Kinder Délices

Putain, j’ai un peu la tête qui tourne en descendant l’escalier, je dois bien l’avouer. Je viens de mater un match de foot chez Remi, le voisin célibataire du 4e et je crois que nous avons un peu trop fêté la victoire du PSG sur Chelsea. En même temps, on s’est fait un peu peur pour les quarts de finale, à un moment, à cause de ce bâtard d’arbitre. Alors tant pis si, du coup, je me déporte un peu sur les murs dans les tournants.
Je glisse la clé dans la serrure de manière hésitante, tentant de faire le moins de bruit possible. Je ne veux pas réveiller ma Choupette, si elle s’est endormie. Mais non, la lumière vacillante au bout du couloir m’indique qu’elle est dans le salon, en train de regarder la télé. Je m’approche à pas de loup et l’observe depuis l’entrée. Installée sur le canapé, elle a replié ses jambes sur le côté. Elle est mimi tout plein, avec ses cheveux châtain clair accrochés n’importe comment sur le haut du crâne, mon vieux jean qu’elle porte pour trainer à la maison et qui lui tombe sur les hanches et son sweat à capuche gris. Sans quitter l’écran des yeux, elle m’interroge :
– Ca va, Bébé ? C’était bien, chez Rémi ?
– Hein hein.
– T’as trop bu ?
– Hein hein.
Je me dirige vers le canapé, soulève ses chevilles délicates, m’assois à ses côtés et replace ses jambes sur mes cuisses. Négligemment, je commence à lui caresser les pieds, à les masser.
– Tu regardes quoi ?
– Grey’s Anatomy.
– Ah.
Je n’ai jamais compris sa fascination pour ce truc. Les scènes médicales sont beurk et celles de sexe, aseptisées. Sans compter que ça me rappelle quand ma mère suivait Urgences quand j’étais petit et franchement, que ma gonzesse me fasse penser à ma mère, c’est flippant. Je me concentre donc sur mon massage de ses orteils et coule un regard vers son profil. Il semble qu’elle s’en bat les steaks, de mon toucher délicat et sensuel. Elle est toute absorbée par le docteur Mamour (trouver des vrais noms à des types qui ont fait dix ans d’études avant d’ouvrir des gens, c’est trop demandé ?). Le chirurgien tente d’abaisser la pression intracrânienne d’un automobiliste à l’aide d’une perceuse électrique. Direct. Normal. Sur le lieu de l’accident, sans se préoccuper le moins du monde d’une possible infection. Je préfère détourner les yeux. En balayant le salon du regard, je vois qu’elle s’est fait un plateau repas dont les reliefs jonchent encore la table basse. Et, à côté d’elle, sur le canapé, une multitude de petits papiers d’emballage.
Rouge clair et blanc.
Nonchalamment, je commence à fouiner, mais je ne vois pas le paquet. J’essaie de passer mon bras entre elle et le canapé, au cas où elle l’aurait planqué dans son dos. La pauvre petite naïve, elle croit que je veux l’enlacer et me facilite la manœuvre. Tout en faisant mine de lui caresser les côtes, je tâtonne entre les coussins et les plaids. Elle tourne la tête vers ma main au moment où je saisis le paquet entre l’index et le majeur et que j’essaie de le ramener vers moi.
– Euh, tu fais quoi, là ?
Je tente de prendre un air de chien battu.
– Allez, steuplaiiiit…
Elle secoue la tête énergiquement.
– Non, non, c’est MES Schoko-bons. Ce sont MES élèves qui me les ont offerts pour mon anniv. Touche à tes fesses.
– Vas-y, fais pas ta crevarde, file-m’en un…
Je sais qu’elle fait sa sale môme, mais qu’elle finira bien par m’en lâcher un. Tout content, je la vois enfin en déballer un et j’ouvre la bouche. Au dernier moment, elle le jette dans la sienne et le fait disparaître dans un éclat de rire.
– Alors ça, ma vieille…
Rapidement, je me jette sur elle et l’immobilise. Elle a beau tendre ses bras le plus loin possible, je suis en position de force et je chope le paquet. Après deux, trois chatouilles, je la relâche et retourne à l’autre bout du canapé. Elle se redresse et remet son sweat en place, alors que je déballe un chocolat. Du coin de l’œil, je crois deviner qu’elle ne porte rien, en dessous. Je sens des papillons chatouiller mon bas-ventre, durant ce moment délicieux où je sais que ma virilité ne va pas tarder à relever son nez.
