Attachante

Diana se colle contre une voiture stationnée juste devant la maison de Dimitri Pietrovski et se risque à jeter un coup d’œil par-dessus le capot. Elle a juste le temps d’apercevoir un homme de main du malfrat faire sa ronde dans le jardin, avant de se rejeter contre la portière. Son cœur cogne violemment contre sa poitrine, emprisonnée dans son bustier rouge vif et doré. Ce n’est pas la première fois que Dimitri et elle vont s’affronter. Il y a six mois, il s’en était fallu de peu pour qu’elle le coince. Mais elle avait beau savoir que ce type était un salaud, elle avait marqué un temps d’hésitation qui aurait pu être fatal. Cela serait si simple s’il ne réveillait pas en elle des sentiments honteux…

Entrée chez lui sous couverture en tant que barmaid dans l’un de ses casinos clandestins, sa plastique sans défaut avait malheureusement attiré le regard du patron. Il avait commencé par lui demander si elle se plaisait dans son établissement. Des échanges anodins au début, sur la pluie, les recettes de cocktails… qui avaient fini par se transformer en discussion autour d’un verre, après le service. Si Diana avait cru pouvoir utiliser ce béguin à son avantage, elle s’était vite rendu compte qu’elle tissait elle-même son propre piège. Dimitri Pietrovski n’était pas un homme mauvais, même si son réseau de casinos permettait de blanchir l’argent provenant de trafics alimentés par d’autres malfrats. Il était même charmant, quand il n’affichait pas son air arrogant. Et surtout, il avait une façon de la regarder qui lui retournait l’âme. Jamais elle ne s’était sentie aussi désirée, de manière aussi intense. Ce mec avait envie de la bouffer, littéralement.

Quand ils s’étaient affrontés la première fois et qu’il avait compris qu’elle menait un double jeu, elle avait su que sa colère était surtout alimentée par le sentiment de trahison. Elle en avait ressenti de la culpabilité. Une hésitation, une seule, et il avait sauté dans la voiture de son sbire, avant de redémarrer en trombe.

Elle avait mis six mois à retrouver Pietrovski.

Et cette fois, il ne lui échappera pas.

 

Féline, elle traverse la rue en quelques bonds, avant de s’agenouiller derrière la haie de troènes. D’un geste nerveux, elle rejette ses cheveux bruns derrière son épaule et se redresse doucement pour vérifier que la voie est libre. L’homme de main lui tourne le dos. Il fait presque deux mètres, endimanché dans un costume italien bleu nuit, et son crâne luit sous le reflet de la lune. Elle saute au-dessus des arbustes et atterrit sans un bruit. A pas de loup, elle s’approche de l’homme et lui donne un grand coup derrière la nuque, du tranchant de la main. L’homme se serait écroulé de toute sa hauteur si elle ne l’avait pas rattrapé in extremis et déposé au sol doucement. Satisfaite, elle enjambe le corps et lui jette un œil. Elle a beau savoir que la force des Amazones est supérieure à celle des humains, elle ressent toujours un soupçon de fierté quand elle allonge un gros malabar.

Discrètement, elle contourne la maison aux murs blancs dans laquelle Pietrovski semble avoir pris ses quartiers ces derniers mois. Le chauve est le seul à monter la garde, dans le jardin, du moins. Elle n’a pas beaucoup de temps avant qu’il ne soit découvert et que l’alarme soit donnée.

Machinalement, elle pose la main sur le lasso de la Vérité, accroché à sa ceinture, qui se balance le long de sa cuisse lors du moindre mouvement. Sa mère en a hérité de la déesse Aphrodite elle-même, sous forme de ceinture qu’Héphaïstos a transformé en lasso incassable, infiniment extensible. Outre ses pouvoirs magiques, sa simple présence a le pouvoir de la rassurer. Et elle a besoin d’être apaisée, ce soir, plus que jamais.

D’un geste doux, elle pousse la porte fenêtre déjà entrebâillée. De multiples lampes sont allumées, bien que le salon soit désert. Ses bottes rouges s’enfoncent dans un épais tapis en peau de mouton crème, assorti au mobilier de la pièce. Au fond, une grande table en Wenge, avec ses chaises assorties. A gauche, des escaliers recouverts de moquette, crème elle aussi. Elle choisit de le gravir. Précautionneusement, elle commence son escalade, marche après marche. Son instinct lui dit que c’est trop facile, que c’est trop calme. D’habitude, les méchants ne lui simplifient pas la tâche. Plus que jamais sur ses gardes, elle s’engage dans le couloir, plongé dans la pénombre. Elle longe le mur, les sens en éveil. Au fond du couloir, une porte close, sous laquelle un rai de lumière filtre. Elle porte la main droite à son lasso et pousse le battant de la gauche.

