, elle s’assied sur la queue dressée du Couronné et descend, centimètre après centimètre, pour savourer pleinement cette impression d’être retroussée, que l’organe fait sa place au milieu de son ventre, que l’homme la modèle pour pouvoir mieux la combler. Puis elle remonte d’un coup, serre ses muscles intimes et se relaisse tomber brusquement, encore plus étroite que l’instant d’avant. Ses pieds de chaque côté de la taille, elle fait travailler ses cuisses ainsi quelques minutes, la bouche ouverte, les yeux mi-clos, s’empalant de plus en plus frénétiquement, en prenant appui de ses mains sur le ventre de son amant.
– Je peux aussi m’arranger pour que tu ne puisses te servir d’aucun de tes deux bras, et que tu comprennes qu’ils ne sont pas indispensables.
Elle s’arrête et pose son genou droit sur l’avant-bras gauche de Friedrig. Le genou gauche va trouver sa place sur le bras métallique.
– Je te fais mal, là ?
Friedrig, immobilisé, se met à sourire.
– Non, tu me fais bien.
Un éclair animal passe dans les yeux de Sylvana, alors qu’elle se penche en avant. Les mouvements se font plus amples alors qu’elle frotte son pubis à celui de son amant, se branlant à la toison pubienne. Leurs torses sont proches, très proches, si bien que ses seins frôlent Friedrig à chaque va-et-vient. Le Couronné aurait envie de lui attraper les fesses, de la palper de partout, mais elle le domine totalement, et, étrangement, cela le met dans un état d’excitation qu’il n’a pas connu avec d’autres femmes. Il la regarde prendre son plaisir en se servant de son corps, chercher l’angle de pénétration, la rotation du bassin la plus efficace pour stimuler son bouton contre lui. Bientôt, ses halètements se transforment en gémissements, et les gémissements s’intensifient. Il ne bouge pas, la laisse diriger les opérations jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’elle s’effondre dans son cou, tremblante de la tête aux pieds. Elle reste immobile de longues minutes, reprenant son souffle. Quand, enfin, elle enlève ses genoux des bras de Friedrig, il se permet de lui caresser les cheveux, autant par envie que pour dissiper les fourmillements qui ont élu domicile dans ses doigts.
– Les femmes font l’amour de quelle manière, dans ton pays ?
Friedrig rit.
– Tu sais, je ne suis pas sûr que ce soit une question de coutumes, mais plutôt de femme. Certaines sont plus timides que d’autres, d’autres connaissent mieux leur corps et ce qu’il aime… Je me demande aussi si la Nature n’est pas inégalement généreuse, en rendant les caresses plus efficaces pour une partie des femmes. Et je crois qu’on porte plus d’intérêt à l’amour physique quand il fait trembler que quand il n’éveille que de vagues frissons.
– Tu as connu beaucoup de femmes ?
– Quelques-unes…
Elle rit de le voir se défiler. Son sexe, en elle, est toujours au garde-à-vous, et la sentir rire est un régal. Il ondule doucement des hanches. Elle se lèche les lèvres et se redresse, faisant sortir la moitié du membre d’elle, en appui sur les épaules musclées.
– Viens. Viens prendre ton plaisir.
Friedrig soulève les fesses et les laisse retomber sur la couche, lentement, d’abord, puis plus rapidement, plus violemment, encore et encore, hypnotisé par ces petits boutons de seins qui tressautent et s’agitent au rythme où il la défonce. Sa main gauche avance timidement vers le téton qu’il agace. Sylvana ferme les yeux et rejette la tête en arrière, ce qu’il prend pour une invitation à continuer. Elle glisse la main vers son clitoris et se met à se caresser, en cadence avec les coups de butoir qu’elle reçoit. Ses gémissements se muent en cris et elle ouvre les yeux, plongeant son regard dans celui de Friedrig.
– Oui… Viens… Viens…
Un éclair traverse les reins du Couronné et il se répand en elle, la respiration coupée. Elle se glisse contre son torse et se colle dans son cou. Bientôt, son souffle se fait régulier, alors qu’ils sont toujours encastrés, et Friedrig se laisse aller à son tour dans les ténèbres.