– Les mange pas tous, hein…
– Si je veux, d’abord.
En déballant un deuxième chocolat, je lui fais un clin d’œil. Elle me tire la langue.
– J’ai peut-être une idée pour qu’on en profite tous les deux, lui suggère-je dans un sourire.
Je coince le Schoko-bons entre mes dents et me penche vers elle pour l’embrasser. Au moment où nos lèvres se touchent, je donne un coup d’incisive et lui laisse prendre son bout pendant que je croque le mien. Elle glousse.
– C’est tout bonnement répugnant, Bébé… Tes parents ne t’ont jamais appris à ne pas jouer avec la nourriture ?
– Tu veux vraiment que je pense à mes parents maintenant, ma Choupette ?
Je l’embrasse à nouveau et sa langue a un goût de chocolat, de noisette et de lait. Elle se laisse allonger gentiment sur le canapé, alors que je me couche sur elle.
Arnaud 1 –Mamour 0.
Sans cesser de dévorer sa bouche avec la mienne, je laisse mes mains partir à l’assaut de la fermeture éclair de son sweat. Si la droite abaisse lentement le zip, la gauche s’affaire à caresser la peau dégagée au fur et à mesure, à effleurer le sternum, les côtes, le ventre. Des deux pans d’étoffe désolidarisés, mes mains remontent vers ses seins et les soupèsent, les englobent. J’aime quand elle ne porte pas de sous-vêtements, à la maison. J’ai l’impression que nos câlins gagnent en spontanéité quand je n’ai pas à me débattre avec ses dentelles, et cette idée me met tellement de bonne humeur que je mets encore plus de fougue à mon baiser. Quand j’achève ce dernier, elle a les yeux brillants et les joues roses.
– Et maintenant ? souffle-t-elle.
En souriant, je déballe un nouveau Schoko-bons. Je lui pose entre les seins, essayant tant bien que mal de le maintenir en équilibre. Puis, d’un coup de langue, je le chope, je le croque. Je sème la distance entre son sternum et son téton de baisers, de coups de langue. Arrivé au mamelon, je fais tourner ma langue autour et le mordille doucement. Elle se cambre, emplissant ma bouche de son sein, de cette chair ferme et souple que j’aime tant, de ce renflement tendre et chaud dont l’odeur m’enivre… Je voue un culte à sa poitrine, je pourrais passer mes journées à l’embrasser, l’écraser avec mon visage jusqu’à l’étouffement, à me perdre dedans. Ce n’est qu’à regret que j’abandonne son sein et que je le contemple, dressé, humide, frémissant. Conscient que l’autre doit être jaloux, je parcours le chemin vers le téton droit que je gobe pareillement, le faisant durcir sous les dents, rouler sous ma langue. Le soupir de ma moitié laisse supposer que je m’en sors pas trop mal. Le grognement de frustration quand je me recule me le confirme. Je déballe un autre Kinder et le remets au même endroit, sauf que cette fois je le laisse dévaler le long de son torse et l’attrape entre mes lèvres juste après l’estomac. Pendant que je le mâche, j’effleure de la pulpe de mes doigts écartés ses flancs, je pianote sur ses côtes, faisant immédiatement naître des vagues de chair de poule sur l’ensemble de son abdomen. Le Schoko-bons suivant vient se loger dans son nombril et, de la langue, je l’en sors et commence à le faire rouler, à le promener sur tout le ventre, lui faisant suivre un circuit dont les méandres sortent tout droit de mon imagination. Quand il commence à fondre sensiblement, je le happe, embrassant au passage le flan de ma belle. Puis je m’attaque à la fermeture à boutons de son jean. Mon vieux 501 pourrait glisser sans difficulté le long de ses hanches menues, mais j’adore la voir frémir à chaque bouton qui saute. Sans surprise, elle ne porte rien dessous et je vois son abricot épilé apparaître petit à petit. Elle se trémousse pour m’aider à lui enlever le jean, impatiente. Le 501 atterrit sur le carrelage et je lui écarte les cuisses fermement. De l’index, je pars du bas de sa fente et en frôle l’ouverture sur toute la hauteur, tout en regardant son visage. Les yeux fermés, elle se mordille la lèvre et tremble légèrement. Ne sachant pas si c’est de froid ou d’excitation, je rabats doucement le sweat sur ses seins, regrettant l’espace d’un instant de ne plus pouvoir profiter du spectacle. Je