Le fou du roi (Part.1)

Les lumières qui dansent.
Le noir.
Les feuilles au-dessus, qui frémissent dans le vent.
Encore le noir.
L’engourdissement, annonciateur du froid qui le gagnera bientôt.
L’odeur métallique, si caractéristique du sang qui s’écoule en quantité.
Les voix, qui parviennent comme dans un brouillard.
– Ne vous agitez pas, Sire… La Médecine arrive. La Médecine est là.
Les mains froides, rapides, efficaces.
Le néant.

La Médecine observe le moignon avec un air satisfait. Friedrig ne peut en faire autant. Il ne parvient pas à regarder cette chair meurtrie sans penser que, quelques semaines auparavant, il avait à cet emplacement son bras droit. Il détourne les yeux, dégoûté.
– L’infection est entièrement maitrisée. La plaie cicatrise mieux que je n’aurais pu l’espérer le mois dernier. Nous avons échappé au pire.
Le Couronné garde le silence. Il se demande si le pire n’aurait pas mieux valu, à la réflexion, que cette amputation. Mais il ne veut pas accabler sa Médecine. Il sait que la femme est une des meilleures guérisseuses du pays, sachant utiliser les plantes ancestrales comme les techniques les plus modernes pour soigner. Il est certain qu’avec une autre Médecine, il se serait vidé de son sang et aurait perdu la vie. À défaut d’être capable de lui montrer de la reconnaissance, il se contente donc de ne pas l’accabler.
Deux coups discrets sont frappés à la porte.
– Un instant.
Friedrig, avec l’aide de la femme, enfile sa chemise de nuit en grimaçant. À part elle, il n’a laissé personne ne serait-ce qu’entr’apercevoir la plaie. Une fois réajusté, il donne l’autorisation d’entrer à son visiteur. Un homme grand et sec pénètre dans la chambre. Son crâne est dégarni, mais sa barbe poivre et sel, fournie, comme s’il tentait de compenser l’absence de pilosité du haut par le bas. Ses yeux bleu ciel rencontrent ceux de la Médecine et il toussote, visiblement gêné d’interrompre une visite médicale. Pourtant, c’est lui, le Haut Conseiller, qui est intervenu le premier lors du tournoi. C’est l’homme qui a veillé le Couronné pendant les délires causés par la fièvre, allant, sans aucun doute possible, au-delà de sa fonction de premier ministre. Mais la pudeur entre les deux hommes reste malgré tout tenace, comme si la hiérarchie était une barrière insurmontable, y compris dans les moments les plus éprouvants.
La Médecine prend congé, non sans laisser une potion à base de laudanum sur la table de chevet. Friedrig l’en remercie intérieurement. Il peine à trouver le sommeil depuis l’accident.
– Entrez donc, Haut Conseiller. Je vous écoute.
En réalité, il ne prête qu’une oreille inattentive aux différents sujets que son ministre aborde. Il se désintéresse totalement de la vie du pays, perdu dans les méandres de ses pensées. Il ne redresse la tête que lorsque le Haut Conseiller lui parle du chevalier Andrinos.
– Sire, je voulais vous informer que le prisonnier sera pendu demain matin, à la première heure. Souhaitez-vous y assister ?
Friedrig se racle la gorge et tourne son regard vers la fenêtre, située de l’autre côté du lit.
– Vous savez ce que je pense de la peine de mort. Je ne cautionnerai pas cet acte par ma présence.
Intérieurement, il se demande en prononçant ces mots s’il agit vraiment par conscience politique ou par lâcheté, parce qu’il refuse de se montrer affaibli en public. Il ne parvient pas clairement à se faire une opinion. Après avoir signé laborieusement de la main gauche quelques lettres, il demande au Haut Conseiller de le laisser se reposer. Non sans ajouter qu’il souhaite que la Sagesse lui rende visite le lendemain après-midi, dans ses appartements.

