Bondée par Spidey

J’enjambe la fenêtre de ma chambre, excédé. Le docteur Octopus m’a encore échappé et cette fois, il a failli avoir ma peau. J’ai passé un temps fou à me sortir du piège qu’il m’avait tendu et j’ai déchiré mon costume. Je suis bon pour passer ma soirée à réparer les accrocs. Je vais pour refermer la fenêtre quand mon 6e sens arachnéen se met en branle. Je ne suis pas seul dans la chambre. Aussitôt, je me mets à quatre pattes, prêt à bondir. Son parfum est le premier indice qui me parvient, sa voix le deuxième.

–          Peter ! J’étais si inquiète !

Comme un boulet de canon vêtu d’une robe d’été jaune d’or, Mary Jane me fonce dans les bras. Ses cheveux presque rouges sont emmêlés, ses yeux, bouffis d’avoir pleurés. Merde, nous avions rendez-vous au restaurant voilà plusieurs heures pour fêter notre anniversaire. J’étais trop occupé à sauver ma vie pour la prévenir de mon retard. Je l’entoure de mes bras.

–          Je suis désolé, ma puce, j’ai rencontré un contretemps.

Elle s’écarte de moi et m’observe plus attentivement.

–          Peter, regarde dans quel état tu es…

Elle contemple mes égratignures quelques instants, avant de soupirer.

–          Enlève ton costume, je vais chercher la trousse des premiers secours.

En grimaçant, je m’extirpe de mon costume moulant. Je pense que je me suis luxé une épaule, par-dessus le marché. Bientôt, je suis en boxer devant elle. Je tire sur mon masque et ébouriffe mes cheveux châtain. Demain, il faudra que je passe à la tondeuse : ils sont trop longs, ça tient chaud, sous la cagoule.

Mary Jane ouvre la petite pharmacie portative et commence à sortir l’antiseptique, les compresses et les bandages. Puis elle commence à désinfecter les plaies, une à une. Je retire brusquement mon bras.

–          Ouch !

–          Peter, cesse de faire l’enfant ! Ce n’est qu’une coupure !

–          Mais arrête, ça pique ! Et puis tu sais bien que demain ça aura presque cicatrisé.

Mary Jane éclate de rire devant ma mine boudeuse. Elle inspecte encore mon corps et semble satisfaite de ce qu’elle voit.

–          Disons que ça ira pour cette fois… Mais je te préviens, à la moindre marque d’infection, je t’amène à l’hosto.

Elle est mignonne, de s’inquiéter pour moi comme cela. Je l’attrape par la main et l’attire à moi.

–          Je sais que ce n’est pas facile tous les jours, pour toi.

Elle baisse la tête, ses cheveux longs formant comme un rideau devant ses yeux.

–          Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’un soir, tu ne rentreras pas.

Je ne peux pas lui promettre que cela n’arrivera pas. Pas plus que je ne peux lui jurer que je vais arrêter de courir après les méchants. Cela fait partie de moi, tout simplement. Je lui relève le menton et la regarde droit dans les yeux. Elle ébauche un sourire. Ces lèvres pleines sur ces dents de nacre… Je ne résiste pas et colle ma bouche contre la sienne. D’abord surprise, elle se contente de se laisser faire. Puis ses bras glissent jusqu’à mon cou, qu’elle enlace fort, comme si elle ne voulait jamais me laisser m’échapper. J’attrape sa taille à pleines mains et la soulève de terre, sans cesser de l’embrasser. Elle soupire dans ma bouche et ses petites menottes viennent se perdent dans mes cheveux. Je la redépose doucement au sol. Elle rosit légèrement.

–          Je me demandais si… si on pourrait refaire le truc de l’autre jour ?…

Je souris. Mary Jane devient de plus en plus coquine… et j’aime ça.

–          Vos désirs sont des ordres, ma dame.

