Dialogue (Part.1)

–  Nan, mais c’est pas parce que tu as un gros cul que t’es toujours célibataire. Je dirais même que c’est TA chance.
–  … Continue, David, je sens que ça va devenir passionnant.
–  Les mecs, ils adorent les gros popotins. C’est atavique, tu vois. Un gros cul, ça veut dire des hanches larges. Ca veut dire que tu peux porter la progéniture, la descendance. Si en plus tu as des gros nichons, t’as tout gagné : tu peux la nourrir. Les mecs, ils résistent pas à leur pulsion première : perpétuer l’espèce.
–  Arrête de reluquer mes seins.
–  Bon, ok, toi, c’est plus le pétard, ton point fort.
–  Ta gueule.
–  Je suis ULTRA sérieux.
–  Le pire, c’est que je sais que c’est vrai.
–  Que les mecs adorent les gros derrières ?
–  Non, que tu crois vraiment les bêtises que tu débites.
–  Ben, je sais de quoi je parle, quand même.
–  Depuis quand tu es sociologue ?
–  Je ne suis pas sociologue mais par contre, je suis un mâle.
–  Ce n’est pas parce que tu te rêves chanteur de rap avec un harem de meufs qui ondulent du croupion autour de toi que tu es un homme.
–  Là, tu me vexes.
–  … Je suis allée trop loin ?
–  En sous-entendant que j’aimais le rap ? Oui.
–  Ouais, mais elles ont pas des gros tarpé, dans les clips des rockeurs. Et fallait que j’illustre mes propos par un exemple criant.
–  Il n’empêche. Tu m’as blessé.
–  Je te paie une deuxième bière, pour me faire pardonner ?
–  J’aurais préféré une p’tite gâterie, mais je prends ce qu’on m’offre.
–  T’as raison, tu as plus de chance d’avoir une bière qu’une pipe.
–  Je savais que tu étais feignasse. C’est peut-être ça aussi qui fait que tu gardes pas les hommes.
–  Alors, pour info, je suce très bien…
–  Moi je suis comme Saint-Thomas.
–  … et deuxièmement, au lit, je ne suis fainéante que si je m’ennuie.
–  Blague à part, ce Enzo, c’est le combien à te planter après avoir couché avec toi ?
–  J’ai arrêté de compter quand j’ai plus eu de doigts.
–  C’est qu’il doit y avoir un problème, quand même.
–  Merci, je me sens mieux.
–  Lisa, je dis juste ça pour ton bien.
–  Maintenant, j’ai envie de rentrer chez moi pour hiberner. Je ne suis pas sûre que tu sois la personne idéale pour me remonter le moral après une énième vautre sentimentale.
–  Si tu veux, on fait ça.
–  On fait quoi ?
–  On rentre chez toi pour se mettre sous la couette.
–  … David…
–  Et on couche ensemble pour qu’on sache enfin si tu es nulle au lit.
–  Tu crois que ça serait la solution ?
–  On serait enfin fixé.
–  Oui… mais non.
–  Tu vois, moi je suis prêt à visiter ton cul pour trouver une solution à ton problème, et tu y mets de la mauvaise volonté. Alors que je fais ça en toute amitié.
–  En toute amitié ?
–  Juré.
–  On est sauf, alors.
–  Tu devais pas repayer une tournée ?
–  Non, tu viens de décliner cette offre. En suggérant que tu allais me sodomiser à sec parce qu’on est potes.
–  J’ai pas dit à sec, mais si tu aimes quand c’est bestial, je m’adapte, hein.
–  Tu te fatigues pas, parfois ?
–  Parfois, si. Mes nanas aussi. Mais bon, je fais mieux les cunni qu’une lesbienne, donc en général, elles font avec.
–  Et pourquoi tu es encore seul, alors ?
–  Je ne suis pas seul, je profite de mon célibat. Nuance. Et justement : je suis un trop bon coup. Ca serait péché de me retirer du marché.
–  Tu me parais bien sûr de toi !
–  Je suis prêt à apporter toutes les preuves nécessaires. Ah, tu rigoles moins, tout d’un coup !
–  Voyons, j’ai juste trop peur de gâcher notre amitié, mon David.
–  Mais non. Je ne vois pas en quoi le fait de te montrer mon zizi pourrait gâcher notre amitié. A moins que tu réalises que tu ne peux plus vivre ensuite sans les formidables orgasmes que je peux procurer à tes multiples orifices.