La Sagesse est une femme de l’âge de Friedrig, soit environ trente-cinq ans. Toute jeune, elle avait intégré la Maison de la Sagesse et parfait son éducation en lisant les plus grands écrivains et les philosophes reconnus. Mais, contrairement aux autres pensionnaires de la Maison, elle avait refusé de vivre recluse et continué à se rendre en ville pour parler avec les habitants et ainsi, ne pas se vivre en marge de la réalité. Quand Friedrig avait été couronné, il était venu choisir sa nouvelle Sagesse à la Maison. Si chaque habitant de Sélène pouvait venir s’entretenir lorsqu’il le souhaitait avec l’une des détentrices du Savoir, le monarque se devait d’en avoir une attitrée. Après de courts entretiens avec chacune des érudites présentes, le choix du souverain avait étonné. Ses prédécesseurs privilégiaient, en règle générale, des femmes plus âgées qu’eux, pour les guider comme le ferait une mère ou une grand-mère. Friedrig avait senti qu’une femme jeune serait plus au fait des désirs, des besoins actuels du peuple. Depuis, elle accompagne le Couronné et une amitié sincère est née entre eux deux.
La femme pénètre sur la terrasse de la chambre de Friedrig, habillée de la robe longue grise inhérente à sa fonction, ses cheveux blonds relevés en chignon. Elle pose son regard doré empreint de douceur sur le visage de son souverain. Friedrig est assis dans une banquette, les jambes recouvertes par un plaid, les yeux perdus dans les eaux de la Mer de la Sérénité, aux pieds du Château. Elle remarque que ses traits sont tirés, que la barbe semble moins fournie. Même ses reflets roux, qui apparaissent aux détours des ondulations de ses cheveux mi longs, semblent affadis. Il a beaucoup maigri et sa stature n’est plus aussi impressionnante.
– Cela fait longtemps que vous ne m’avez faite mandée, monseigneur. J’avais peur que vous ne m’ayez oubliée.
Friedrig sourit tristement. Il sait que, quelque part, se trouve le reproche d’une amie inquiète.
– J’ai effectivement oublié de faire appel à la Sagesse, ces dernières semaines. Ce n’est pas digne d’un monarque.
La Sagesse incline la tête et lui répond doucement.
– Un Couronné n’est, en définitive, qu’un homme. Il a besoin, parfois, de prendre du recul et peut commettre des erreurs comme chacun des sujets qu’il gouverne. Ainsi, il reste proche d’eux.
Friedrig semble se tasser sur son siège.
– Savez-vous que le chevalier Andrinos a été exécuté, ce matin ?
La Sagesse hoche la tête, silencieuse.
– Je n’aurais jamais dû laisser cela faire. Son procès a été bâclé.
La Sagesse pose la main sur celle du Couronné, qui semble à ce moment avoir la moitié de son âge. Ou le double, elle ne le sait pas trop.
– Friedrig… Ce qui s’est passé au tournoi a choqué le peuple. Nous ignorons encore s’il s’agissait d’une maladresse ou si le chevalier a commis une tentative de meurtre sur votre personne. La lance était étrangement affutée, pour une arme de compétition… Andrinos est un Frac et les propos qu’il a tenus sur vous quelques jours auparavant à la Taverne…
– Vous savez comme moi qu’il aurait eu le bénéfice du doute si je n’étais pas le Couronné de ce pays.
– Mais vous l’êtes. Et les relations avec les Fracs n’en finissent pas de s’envenimer, au cours des saisons. Le peuple demandait un exemple.
– Le peuple était aveuglé par sa soif de vengeance. En tant que Couronné, j’aurais dû montrer la voie de la raison et refuser le châtiment disproportionné choisi par le Conseil. Mais, en tant qu’homme… J’ai honte de reconnaitre que…
La Sagesse attend la fin d’une phrase qui ne vient pas. Mais elle sait, elle n’a pas besoin d’entendre. Friedrig se racle à nouveau la gorge et détourne les yeux.
– Je voulais avoir votre avis sur un autre sujet. Je ne suis plus sûr d’être à même de gouverner ce pays, depuis que je suis… diminué. Sélène a besoin d’un chef fort, qui peut monter à cheval et guerroyer. Moi, je ne peux même plus tenir une plume pour signer mes courriers. Je pense proposer à mes frères d’organiser ma succession.
La femme retire sa main de celle du monarque et secoue la tête.
– Sire, vous pouvez avoir l’impression de ne plus être un roi, ni même un homme, à part entière. Mais vous êtes dans l’erreur. Le peuple vous aime. Vous êtes le premier Couronné qu’il ait choisi. Il est loyal envers vous. Il refusera un autre que vous, tant que vous respirez.
Friedrig l’observe en silence. Quand son père lui avait laissé le trône, à lui l’aîné, il l’avait accepté… Puis abdiqué, dans la foulée. Il avait déclaré, lors d’un banquet public, que les Sélénites devaient choisir un homme parce qu’ils avaient confiance en lui, non parce que le destin l’avait fait naître avant ses frères. Il avait instauré la Cérémonie du Caillou, obligatoire pour tout habitant du royaume. Chacun avait apporté une pierre noire, blanche ou grise, suivant le Plinéon qu’il souhaitait voir accéder au trône et l’avait déposé dans un coffre, après avoir décliné son identité, sous les yeux de trois témoins d’honneur représentant les frères. Friedrig avait été élu avec une majorité écrasante, pluie de cailloux blancs sur les dalles du château, après deux journées à vérifier sur les registres les noms, à attendre le décompte, même si un simple coup d’œil suffisait à se rendre à l’évidence. Dans la semaine, les bannières des Plinéon avaient été remplacées au profit de nouvelles, au symbole de Sélène. Pour rappeler à tous, y compris aux étrangers, que le bien-être commun importe plus que celui d’une famille royale. Friedrig a toujours été apprécié par la population. Sa franchise, son courage et sa droiture impressionnaient les Sélénites. Friedrig réalise avec un sourire amer qu’ils seraient déçus de voir leur Couronné aussi faible, tant physiquement que moralement. La Sagesse ouvre la bouche et la referme, hésitant visiblement à prendre la parole.
– Parlez donc. Vous n’avez pas de crainte à avoir.
– Si Monseigneur me le permet… J’aimerais suggérer quelque chose.
Friedrig éclate de rire, ce qui n’était pas arrivé depuis bien longtemps. La Sagesse a pour horrible défaut d’être incroyablement franche. Mais son rire s’étrangle en entendant les mots suivants.
– Il faut organiser un banquet, Friedrig. Les Sélénites sont inquiets pour vous. Ils veulent voir de leurs yeux que le Couronné n’a pas perdu la vie dans le tournoi des feux de Beltane.
– Hors de question que je me montre sans…
La Sagesse le foudroie du regard.
– Sans votre bras ? Que la Déesse Mère m’entende, Friedrig Plinéon. Vous avez de la chance de n’avoir perdu qu’un membre et non la vie. Sans le talent de la Médecine, vous ne seriez plus bon désormais qu’à nourrir un bûcher. Il est temps de cesser de vous lamenter sur ce que vous avez perdu et de commencer à remercier les Dieux de ce qu’ils vous ont permis de conserver.
Elle se couvre la bouche en rougissant, consciente d’être allée trop loin. Son souverain est blême, encaissant la claque qu’il vient de recevoir.
– Friedrig… Vous êtes jeune, encore. Vous pouvez fonder une famille et faire le bonheur de votre peuple. Votre retraite n’a que trop duré.
Doucement, elle se lève, rassemble ses jupes autour d’elle et le regarde.
– Votre position implique des responsabilités qui vous interdisent la mélancolie.
Puis elle quitte la terrasse. Peut-être que le Couronné la chassera après cette sortie. Peut-être qu’il la punira, même si elle en doute. Mais elle ne supporte pas de voir Friedrig Plinéon se conduire comme si sa vie s’était achevée lors de ce stupide tournoi.

