Mytho

Philoctète passait d’un sabot à l’autre, nerveusement. Depuis son buisson, il ne parvenait pas à distinguer toute la rive du petit ruisseau dans lequel s’ébrouaient trois jeunes filles en riant. Il faisait chaud en ce début d’été. Trop chaud, même. Phil aurait juré qu’Hadès faisait souffler les vents des Enfers sur terre pour pousser les hommes et les femmes à l’énervement et donc, à la faute. Mais il fallait bien reconnaître que la chaleur avait cet avantage : en été, les femmes grecques, généralement peu vêtues, faisaient plus facilement glisser leurs chitôns de lin à leurs pieds. Ces trois mignonnes-là ne s’étaient pas contentées de venir chercher de l’eau pour le foyer. Nues comme le jour de leurs naissances, elles conversaient en s’éclaboussant de temps à autre, déversant de leurs mains en coupe l’eau fraîche sur leurs poitrines, se caressant mutuellement le dos de gestes lents et tendres. Le satyre respirait avec difficulté, fasciné par ces mains blanches qui effleuraient les courbes des épaules, des hanches et s’attardaient dans le creux de la taille.
– Mon vieil ami, encore à reluquer des nymphes ?
Philoctète tressauta derrière sa cachette et se retourna. Il se trouvait face à Héraclès, goguenard, visiblement en pleine partie de chasse, son arc à la main.
– Cache-toi, veux-tu ! Tu vas nous faire repérer ! rouspéta la créature mi-homme, mi-bouc.
D’un bond, il attrapa le bras du demi-dieu et le força à s’agenouiller derrière l’arbuste. Héraclès émit un petit rire et regarda son ami avec tendresse.
– Tu n’en as pas assez, Phil, d’observer à son insu tout être possédant des mamelles ?
Le satyre le toisa et désigna son pénis en érection.
– Ce n’est pas ma faute si les dieux m’ont créé comme ça. Tu n’es pas une créature constamment ithyphallique, tu ne peux pas me juger.
Pour appuyer ses paroles, il planta ses poings sur ses hanches et le foudroya de ses yeux aux prunelles obliques. Héraclès leva les mains en signe de reddition.
– Je conçois que ta condition ne doit pas être évidente, mon ami… Mais je croyais que tout allait bien avec ta ménade… Kalis, c’est ça ?
Le silène soupira en laissant tomber ses poings et fixa ses sabots.
– Oui, mais aux dernières bacchanales, elle et ses copines ont trop abusé de bière à l’amanite tue-mouche. Elles dorment, après trois jours de délires hallucinatoires et d’orgie avec Bacchus. Alors… Il faut bien que je m’occupe.
Héraclès coula un regard vers la rive.
– Artémis va encore te souffler dans les bronches, si tu importunes les jeunes filles placées sous sa juridiction.
La remarque du héros sembla blesser le satyre.
– Voyons, tu sais bien que je ne les importune pas. Je les regarde, je me paluche et ensuite je peux espérer avoir une demi-heure de répit avant que ma queue ne redevienne marbre. Elles ne sauront même pas que j’étais là. Personne n’a à en pâtir.
Héraclès n’écoutait que d’une oreille, absorbé lui aussi par le spectacle des trois femmes nues.
– Qu’avons-nous là ? interrogea le héros en les désignant.
Le bouc esquissa un sourire en voyant l’intérêt poindre chez son ami. Il n’était peut-être pas le seul à posséder quelque once de perversité.
– C’est l’humaine Bolina, avec ses deux sœurs.
Du menton, il montra la plus plantureuse, la mieux faite. Puis, de la main, les deux autres.
– Calypso, celle qui a des reflets rouges, est l’aînée. La petite toute frêle, Eulalie, la cadette.
Les yeux d’Héraclès, qui avaient volé de l’une à l’autre au gré de la description du bouc, revinrent caresser les courbes de Bolina.
– Bolina, Bolina… Pourquoi ce nom me dit-il quelque chose ?
Le satyre ricana.
– Ne sais-tu donc pas que ton demi-frère, Apollon, s’est entiché d’elle ? Il veut la faire diviniser et rebat les oreilles de Zeus avec cette histoire. Ton père hésite, se disant que cela lui changera peut-être les idées, après la mort de Hyacinthe. Il faut dire que ton frère n’a pas beaucoup de chance dans ses amours.