Je me retourne en direction de l’angle le plus proche de nous et tends le bras. Puis je bascule mon poignet vers le bas, le pouce, l’index et l’auriculaire tendus, le majeur et l’annulaire repliés. Des fils argentés sont immédiatement projetés vers les deux murs, fabriquant une toile d’araignée solide, assez large pour nous servir de couche. Je reviens vers Mary Jane et pose mes mains sur les bretelles de sa robe. Je les fais glisser sur ses épaules et remarque qu’elle ne porte pas de soutien-gorge en dessous. Poussant un grognement approbateur, je libère ses seins, puis sa taille, et laisse tomber son vêtement au sol, la faisant frissonner au passage. J’ai beau commencer à avoir l’habitude de la voir nue, ce spectacle me coupe le souffle à chaque fois. Les taches de son sur ses pommettes, ses bras et ses jambes… La peau laiteuse sur le torse, mis à part quelques grains de beauté… Les lourds globes de chair blanche décorés de tétons aux aréoles roses pales, qui ne peuvent avoir pour seule concurrence que ses fesses fermes et hautes… Cette fille est un délice à déshabiller. D’un geste rapide, je la débarrasse de son slip lilas, tout comme j’ôte mon boxer gris. Nous voilà nus face l’un à l’autre, et, si mon excitation ne peut être dissimulée, la sienne se mesure à la couleur de ses joues et à la brillance de ses yeux. Je l’attire à moi et la soulève sans peine. Tout en escaladant le mur, je bénis l’araignée radioactive qui m’a mordue. Sans elle, je serai toujours le bizut qui ne peut porter plus de trois livres à la fois sans se coller un tour de reins. Doucement, je la pose sur la toile d’araignée, et elle glousse alors que cette dernière vacille. Instinctivement, ma belle écarte les bras et les jambes, s’offrant comme une jeune vierge à un sacrifice rituel. Je secoue la tête et tire plus fort sur ses membres, pour accentuer son écartèlement. Elle se laisse faire, même si je doute que la position soit confortable. D’un geste du poignet, je dirige les filaments de toile vers ses mains, vers ses chevilles. Elle est immobilisée totalement. Je rajoute des liens sur sa taille, autour de ses seins, autour de ses cuisses. Je la saucissonne littéralement. Sa respiration s’accélère, ses aréoles deviennent plus foncées. Je glisse ma main vers sa toison rousse, insère un doigt en elle. Son intimité est moite, chaude, glissante. Mon excitation est à son comble alors qu’elle entrouvre la bouche pour pousser un gémissement. Je manœuvre jusqu’à elle, pour porter mon sexe à ses lèvres. Elle le prend immédiatement et commence à le téter goulûment, bruyamment. Mon monde se met à tourner, comme à chaque fois qu’elle me suce : plus rien ne compte à part sa langue tournant autour de mon vit, plus rien n’a d’importance que ces moments que nous partageons. Je bascule deux trois fois mon bassin en avant, atteignant le fond de sa gorge. Elle râle. Elle est totalement à ma merci, j’aime ça, et je sais qu’elle aussi. Je me retire à contrecœur, avant d’atteindre le point de non-retour, et descends le long de son corps. J’écarte ses grosses lèvres, pour dégager l’objet de ma convoitise. Son petit bouton de rose est déjà gonflé d’excitation et cela ne s’arrange pas alors que je commence à le sucer et le mordiller. Ses gémissements se font aigus, elle tire sur ses liens pour tenter de refermer ses bras et ses jambes, comme par réflexe, mais elle est prisonnière, elle est MA prisonnière. J’accentue la pression sur son clito, léchant de manière rythmée, tout en griffant l’intérieur de ses cuisses avec mes ongles, remontant ma main pour pincer ses tétons alternativement, durement. Elle essaie de se dégager, tout en murmurant « encore, encore… » Le nez dans son buisson, j’hume son odeur de femme, j’aspire son jus, je me perds en elle. Tout à coup, c’est elle qui perd pied et me balance un coup de pelvis dans le nez tellement son orgasme est puissant. Je la sens palpiter sous ma langue et j’en profite pour mettre deux doigts dans son sexe, pour mesurer l’intensité de ses spasmes, mesurer l’effet que je lui produis. Je remonte jusqu’à son point G et le frotte fermement, jusqu’à lui faire avoir un deuxième orgasme. Elle est tétanisée, épuisée, mais je n’ai pas eu mon compte… A quatre pattes, je fais le tour de la toile, jusqu’à l’extrémité, et descends, la tête en bas, pour aller me placer derrière elle. D’un seul coup de reins, je m’immisce en elle et, accroché à la toile, dans le vide, je commence à la fourrager. Elle halète, encore sous le coup de ses orgasmes, alors que je bouge en elle, que je fais des cercles à l’intérieur de son vagin. Ma main droite vient lui flatter la hanche, alors que j’accélère le mouvement. Bientôt, je sens mes testicules remonter, je sens toute ma zone pelvienne se crisper, je sens que je vais jouir. Je la mords dans le cou, alors que j’éjacule en elle. Mon corps entier est aspiré comme dans un trou noir alors que je me vide à l’intérieur de celle que j’aime. Mes muscles se tétanisent dans un dernier aller-retour et mon âme entière capitule face à ma captive.
Quelques minutes après, mon rythme cardiaque redevenu normal, je l’embrasse tendrement dans la nuque, avant de me retirer. Le bruit caractéristique du sperme s’écrasant sur le sol à cause de la loi de la gravité me fait grimacer. Si j’oublie de nettoyer, c’est un coup à glisser dessus en redescendant de notre nid d’amour. Je rampe à nouveau le long de la toile, la tête à l’envers, et remonte à côté d’elle. Elle arbore un sourire béat.

–          Merci… C’était trop bon…

Je l’embrasse sur le bout du nez et arrache d’un geste sec ses liens. Elle baille et ses paupières se mettent à papillonner. C’est à peine si elle a la force de ramener ses membres vers elle et de se mettre en position fœtale, sa préférée pour s’endormir. Alors, d’un geste du poignet, je la recouvre de fil arachnéen, pour lui créer comme un cocon qui conservera sa chaleur corporelle. Dans un semi sommeil, elle me remercie encore, avant de sombrer totalement. Je la regarde en souriant et je descends de la toile d’un mouvement souple, pour aller recoudre mon costume.

Et je mets le pied dans mon foutre. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, et je parierais que ce n’est pas la dernière. Faut vraiment qu’on apprenne avec Mary Jane à baiser dans un lit.

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

2 réflexions sur « Bondée par Spidey »

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