 

Dimitri est assis dans un fauteuil, face à la porte. Il tient un verre d’un liquide ambré, sans doute du whisky. Ses cheveux au carré, épais et noirs, renvoient la lumière du guéridon à sa droite, sur lequel est posé un révolver à crosse en noyer.

– Je t’attendais, Sarah. Ou quel que soit ton nom.

Son regard bleu acier s’attarde plus que nécessaire sur son micro short bleu à étoiles. Diana sent à nouveau cette boule, là, dans le ventre, ainsi que la brulure de son regard. Visiblement, il n’en est pas à son premier verre.

– Pour qui tu travailles ? Le gouvernement ?

Elle croise les bras sur la poitrine et écarte légèrement les jambes, à largeur de bassin, pour se donner une contenance.

– Pour moi-même. Pour la Justice.

Il ricane et prend une gorgée de whisky.

– Et que comptes-tu faire ? M’arrêter ?

– C’est effectivement mon projet.

Son beau visage se fige. Puis, il exprime tout le dédain que la princesse amazone lui inspire.

– Tu t’es foutue de ma gueule, salope… Tu m’as fait croire que… que…

D’un geste rapide, il attrape le pistolet et la met en joue. Puis, il presse la détente. Diana arrête tout simplement la balle avec l’une de ses manchettes en feminum. Puis, menaçante, elle avance en sa direction. Il appuie une deuxième fois sur la gâchette, pour la voir avancer son autre poignet. D’un mouvement fluide, elle enlève son diadème ornée d’une étoile rouge et le lance en direction de Dimitri. Le boomerang cogne la main droite de l’homme, faisant tomber le flingue, avant de revenir directement dans la main de Diana, qui le glisse dans sa chevelure. Il se relève alors brutalement du fauteuil, le contourne et se précipite vers la fenêtre. En quelques enjambées, elle est à ses côtés mais elle ne peut assurer sa prise suffisamment rapidement. Quand il dégage le bras qu’elle avait empoigné, elle est déséquilibrée et manque de s’étaler sur le fauteuil. Il en profite pour se jeter sur elle, mais elle lui décoche un crochet du droit. Dimitri recule de quelques pas, en se frottant la mâchoire.

– Espèce de chienne, je vais t’apprendre…

– C’est moi qui vais t’enseigner les bonnes manières !

Remontant ses épaules contre ses oreilles et ses poings devant son visage, elle prend son élan pour le percuter. Encore sonné par le coup de poing, il a l’impression de se prendre un mur. Il s’étale de tout son long sur la moquette. Diana s’assoit sur lui, bloque son torse dans l’étau de ses cuisses et déroule son lasso.

– On… ne… me… parle… pas… comme… ça !

Avec dextérité, elle commence à lui ligoter les poignets, bien serrés, sans qu’il n’ait même esquissé le moindre geste.

– A côté de mon île natale se trouve l’île de la Transformation, où il y a un centre de réhabilitation. C’est là-bas que je t’amène, pour faire de toi un autre homme.

– C’est dans ton lit que tu aimerais m’amener, oui !

Diana arrête un instant son nouage pour le regarder. Puis, sans répondre, elle achève son nœud.

– Je sais que tu en meurs d’envie. Autant que j’en ai moi-même envie.

Diane est furieuse, mais surprise de sa réponse. C’est la première fois que le lasso de la Vérité a cet effet sur un homme autour duquel elle le passe. Elle ricane.

– Dimitri, tu recevras les soins nécessaires à ta commotion cérébrale quand nous arriverons sur l’île.

– Ma tête va très bien et tu le sais. Elle irait encore mieux si tu ne t’insinuais pas en permanence à l’intérieur !

Son visage, désormais, ne révèle plus autant d’arrogance. Il semble vulnérable. De ses mains liées, il saisit la main droite de Diana.

– Et mon corps également est obsédé par le tien.

Ses mains entrainent alors celle de l’Amazone sur son pénis, à quelques centimètres de l’endroit où elle s’est assise pour le maintenir allongé. La proéminence à travers le pantalon ne laissait que peu de doute quant à son état. Une fois sa main posée sur la fine étole, Diana en arrive à la conclusion que son désir est bien réel.

Elle devrait enlever sa main de là, rapidement.

Elle est là, agenouillée sur un homme au bord de l’explosion.

Mais elle a envie de le punir, d’avoir oser la mettre dans cette position inconvenante.