– Majesté, les sangles passeront sur votre épaule gauche et votre flanc, pour rééquilibrer le poids. J’ai essayé d’alléger au maximum la prothèse, mais certains mécanismes étaient indispensables pour effectuer le plus de gestes possibles.
Du doigt, Léonane active une touche placée à l’intérieur du poignet. La main se referme. En actionnant à nouveau le bouton, elle se rouvre.
– La molette sur le côté vous permet de régler le degré d’ouverture. Et celle-ci, la position de votre avant-bras.
Impatient, l’inventeur attend la réaction du Couronné. Friedrig se tourne vers le Haut Conseiller et la Médecine, à proximité.
– Qu’en pensez-vous ?
L’homme âgé hoche la tête.
– Que Léonane a travaillé dur depuis votre accident pour réaliser ce bras artificiel, et que, la moindre des choses est de l’essayer.
Le Couronné soupire. L’inventeur semble embarrassé.
– Bien sûr, je ne peux pas vous rendre votre bras. J’essaie juste de vous permettre d’avoir une vie plus… confortable. Il faudra vous aider à mettre la prothèse et à l’enlever. Je serais honoré de remplir cette tâche, au moins le temps de s’assurer que le système est efficace, et que nous soyons sûrs qu’il ne vous blesse pas. De plus, je pourrais apporter des améliorations ou réparer si un mécanisme se grippe.
Friedrig observe un instant Léonane. Cet inventeur s’est fait une réputation de génie dans la capitale, mais l’essai de son dernier appareil volant s’est soldé par un incendie dans une grange. Le bras qu’il lui propose est pourtant la seule option dont il dispose.
– Eh bien… Allons-y.
Il inspire un grand coup et fait passer sa chemise par-dessus sa tête. Le Haut Conseiller détourne le regard, conscient du malaise que le jeune homme peut ressentir à se dévêtir. L’inventeur, lui, ne bronche pas. Il est trop occupé à réfléchir à la manière d’installer les sangles pour ne pas blesser le monarque. Au bout de cinq minutes, il se lance. Il harnache Friedrig de part en part, rééquilibre la position, lui demande s’il n’a pas mal au dos. Il règle particulièrement la jonction entre le moignon et le bras artificiel pour que les frottements soient le moins douloureux possibles. La Médecine est circonspecte, donnant des conseils d’un air dubitatif. Le bras est un peu plus long que besoin, et sa couleur tranche avec la peau du monarque.
– Si Monseigneur le permet, ce n’est qu’un prototype. Avec votre accord, désormais, je peux travailler à le rendre le plus proche possible du bras que vous avez perdu. Le recouvrir d’une patine de votre exacte carnation, par exemple.
Friedrig part d’un grand rire. Le poids de la prothèse tire dans son dos. Il le sent. Il sent quelque chose, à nouveau. Et ça fait du bien.