Héraclès souriait intérieurement. Non, Apollon n’avait pas de chance en amour. Souvent il était abusé par les femmes ou délaissé par les hommes. Mais ce n’est pas pour autant que le héros en éprouvait plus de sympathie. Les habitants de l’Olympe lui avaient pourri l’existence depuis sa naissance. Qu’y pouvait-il, lui, s’il était l’enfant bâtard d’un Dieu qui ne pouvait s’empêcher de fourrer toutes les femelles croisées ? Qui avait falsifié son apparence pour abuser sa mère, la jolie Alcmène, et s’introduire entre ses cuisses ? Qu’avait fait ce bébé, pour mériter le courroux d’Héra, à part naître du sein de la descendante de Persée ? La déesse avait essayé de le tuer dès le berceau, puis l’avait envoyé guerroyer, espérant ne pas le voir revenir. Il avait changé son nom, abandonnant Alcide pour « Gloire d’Héra. » Il avait effectué sans broncher les douze travaux et bien plus encore. Mais rien n’était suffisant pour la déesse vengeresse. Elle l’avait poussé à la folie, lui faisant assassiner ses enfants et Mégara, sa bien-aimée. Les Dieux, Héra en tête, avaient fait de sa vie un enfer. Et voilà qu’il pouvait s’amuser aux dépends d’eux, faire fuir ce que l’un d’eux chérissait. Oui, Héraclès remerciait la destinée, qui avait conduit la biche qu’il pourchassait dans cette clairière. La chasse qu’il s’apprêtait à mener lui semblait bien plus palpitante que celle qu’il avait dû abandonner.
Lentement, il se redressa et traversa le buisson, avant que Philoctète n’ait le temps de réagir. En soupirant, le bouc le suivit des yeux, détaillant sa large silhouette recouverte de la peau du lion de Némée, ses jambes musclées dépassant d’un chitôn immaculé et sa cuirasse musculaire en bronze. Le satyre devait bien le reconnaître : avec sa barbe drue brune et sa longue chevelure ondulée, Héraclès avait fière allure et devait facilement exciter les dames. Il le regarda s’approcher des trois femmes et posa la main sur sa queue bandée, imaginant qu’il était lui-même le héros grec.

Face au rivage, Eulalie fut la première à voir l’homme et poussa un cri d’effroi, tentant de cacher ses seins avec sa chevelure. D’un seul geste, Bolina et Calypso se retournèrent, de l’eau jusqu’à la taille. La première arborait un air de méfiance, la seconde, une posture guerrière, malgré l’absence de tout vêtement les recouvrant.
Héraclès montra ses mains désarmées et sourit.
– Tout doux. Je viens en ami.
Alors que Bolina se décala vers la gauche du héros, comme pour l’encercler, Calypso se positionna devant Eulalie et cracha presque :
– Qui es-tu, l’étranger ?
Bolina fut la première à répondre, en remarquant la peau de lion.
– Héraclès. Tu es fils de Zeus.
Le demi-dieu hocha doucement la tête, sans se départir de son sourire. Calypso baissa les bras alors que sa bouche s’arrondissait d’étonnement.
– Que nous vaut ta visite, Fils de Zeus ?
Héraclès plongea ses yeux dans ceux de Bolina et crut y déceler une lueur d’intérêt.
– Je viens pour toi, Bolina. Je souhaite m’entretenir avec toi. En privé.
Elle l’observa quelques instants, en silence, puis fit un geste de la tête en direction de ses sœurs. Calypso s’enflamma instantanément, agitant sa chevelure aux reflets rouges.
– Mais tu n’y penses pas ? Je ne vais pas te laisser seule avec cet homme dont nous ignorons tout !
Bolina croisa les bras sous son opulente poitrine et, sans quitter Hercule des yeux, claqua la langue.
– Je sais tout ce qu’il y a à savoir sur Héraclès. Apollon parle, après l’amour. Je ne crains rien, mes sœurs. Rentrez.
Après un dernier regard, Eulalie et Calypso sortirent de l’eau en se couvrant comme elles pouvaient et ramassèrent leurs affaires, ainsi que les cruches qu’elles étaient venues remplir. Bolina ne cilla pas une seule fois pendant toute la durée de l’opération, fixant de ses prunelles déterminées les yeux sombres du demi-dieu. Héraclès l’invita d’un geste à sortir de l’eau. Elle secoua la tête et décroisa ses bras, pour laisser ses doigts contraindre le courant autour d’elle.