Friedrig est agenouillé devant Sylvana qui est assise sur le bord du lit, la dégustant avec ferveur. Elle le regarde faire avec intérêt, le guidant en lui tirant un peu les cheveux. Un peu plus à gauche, plus en haut, plus à l’intérieur… C’est avec docilité qu’il la laisse faire, qu’il se retrouve le nez au milieu des poils, humant son odeur de femme. Il adore la toucher ainsi avec sa bouche, lui donner du plaisir sans en prendre lui-même. C’est gratifiant de la voir gémir, se tortiller, chercher de l’air, alors qu’il ne fait usage que de sa langue et de ses doigts. C’est excitant, également. Charnel. Cette chaleur, cette humidité, ce goût, cette odeur. L’odeur de Sylvana le rend fou, c’est indéniable. Certaines de ses compagnes n’avaient pas d’odeur, ou une légère âcreté qui ne le dérangeait pas. Mais Sylvana a une senteur fumée, que ce soit quand elle transpire ou quand elle écarte les cuisses. A croire que cette odeur, à elle seule, a le pouvoir de lui faire dresser la queue et perdre la tête tout à la fois. Oh oui, il aime la manger, même si c’est également une manière pour lui de lui offrir un peu de répit. Chaque nuit, depuis dix jours, elle vient le rejoindre dans ses appartements et ils tentent toutes les positions possibles avec le handicap de Friedrig. Souple, elle ne manque pas d’imagination et pas un meuble de la chambre n’a, à un moment donné, accueilli les fesses de la jeune femme ou servi d’appui pour leurs acrobaties. Elle a fini par avouer au Couronné que ces nuits d’ébats lui causaient quelques irritations, bien qu’elle mouillait comme elle n’avait jamais mouillé avec un autre homme. Sans doute étaient-ils trop gourmands, ou angoissés de devoir se dire bientôt au revoir, alors qu’ils venaient à peine de se trouver.
– Allonge-toi sur le lit.
Friedrig se redresse et sourit. La jeune femme ne s’embarrasse pas du protocole pour s’adresser à lui ou pour lui donner des ordres, et il aime ça. D’un geste, il s’essuie la bouche et s’allonge sur le dos. Alors, elle se place au-dessus de lui, agitant son con sous son nez, et prend son sexe entre ses doigts fins. Il regarde le buisson aller et venir sous ses yeux, profitant pleinement de la caresse.
– Qui t’a dit d’arrêter ce que tu faisais avant de me rejoindre sur le lit ?
Le Couronné éclate de rire, puis tend le cou pour recommencer à la lécher. Il sent alors sa queue entourée de chaleur et aller cogner au fond de la gorge de la jeune femme. Avec ses doigts, il caresse le petit trou au-dessus de la grotte et sa queue est aspirée encore plus vigoureusement. Les fesses viennent à la rencontre des doigts et il sent que ses mains à elle partent également à la découverte de ce qui se trouve entre ses deux globes fessiers. Ils jouissent fort, tous les deux la bouche emplie du sexe de l’autre, grâce à ces doigts inquisiteurs. Sylvana se dégage enfin et vient s’allonger sur le dos, à côté de son partenaire.
– Parle-moi de ton pays, étranger.
– Que veux-tu savoir ?
– A quoi ressemble-t-il ?
– Eh bien… Les dieux ont été cléments en le créant. La température est douce en hiver, même si nous avons parfois des étés arides qui brûlent nos récoltes. La Mer de la Sérénité nous fournit du poisson et des fruits de mer et rend l’air salé. Les champs sont blonds, les forêts vert tendre… Je ne sais pas comment te le décrire sans platitude.
– Décris-le avec le cœur, tout simplement. Pourquoi aimes-tu Sélène ?
Le Couronné prend quelques minutes de réflexion.
– Parce que nous vivons en communion avec la nature, au rythme des saisons. Chacun occupe la place qu’il souhaite. Les femmes ne sont pas cantonnées à un rôle de mère et d’épouse, elles sont maîtresses de leur destin comme n’importe quel homme. Je ne crois pas connaître d’autre pays où elles siègent au Conseil Royal, par exemple, surtout en ayant le droit de donner leur avis. J’aime Sélène parce que ses habitants sont solidaires et préfèrent, le plus possible, échanger leurs compétences, leurs services, privilégiant le troc plutôt que de l’or. Parce que les unions se font et se défont parfois, car les Sélénites ont conscience que la vie est trop précieuse pour rester malheureux.
– Il est vrai que vous êtes un peuple oisif, qui s’octroie un jour de repos pour trois travaillés ?
– Oisif ? La Nature elle-même se repose en hiver, et nous sommes ses enfants. Alors oui, nous travaillons un jour pour le printemps, un pour l’été, un pour l’automne, et nous nous reposons le quatrième, et ainsi de suite. Nous mettons à profit ce jour d’hiver pour aller au temple, voir nos anciens, nos amis, ou nous reconnecter à notre compagne ou compagnon de vie. Bref, nous remplissons ces jours de vide avec de l’amour, sous toutes ses formes. Est-ce pour toi de l’oisiveté ?
Sylvana sourit et secoue la tête.
– La vie semble facile, dans ton pays, étranger.
– Elle peut y être dure, comme n’importe où ailleurs. Mais nous en avons conscience et tentons de l’adoucir, ensemble. Voilà pourquoi j’aime Sélène.
Sylvana l’embrasse et se cale au creux de son épaule. Voilà pourquoi il retournera à Sélène, bientôt. Elle ferme les yeux, préférant ne pas y songer.