Le banquet en est à son quatrième plat. Ce n’est qu’oies rôties, dindes glacées au miel et aux amandes, cochon de lait aux figues. Le tout copieusement arrosé de vin de Sélène, un vin grenat, épais, qu’il faut couper à l’eau ou au jus de raisin pour pouvoir le déguster pleinement. Le Couronné a la tête qui lui tourne. Après plusieurs semaines alité en se nourrissant à peine, une telle profusion de mets et d’alcool risque à tout moment de le faire déborder. Mais Friedrig est de bonne humeur. Il a l’impression de revenir à la vie et personne ne semble regarder son bras mécanique, bien caché sous la chemise en lin large qu’il a choisie de porter ce soir. Il s’habitue doucement à ce nouveau bras et à ses fonctionnalités, mais préfère réserver ses essais à ses appartements. Il ne veut pas exploser un verre en dosant mal le serrage des doigts avec la molette, et Léonane travaille actuellement à un mécanisme pour ne faire bouger que l’avant-bras ou le poignet. D’ici quelques semaines, il pourra accomplir des gestes de la vie quotidienne qui lui sont pour l’instant interdits. Il a foi en l’inventeur, qui démontre l’habileté d’un horloger, avec ses mécanismes de précision. En attendant, il exerce sa main gauche et reconnait avoir gagné en habileté. Bientôt, il pourra commencer à s’entraîner à l’épée. Il demande un nouveau verre de vin de Sélène. Il faut fêter cela, oui, et avec panache. Le Haut Conseiller n’a pas lésiné sur l’organisation de ce banquet. La prairie des Cérémonies, grand champ attenant au château et réservé exclusivement aux festivités, est remplie de monde. Des tables de fortune ont été dressées dans l’herbe. Les Sélénites sont venus avec de la nourriture et chacun son siège, comme l’exige la coutume. A la table du Couronné, tout le monde partage son pain, du monarque au paysan. Et tous repartent avec les restes, si restes il y a.
Le quatrième plat est débarrassé prestement. C’est l’heure des amuseurs, qui permettront aux invités de retrouver l’appétit nécessaire aux suivants. Les cracheuses de feu succèdent aux danseurs, les poétesses aux troubadours. Puis arrive Akram, le fou du roi. Comme tous les bouffons, il est doté d’une grande taille et sa silhouette est gracile. Il arrive devant son souverain en faisant des roues tordues et des galipettes dont l’atterrissage laisse à désirer.
– Monseigneur, vous me voyez ravi de voir que vous vous portez comme un charme et que les rumeurs à votre sujet étaient infondées.
Friedrig se redresse sur sa chaise, interloqué.
– Mais encore ?
– On vous disait affaibli. Que vous aviez perdu votre bras. Je vois qu’il n’en est rien.
Le Couronné sent sa colère monter.
– Et si cela avait été le cas ?
– Eh bien, j’aurais dit : tant mieux !
À ces mots, le Haut Conseiller, situé à droite du roi, se lève.
– Comment osez-vous ?
Friedrig lève sa main gauche en direction de son premier ministre. Puis il saisit une cuillère en bois et frappe sa prothèse, qui émet un son métallique. Le fou regarde le bras, semblant comprendre sa méprise.
– Et maintenant, que dis-tu ?
– Je réitère. Tant mieux.
Alors, Friedrig se retourne vers les membres de la Protection du Couronné.
– Amenez-le dans les cachots. Quelques semaines dans une cellule lui apprendront à ne pas dépasser les limites de la bienséance.
Mais la colère s’est déjà évanouie. Ne reste que l’amertume, qui lui coupe tout appétit pour les réjouissances.

(…)
Partie 2

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

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