– Vu la chaleur, je préfère rester dans l’eau, si cela ne te dérange pas, Fils de Zeus. Et je ne vois pas l’intérêt de sortir pour couvrir ce que tu fixes depuis de si longues minutes.
La bouche d’Héraclès se pinça.
– Cesse de m’appeler comme cela.
Elle fronça le nez et haussa les sourcils.
– Fils de Zeus ? Ce qui se raconte est donc faux ?
– Non, c’est la vérité. Mais cela sonne comme une insulte à mes oreilles. Je suis fils d’Alcmène. Point.
Bolina cessa de jouer avec l’onde pure et lui sourit doucement.
– Qui renierait cette ascendance ?
– Moi.
Lentement, elle avança vers la rive, dévoilant au passage des hanches rondes, un petit ventre moelleux et des cuisses épanouies. Sa peau olivâtre, recouverte de gouttelettes, scintillait sous le soleil. Elle se dirigea vers sa tunique et s’en servit pour s’essuyer grossièrement. Prestement, Héraclès détacha la peau du lion de Némée de ses épaules et l’étala par terre. Il s’assit dessus, allongea ses jambes et prit appui sur ses paumes derrière ses reins. D’un geste du menton, il lui indiqua l’espace à côté de lui, sur la fourrure de l’animal. Elle laissa retomber sa robe par terre et s’installa à ses côtés. En appui sur ses avant-bras, elle ferma les yeux et leva le visage en direction du soleil, comme pour en absorber les rayons.
– Pourquoi souhaitais-tu t’entretenir avec moi ?
Sans cesser de détailler les courbes étalées à portée de main, Héraclès s’éclaircit la gorge.
– J’ai ouïe dire que tu entretenais une liaison avec Apollon.
– C’est exact. Mais nous ne sommes pas unis devant les dieux.
Elle rouvrit les yeux pour plonger son regard dans celui de l’homme et fut visiblement satisfaite d’y lire du désir.
– Mais puis-je savoir en quoi cela te concerne ?
Héraclès lui répondit en souriant.
– Quoi que tu cherches, je viens t’en dissuader. Les dieux ne peuvent t’apporter que le malheur.
Elle haussa à nouveau les sourcils et rejeta une longue mèche de cheveux bruns derrière son épaule.
– Ce que je recherche ? La vie éternelle. Si possible, au Mont Olympe.
– C’est tout ?
D’un geste rapide, elle se redressa, repliant ses jambes en tailleur dans une posture d’une totale impudeur.
– Tout ? TOUT ? Que sais-tu de notre vie mortelle, Demi-Dieu ?
Elle le foudroya du regard et claqua des doigts.
– Nous naissons et mourrons en un battement d’aile de papillon. Entre deux, nous souffrons, nous trimons et nous sommes les jouets des dieux. Je ne veux pas de cette vie-là. Je veux être maîtresse de ma destinée.
– Et tu le serais en devenant la catin d’un dieu ?
– Je ne serai pas sa catin. Je veux porter son enfant. Devenir sa compagne.
Héraclès regarda le joli visage et n’y vit que résolution.
– Quel âge as-tu ?
– 19 ans.
– N’es-tu pas déjà trop vieille, pour porter un premier enfant ?
Bolina éclata de rire.
– Je croirai entendre mon père… Depuis mes 14 ans, il tente de me marier à tous les vieillards de plus de trente ans qu’il croise. Et me demande quel genre de fille je suis pour l’embarrasser auprès du tout Athènes. Mais je sais que mon destin n’est pas de servir d’intendante dans la maison d’un barbon. Mon destin est de porter l’enfant d’un dieu. Ou d’un demi-dieu.
Son regard, à nouveau sérieux, se mit à détailler la physionomie du héros. Héraclès, sentant sa virilité se réveiller, se demanda si son plan de briser l’union d’Apollon n’était pas en train de prendre un chemin inattendu. Il tenta sa chance.
– Pour le vérifier, il faut donc essayer.
