Résurrection

Il la colla contre le mur et releva sa robe précipitamment. Frénétiquement. Ses cheveux bruns glissaient sur le mur blanc de l’entrée à mesure qu’elle tournait la tête de droite à gauche, comme pour nier que c’était de la folie. Il posa les mains de chaque côté de son visage pour l’attirer à lui. Leurs bouches s’écrasèrent, leurs langues se fondirent. Ils reprirent leur respiration en volant le souffle de l’autre, avant de recommencer à mélanger leurs salives. Marion n’ouvrit ses grands yeux marron que lorsqu’Arnaud écarta son string pour fouiller son intimité. Elle gémit quand il mordit sa lèvre inférieure.
– Putain, ce que j’ai envie de toi… J’en ai mal.
Elle passa la jambe autour de la taille de son amant pour s’ouvrir davantage.
– C’est réciproque. Tu sens comme je mouille ?
Il acquiesça tout en l’embrassant. Ses deux doigts furent rejoints par un troisième. Il adorait qu’elle exprime son désir. Il voulait qu’elle soit dingue de sa queue comme il était dingue de son corps, de ses caresses, de son esprit. Il voulait la posséder, malgré toutes ses convictions d’homme féministe qui lui criaient qu’elle ne lui appartenait pas, qu’elle n’était pas sa chose. Il voulait la remplir de partout, la marquer à jamais. Il la voulait animale, incapable de se contrôler, parce qu’en sa présence, il n’était plus tout à fait lui-même non plus.
– J’ai envie de te baiser à t’en faire mal.
Marion avait les yeux qui brillaient. Elle sourit et lui passa les mains sur la nuque. Devrait-elle avoir peur ? Avec un autre qu’Arnaud, peut-être. Mais pas avec lui. Elle le savait incapable de la faire souffrir, même si elle lui demandait. Qu’il jouait avec les mots. Qu’en même temps, il était incroyablement sincère : il avait envie de la démonter, de la saccager, porté par un désir brut et violent qu’elle connaissait pour l’éprouver elle-même. Elle perdait toute pudeur. Rien n’était obscène, mais tout devenait indécent. Et bon sang, ce qu’elle aimait ça. Se sentir chienne et se savoir néanmoins maîtresse du jeu. Voir de l’admiration à chaque fois qu’elle le surprenait, qu’elle dépassait les limites. Celles qu’elle avait toujours pensé avoir, parce qu’au fond, elle ne se connaissait pas.
– Prends. Prends ce qui te fait bander.
– Toi, tu souhaites quoi  ?
– Que tu me baises salement. Bestialement. Passionnément.
– J’ai peur de te briser, si je me lâche.
– Je ne suis pas en porcelaine, Arnaud. Je ne me casse pas si facilement. Si je te dis que j’en crève d’envie… Baise-moi.
Il s’agenouilla promptement, arracha la culotte et plongea la langue la première dans son intimité. D’une main dans les cheveux, elle le guida, l’utilisant pour son plaisir. Elle alla jusqu’à appuyer sur la tête pour qu’il rentre la langue dans son sexe. Elle se détendit imperceptiblement quand la pointe serpenta jusqu’à son anus. Il glissa les mains sous ses fesses, attrapa les deux globes charnus pour assurer sa position, les malaxa. Puis il la retourna brutalement pour pouvoir mieux la manger, la fouiller de la bouche et des doigts. Le front contre le mur froid, elle eut l’impression que son cerveau abdiquait. Qu’elle n’était plus qu’un corps consentant à sa disposition, une chatte réclamant une queue. Elle devenait folle. Cinq ans d’études supérieures, un statut cadre dans une grosse boîte, des responsabilités… et elle agitait le cul comme une traînée sous les coups de langue d’un homme. Elle écarta d’elle-même ses fesses.
– Prends-moi par derrière.
Il remonta aussitôt, caressant au passage son corps, des chevilles aux épaules, malgré les vêtements encore en place. Parfois, il la prenait avec douceur, en l’effleurant des lèvres et des doigts. Parfois, elle aimait penser qu’il lui faisait l’amour. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, les corps avaient besoin de se cogner pour se retrouver, de s’emboîter sans ménagement. Il lui mordit le cou en la pénétrant d’un coup sec, distendant son orifice le plus étroit, le plus intime. Elle retint un cri, lâcha ses fesses pour griffer le mur, les yeux grands ouverts. Il resta un moment en place, la modelant de l’intérieur, retroussant ses chairs.
– Ca va ?
Marion hocha la tête et bascula le bassin vers l’arrière, comme pour s’empaler encore un peu. Elle grogna, les dents serrées.
– J’ai dit… Baise-moi.
Il la mordit à nouveau, comme un lion peut le faire pour maintenir sa femelle en place. Et commença à la pilonner. Lentement, d’abord. Puis, de plus en plus vite, jusqu’à une cadence à la limite du supportable. La brûlure au fond de son cul ne se dissipa pas. Au contraire. Mais il tapait sur un point bien particulier, qui la rendait dingue, lui coupant le souffle à chaque poussée, comme si elle allait se pisser dessus tellement c’était bon. La joue et les seins cognant contre le mur, elle prenait cher, elle perdait pied. Elle ne pensait qu’à ses doigts enfoncés dans ses hanches, à son bassin contre ses fesses, à ses couilles lui claquant la chatte en rythme, à ses dents contre sa nuque.
– Branle-toi. Rends-moi fou.
Marion glissa tant bien que mal ses doigts jusqu’à son clitoris qu’elle agaça. Mais c’est à peine si elle savait ce qu’elle faisait. Il la secouait pas mal, derrière. Il voulait lui donner ce qu’elle demandait. Etre salace parce que c’était nécessaire, aujourd’hui particulièrement. Que, par-dessus tout, elle voulait sentir son désir déborder, voir à quel point elle lui faisait perdre tout sens des conventions sociales, pour qu’elle assume d’abandonner toute retenue de son côté. Il sentit son cul se contracter convulsivement et pu enfin se lâcher à son tour. Il passa un bras autour de sa taille, un autour de ses seins, et serra fort, l’emprisonnant au moment du dernier coup de reins, quand il grogna son plaisir contre son oreille. Debout contre le mur, ils restèrent enlacés quelques minutes, les yeux clos, tête contre tête. Marion rompit le silence.
– Tu m’as manqué.
– Fallait pas partir.
– Ne me laisse plus le faire, alors.
– D’accord… d’accord.

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