décide alors de me focaliser sur son sexe, glisse un doigt à l’intérieur et commence à la masser, à la recherche de son point G. Parallèlement, je coince un emballage entre mes incisives et tire de la main libre pour que la papillote tourne d’elle-même. Je recrache le plastique et retire mes doigts d’elle, avant d’insérer le Schoko-bons à l’entrée de son vagin, alors qu’elle fait manifestement un effort pour ne pas le contracter et ainsi l’aspirer en elle. Puis je m’attaque au clitoris, que je commence à lécher et à titiller avec les dents. Les effluves de chocolat se mêlent à son odeur naturelle, j’ai l’impression de me taper le meilleur des desserts au monde alors que je la déguste, elle, petit bout par petit bout. Je sens sa main qui se glisse dans mes cheveux, tirant légèrement. Je la laisse faire pression pour me guider, heureux de renverser les rôles. D’un coup de langue appuyé, je remonte de son anus à son clito, léchant au passage le chocolat qui commence à fondre sérieusement. Je décide donc de manger cette dernière bouchée et lape docilement la confiserie qui a désormais le goût de ma chérie, tout en frottant énergiquement son berlingot. Elle se cambre à nouveau alors que je la nettoie, me compliquant la tâche, mais je ne perds pas la cadence, m’arrêtant uniquement une fois toute trace de cacao disparue, à l’intérieur comme à l’extérieur. Je me redresse, fais glisser prestement mon jogging et mon boxer d’un seul tenant et m’installe entre ses cuisses. De la main, je guide mon sexe à l’entrée du sien et en fais rentrer le gland. Puis je saisis ses chevilles et les place de chaque côté de ma tête avant de m’enfoncer entièrement en elle, d’un seul coup. Elle étouffe un cri et ses yeux, qui étaient restés clos jusque là, s’ouvrent grand. Elle plonge son regard dans le mien, ces yeux de chat bleus comme l’océan, et je m’y noie alors que je commence mon va-et-vient. Tout en caressant ses chevilles de mes joues, je reste accroché à son regard magnétique, je calque ma respiration sur la sienne, mes mouvements sur les siens. Je scrute chaque tressaillement de son visage, chaque crispation de sa mâchoire, chaque dilatation de sa pupille. Et alors qu’une rougeur envahit peu à peu ses joues comme son décolleté, je pose ses pieds sur mon torse et replie ses jambes, m’appuyant de tout mon poids sur elle, forçant ses cuisses à se coller à son abdomen et son ventre à s’ouvrir sous ma queue. De mes mains, j’emprisonne ses poignets et les relève au-dessus de sa tête, l’empêchant de bouger. Alors, je recommence mon limage en règle, mais doucement, la remplissant le plus possible à chaque mouvement, frottant toutes ses parois en ondulant du bassin, tapant au fond de son corps comme si je voulais me dissoudre en elle. Elle ne me quitte pas des yeux et ouvre la bouche comme si elle manquait d’air, alors que je poursuis mon rythme infernalement lent, que je ressors presque entièrement pour pouvoir à nouveau plonger dans son intérieur moite et brûlant, encore et encore.
– Accélère, bordel, avant que je ne devienne folle.
En souriant, j’accélère donc, lui laissant supposer que j’abrège ses souffrances, alors que je peine moi-même à conserver ce rythme. J’accélère tout ce que je peux, pilonnant ce qu’elle a de plus intime et de plus tendre, le défonçant allégrement, la faisant gémir de plus en plus fort avant qu’elle ne commence à partir dans les aigus, pendant que mon souffle se fait rauque. Je me tends au moment de la jouissance, souhaitant rentrer une dernière fois dans son corps… chez moi.

Enlacés dans le canapé, toujours emboités l’un dans l’autre, je jette un œil vers la télé. Le docteur Mamour a la tête entre les mains : il est dévasté, il vient de perdre l’automobiliste, qui n’a pas dû aimer qu’on lui fasse des trous dans la tête avec une perceuse.
Arnaud 2 – Mamour 0
– Bébé… t’as fini les Schoko-bons ?
– Hein hein.
– …
– Râle pas, Choupette, on en rachètera.
Je souris intérieurement. Les femmes, on peut leur offrir un orgasme, mais pas toucher à leur chocolat.
La mienne, en tout cas.

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