La jeune fille se rit doucement et vint se placer entre les jambes du demi-dieu. Lentement, elle souleva le chitôn d’Héraclès, déjà tendu par une érection honorable. Elle agrandit les yeux et se lécha les lèvres. Confiant, Héraclès savait que sa nature de demi-dieu l’avait pourvu d’un chibre d’une taille bien au-dessus de la norme humaine et ne pouvait s’empêcher d’en éprouver une certaine vantardise. Bientôt, c’est un véritable tronc d’arbre qui trônerait entre ses cuisses. Il passa ses bras aux biceps surdimensionnés derrière sa nuque, s’allongea et regarda la jeune femme faire grossir son membre en le caressant lentement de ses doigts fins et agiles. Puis elle se pencha dessus et y porta ses lèvres, recouvrant délicatement ses dents. A petits coups, elle entreprit d’humidifier la tige, avant de plonger la queue dans les profondeurs de sa gorge. Héraclès soupira d’aise. Rares étaient les femmes qui parvenaient à pareil exploit, sa taille étant un obstacle pour beaucoup. Mais Bolina était sans doute habituée à contenter les dieux et y allait avec voracité. Les petites aspirations succédaient aux mouvements de la langue sur le gland, quand elle ne frottait pas le frein. Ses mains couraient des bourses au périnée et un doigt vient doucement lui titiller l’anus. Puis ses mains revinrent masser la base de la hampe, exerçant une divine pression, pour remonter sur le gland que la bouche délaissa quelques minutes pour aller gober les testicules. Héraclès, les yeux au ciel, profitait de l’instant présent, gémissant quand le pouce remplaçait la langue sur le frein, poussant un peu au fond de la bouche de Bolina et la sentant se trémousser sous lui. Quand il fut presque au bord de l’explosion, la belle Athénienne se retira. D’un geste souple, elle se releva, passa un pied de chaque côté des hanches du héros et s’accroupit, s’empalant d’un seul coup sur la colonne de chair. D’un mouvement lent et hypnotique, elle ondula, emplie entièrement, les yeux clos. Héraclès l’attrapa par les hanches, fixant le doux balancement de ses seins au rythme de ses ruades. Il la laissait diriger, de peur de la blesser avec son énorme chibre. Les feuilles des arbres au-dessus de lui cachaient par moment le soleil, ce qui lui permit de voir un mouvement dans le ciel. Il se redressa au moment même où le char solaire se posa sans un bruit dans la clairière, manœuvré par Apollon en personne.
Apollon était sans nul doute un homme magnifique. Ses cheveux blond clair frôlaient ses épaules larges, aussi larges que celles de son demi-frère. Mais leur ressemblance physique s’arrêtait à leur stature. La peau du dieu de la divination, de la musique et des arts était très mate, ce qui tranchait avec les mèches blondes, mais encore plus avec ses iris verts comme un lac de montagne. Son visage, glabre, était habituellement jovial, mais exprimait à ce moment précis colère et déception.
– Je ne voulais pas croire la vision que je viens d’avoir, il m’a fallu venir vérifier par moi-même. Ne t’ai-je donc pas bien traitée, Bolina, que tu te donnes au premier venu ? Et ne tente pas de nier, Héraclès est encore en toi !
La jeune fille baissa les yeux, contrite, et sentit la panique monter en elle.
Héraclès se rallongea et remit ses bras croisés derrière sa tête.
– Allons, Apollon, n’en fais pas toute une histoire…
– Es-tu réellement en train de me demander de me calmer ?
Le dieu se rapprocha, alors que le héros souriait.
– Cette jeune fille m’expliquait à quel point sa vie était fugace, nous ne faisions qu’en rendre quelques instants mémorables. Toi, tu as l’immortalité, et tu en as déjà profité pour une centaine de vies humaines. Combien d’hommes as-tu pris dans ta bouche ? Combien de femmes ont feulé sous tes coups de butoir ?
Apollon, à ces souvenirs, ne put retenir un petit sourire.
– Vous autres, dieux, passez votre temps à jouir de la vie. Accorde le pardon à cette jeune fille. Mieux… Joins-toi à nous.
Bolina, toujours empalée sur Héraclès, ne put retenir un hoquet de stupeur et le regarder, effrayée. Elle n’était pas contre l’idée d’une fornication à trois. Elle jugeait toutefois que le moment ne se prêtait pas à une telle proposition. Le héros se contenta de hausser les épaules en lui retournant un sourire canaille, tout en ondulant imperceptiblement des hanches. Apollon les considéra quelques secondes, pensif, alors qu’Héraclès poursuivait.
– Allez, mon frère, depuis combien de temps tu ne t’es pas amusé avec un homme et une femme en même temps ? Et ainsi, elle ne t’aura pas trompé. Elle aura juste commencé avant toi.