Ses yeux bleus la fixent intensément, la supplient même de le laisser la toucher.

Ils la regardent comme une déesse, comme la reine qu’elle est sur son île, avec… vénération. Avec adulation.

Comme chaque homme est censé la regarder.

Brutalement, elle tire sur le lasso, faisant rentrer le lien magique dans la chair tendre des poignets de l’homme, faisant naître une grimace sur le visage de ce dernier. Elle bascule ses bras au-dessus de lui et se penche vers lui, écrasant ses seins volumineux contre la poitrine de Dimitri. Et elle se jette voracement sur sa bouche, forçant l’ouverture de sa langue inquisitrice. Leurs langues se mêlent, se frottent l’une contre l’autre, se caressent, avec toute la passion et la fougue qu’ils retenaient depuis de longs mois. Sans lâcher le lasso qui maintient l’homme à sa merci, Diane tire violemment sur la chemise et en arrache les boutons. Elle passe ses doigts sur les pectoraux de Dimitri. Puis, avec ses ongles, les griffe, jusqu’à faire apparaître de grandes trainées rouges écarlates. L’homme pousse un gémissement, étouffé par les lèvres de Diana, toujours collées aux siennes. Elle se détache de lui finalement, les yeux brillants de désirs et les cheveux en bataille.

– Je peux faire ce que je veux de toi, petite chienne…

– Je ne demande pas mieux que d’être ta chose, ton objet.

Il n’en faut pas plus à Diana pour que son cerveau perde tout contrôle. De sa main libre, elle se met à malaxer le membre viril de Dimitri à travers son pantalon. Quand elle juge à son regard qu’il est au bord de l’orgasme, elle enlève sa main et se relève, sans lâcher son lasso. Au prix d’ondulations du bassin et de gesticulations en tous genres, elle fait glisser son short étoilé le long de ses cuisses et l’ôte. L’homme pose son regard sur le pubis totalement imberbe de l’Amazone et balaie dans la foulée ses cuisses et ses jambes, moulées dans ses bottes en cuir rouge.

– Tu aimes ce que tu vois… Mais je crois que tu ne le vois pas d’assez près.

Alors, avec souplesse, elle s’assied sur son visage. Il a le nez sur son mont de Vénus. Ils sont lèvres à lèvres.

– Lèche-moi, salope.

Alors, il obéit. Il lape comme un chien l’intimité qui l’empêche presque de respirer. Il mordille le clitoris qui grandit sous sa langue. Il hume l’odeur enivrante. Il aspire le miel qui s’écoule de sa reine. L’Amazone commence à bouger ses hanches en rythme des coups de langue. Le truand n’est plus qu’un jouet entre ses cuisses, uniquement là pour la dévorer comme elle aime. Ses mains attachées aimeraient parcourir le corps de Diana, mais elle les repousse sans ménagement, en tirant sur le lasso violemment, ne voulant de cet homme qu’une seule chose.

– Pénètre-moi avec ta langue.

Elle sent aussitôt l’appendice glisser à l’intérieur de sa fente, en découvrir les moindres replis, s’agitant à l’orée comme au plus profond de sa grotte intime. Elle commence à chevaucher cette langue, privant d’oxygène l’homme à chaque fois qu’elle colle son pubis à sa bouche, frottant son clitoris contre son nez en se redressant. Il a sa liqueur partout sur le visage, du nez au menton, mais continue à remplir son rôle consciencieusement, docilement. Bientôt, elle sent la tension courir à travers son ventre et sait qu’elle va jouir. Son orgasme éclate au moment même où la langue de Dimitri s’aventure à l’orée de son trou le plus étroit, pour en parcourir le contour. Ses cuisses, par réflexe, emprisonnent la tête de l’homme, alors que la princesse des Amazones pousse un rugissement de plaisir. Doucement, ses ondulations ralentissent, pour mourir en même temps que son orgasme. Alors, elle décolle son sexe du visage de Dimitri, se redresse, et saisit son short. Un coup d’œil sur la bosse dans le pantalon de son prisonnier l’informe qu’il a déchargé pendant son dur labeur. Elle sourit, en reboutonnant son short et tire sur le lasso pour le forcer à se redresser.

– Debout. Comme je te disais tout à l’heure, je vais t’amener sur l’île de la Transformation. Nous y pratiquons la soumission par l’amour. Je suis certaine que tu t’y plairas… Il faudra juste y garder ta docilité. Si tu ne veux pas subir de représailles.

Il hoche la tête, sans un mot. Le tirant derrière elle comme un chien en laisse, elle quitte la pièce.

 

 

 

 

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