–  Ca fait limite plaquette publicitaire.
–  Non, parce que la pub, c’est souvent mensonger.
–  Dis… tu crois vraiment qu’il y a un truc qui déconne, chez moi ? Que c’est pour ça que je trouve pas de mec ?
–  Je pense surtout que les mecs que tu croises ne te voient pas comme moi je te vois : une nana super.
–  Tu dis ça parce qu’on est ami depuis près de dix ans.
–  Non, je dis ça parce que j’ai des yeux. Et un pénis. Et que le tout sait ce que c’est, une chouette fille, gentille, futée, drôle. Les mecs qui ne s’en rendent pas compte sont juste des gros bœufs.
–  Oh David… Merci.
–  Ne me caresse pas la main comme ça, tu vas me coller une érection.
–  C’est moi ou tu deviens con à chaque fois qu’on est intime, toi et moi ?
–  Si l’intimité, pour toi, c’est de me caresser la main, effectivement, faut qu’on revoit les bases du Kâma-Sûtra.
–  Il y a des trucs plus intimes qu’un 69, tu sais.
–  Genre le pétale de rose ?
–  J’abandonne.
–  Tu verrais ta tête !
–  Au lieu de faire l’andouille, commande-moi une autre Despé. Hé… David… Tu as dit que j’étais gentille, futée et drôle. Tu n’as pas dit si j’étais jolie…
–  Pfff… Dites à une femme qu’elle est intelligente, elle se vexe de ne pas être belle. Dites-lui que c’est un canon, elle hurle qu’on ne lui parle que de son physique.
–  …
–  T’es pas jolie, Lili. Tu es mieux que ça. Tu es bandante.
–  Je crois que je vais pleurer de rire.
–  Tu voulais une réponse, je te la donne.
–  En toute amitié, hein ?
–  Ouais, en toute amitié. Et en toute objectivité. Tu es bandante. Ton problème, c’est que tu ne le sais pas.
–  Je ne suis pas bandante !
–  Ce n’est pas un gros mot.
–  Je sais. C’est juste que ce n’est pas celui que j’aurais employé pour moi.
–  T’aurais dit quoi ?
–  Hum… Mignonne ? Pétillante ?
–  Oui, aussi. Mais pas que. Tu es sexy, tu transpires le sexe. Et tu mérites d’avoir un mec qui sache ce qu’il a dans son lit, dans sa vie. Ton gros problème, c’est ton manque de confiance en toi.
–  Ça se soigne, tu crois ?
–  Avec pas mal de psychanalyse.
–  Je risque d’être ménopausée avant d’être guérie.
–  C’est pas faux… Bon autre chose… Euh… Ah, la voilà ta solution : prends-toi un soumis.
–  Un soumis ??? Pitié… Dis-moi que tu déconnes.
–  Ouais !… Quoique… Non, attends. Non, ça peut marcher! Un mec qui t’idolâtre, ça doit forcément booster ta confiance en toi.
–  Tu déconnes. Tu NE PEUX PAS être sérieux.
–  Après tout, pourquoi pas ? Donne-moi un seul argument contre.
–  Parce que ce n’est pas DU TOUT mon style de traiter un homme comme de la merde.
–  Bah, si ça plait au mec en question ?
–  Tu es complètement barré.
–  Oui, certes, mais bon, ça te ferait pas un bien fou d’être traitée comme une déesse ? Qu’un type baise le sol que tu foules ?
–  Non, ça me paraitrait trop bizarre.
–  Même pas un peu ?… Allez, réfléchis bien et sois honnête avec moi. Je vois tes yeux pétiller.
–  … Bon… Ok. A la réflexion, ça ne doit pas être désagréable. Eh ! Tu crois que je pourrais lui faire faire mon ménage ?
–  Euh, je pense que oui. Un soumis, par définition, ça fait ce que sa maitresse exige. Par contre, faudra peut-être lui coller une fessée ou deux, en contrepartie.
–  Ça, ce n’est pas le plus dur.
–  Aaaaah tu vois, tu commences à accepter l’idée.
–  J’accepte l’idée qu’on est bourré, ouais.
–  Je te remets une bière ?
–  Ouais. Et explique-moi comment je peux devenir une bonne maîtresse. Juste pour le délire.
– Domina.
– Hein ?
– Roh, merde. On a du boulot.

(La suite ici)

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

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