Bolina comprit alors qu’Héraclès était sans doute en train de lui sauver la vie. Si Apollon décidait de lui en tenir rigueur, elle souffrirait avant de rejoindre le royaume d’Hadès. Elle regarda le dieu solaire pleine d’espoir, mais perdit un peu de son assurance face au sourire carnassier de ce dernier.
– Bien. Mais elle devra nous contenter tous les deux en même temps. Et je ne passerai pas après toi, mon frère. Je ne tolèrerai pas non plus que tu jouisses de mon amante le premier. Et je prendrai ce que tu me refusais, Bolina, parce que ma taille t’effrayait.
La jeune fille blêmit en comprenant l’allusion. Elle aimait la sodomie, oui, elle adorait, même. Mais elle n’avait pas eu le temps de l’essayer avec le dieu. Et là, il faudrait qu’elle le fasse… en même temps ? Excitée par l’idée d’avoir ces deux fils de Zeus en elle, elle craignait toutefois de ne pas en être capable, physiquement. Héraclès sentit la jeune fille se crisper. Pour lui donner du courage, il recommença à onduler en elle. Elle se détendit lentement mais sûrement, sentant le plaisir remonter. Apollon se déshabilla prestement et vint s’agenouiller derrière elle. Ses mains brûlantes parcoururent les courbes affriolantes, pincèrent les tétons fièrement dressés, frôlèrent le clitoris gonflé, alors que sa verge prenait ses dimensions définitives, qui équivalaient celle du héros. Bolina se détendit totalement, s’abandonna aux désirs des deux dieux. Apollon mit sa main devant la bouche de la jeune fille et lui demanda de saliver, ce qu’elle s’empressa de faire de bonne grâce. Il s’enduit la queue de la substance visqueuse et pencha Bolina contre le torse d’Héraclès. Les deux hommes se regardèrent fixement alors qu’Apollon dilatait de ses doigts l’étroite rondelle de la jeune fille, travaillant petit à petit ce cul qu’il s’apprêtait à posséder. Quand le passage lui parut suffisant, il prit en main son phallus et l’appuya contre l’anus. Doucement, centimètre par centimètre, il pénétra le sombre trou de Bolina, qui gémissait de plaisir. A travers la paroi intime, il sentait Héraclès qui avait ralenti son rythme et il poussa un râle. Il s’arrangea pour sortir son pénis quand Héraclès rentrait le sien, pour ne pas faire souffrir inutilement la jeune fille et lui permettre de s’habituer à la double pénétration. Bientôt, c’est elle qui écartait ses fesses pour que le dieu la prenne plus profondément, alors que le héros entre ses cuisses accélérait la cadence. Les deux paires de mains puissantes sur ses hanches la rendaient dingue, elle se sentait poupée de chiffon prise dans une tornade. L’étroitesse du trou et la sensation de ne pas être seul à l’intérieur d’elle excitèrent au plus au point Apollon, qui se mit à la pilonner rapidement. Bientôt, les trois ne furent plus de grognement, gémissements, râles et transpiration. Qui jouit le premier, personne ne put le dire mais les trois tremblaient toujours de longues minutes après. Toujours au creux de Bolina, elle-même écrasée par la haute stature d’Apollon mais visiblement comblée, Héraclès tourna la tête et vit un mouvement dans les buissons. Il sourit. S’il avait oublié qu’ils étaient observés, il sut immédiatement que le satyre avait dû lui aussi décharger sur la verdure environnante. Mentalement, il adressa une petite prière aux dieux de l’Olympe. Qu’aucun homme, dans les siècles à venir, n’oublie ce que la jeune Bolina avait déjà compris : que la vie humaine était trop courte pour ne pas profiter des chaudes journées d’été. Apollon avait prophétisé qu’un jour, les humains deviendront étroits d’esprits et cloisonneront pour la plupart  leur vie sexuelle : un seul partenaire, si possible du sexe opposé, pour de grandes périodes de vie.
Mais Héraclès n’y croyait pas. C’était purement impossible. Des balivernes, des contes pour endormir les enfants.
Quel mythomane, cet Apollon.

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

6 réflexions sur « Mytho »

  1. Très beau récit !
    Je me delecte de vos écrits. Très joliment narré, il me procure une légère once d’excitation très agréable tout au long de ma lecture.
    Au plaisir de vous lire à nouveau 😉

    Clarisse C.

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