Sylvana est la première à ouvrir les yeux. D’habitude, elle regagne sa chambre avant le lever du soleil, pour dormir un peu avant de se montrer en public. Cette nuit, elle s’est laissée aller au sommeil dans les bras de Friedrig. Elle le regarde respirer calmement, mesurant sa chance qu’il soit venu rencontrer son père pour des raisons politiques. Son doigt dessine des arabesques sur les poils de son torse, les aplatit pour les ébouriffer. Lentement, le Couronné émerge. Il sourit lorsque ses yeux rencontrent ceux de la jeune femme, avant de glisser avec ses seins collés contre son flanc et sa prothèse.
– Bien dormi ?
– Bien réveillée, surtout.
Sa main s’égare un peu plus bas, réveille la bête entre les cuisses du monarque. Elle a toujours dissocié les hommes de leur queue. Pour elle, c’est un petit animal qui mérite les plus douces des caresses et toute la reconnaissance dont elle peut faire preuve. L’animal en question aime être flatté et le prouve en quelques secondes, en se dressant pour l’honorer. Friedrig soupire en la regardant faire.
– Déjà ?… Encore ?
Le visage de Friedrig tente d’être sérieux, comme s’il la réprimandait, mais ses yeux expriment toute sa bonne humeur.
– Tu n’en as donc jamais assez ?
– Jamais. De toi, je ne suis jamais rassasiée.
Sylvana embrasse l’épaule meurtrie.
– Tu devrais la laisser se reposer, un peu.
– Tu parles de ma queue ?
– Non, mon Couronné, je ne parle pas de ton sceptre royal qui semble infatigable… Je parle de ton épaule. Je crains que porter aussi souvent ton bras ne fatigue la cicatrice.
Friedrig se renfrogne.
– Laisse ça à ma Médecine, elle râle suffisamment pour vous deux.
– Tu devrais peut-être l’écouter. Après tout, c’est son art.
Il sourit et lui caresse les cheveux.
– Es-tu donc mon épouse, pour souhaiter diriger ma vie ?
– Juste quelqu’un qui se soucie de toi.
Elle embrasse sa clavicule, et, lentement, descend le long du torse, pour aller taquiner de la pointe de la langue le phallus qui ne demande que ça. Mais Friedrig lui saisit le bras, la coupant dans son élan.
– Sylvana… Penses-tu que tu serais heureuse à Sélène ?
Elle le regarde, interloquée, la langue encore sur le gland.
– Crois-tu que c’est réellement le moment de te jouer de moi ?
– Je suis sérieux. Réponds.
– Quelle est ta question ? Si le climat chaud dont tu te languis me serait supportable ?
– Non, idiote. Si la vie à mes côtés là-bas le serait.
Sylvana se redresse totalement et s’assied en tailleur, dans une position si naturelle et totalement impudique.
– Friedrig… Nous ne nous connaissons que depuis quelques semaines…
– Et alors ? Ne t’ai-je pas expliqué que la vie est trop courte pour être malheureuse ?
Elle se tait et se cache derrière ses cheveux bruns. Elle réfléchit. Friedrig se demande si son impulsivité est une bonne chose. Mais le départ approche, et la séparation lui semble être plus mauvaise, encore, qu’une décision prise sans réflexion.
– En as-tu envie, au moins ?
– Je ne sais pas. Tout ce que je sais, c’est que je n’ai pas envie que tu t’en ailles.
Friedrig s’assied à son tour et l’attire contre son épaule. Puis il lui embrasse le front, les paupières, le nez, et attrape ses lèvres des siennes, tout en caressant son sein, en le soupesant et en le faisant se dresser. Elle passe ses jambes autour de la taille de Friedrig et s’installe sur son sexe, l’insérant en elle profondément. Tout en cognant leurs bassins, tout en déchaînant l’orage dans leurs ventres, elle se demande si elle serait capable de vivre sans le sentir en elle, maintenant qu’elle s’y est tant habituée.

(…)

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

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