Viscosité

Les hommes font toujours la même tête lorsqu’ils me voient le sortir. Jordan n’a pas fait exception. Pour un peu, il serait devenu blême, s’il n’avait pas été ivoirien.

Nous baisions depuis trois semaines, mais le hasard avait toujours voulu que ce soit chez lui ou dans des endroits plus ou moins publics. De l’avoir à ma merci dans ma propre chambre m’a donné envie de plonger la main dans le tiroir de ma table de nuit. Jordan était en train d’embrasser ma généreuse poitrine, tout en s’excitant sur mon short en jean pour tenter de le faire glisser jusqu’à mes chevilles. Couchée en travers du lit, j’avais jeté la main droite au-dessus de ma tête, attrapé maladroitement la poignée du tiroir, tiré et farfouillé à l’intérieur, tout en me concentrant sur ma respiration pour ne pas penser à la langue de Jordan dans mon nombril. Au toucher, j’avais reconnu la surface rugueuse du tube et l’avais extirpé, fière d’avoir attrapé mon trésor. Sentant que je m’agitais au-dessus de sa tête, Jordan avait cessé l’exploration de mon ventre et relevé le buste. C’est là qu’il avait vu le tube de lubrifiant et que son visage s’était fermé.

« – Si ce que je te fais ne te plait pas, il suffit de me le dire. »

J’avais soupiré, levé les yeux au ciel et dégagé une natte de mon visage. Puis je m’étais redressée sur les avant-bras.

« – Pourquoi vous prenez toujours ça comme un affront, vous, les mecs ? »

Jordan a alors également changé de position, s’asseyant pour me faire face, en boxer et en marcel blancs sur sa peau café serré, et m’a répondu aussi froidement que la situation le permettait.

« – Avec moi, les femmes ont pas besoin de ce truc. Avec moi, elles mouillent. D’habitude, TU mouilles. »

Donnant un dernier coup de pied pour jeter mon short à terre, je m’étais assise également face à lui, en string rouge, les jambes en tailleur. Je lui attrapai la main et souris. Ce n’était pas le premier à marquer un temps d’arrêt, mais je savais comment le convaincre.

« – Oui, tu me rends dingue, et la baise avec toi est formidable. Mais que dirais-tu que je te montre comment la rendre exceptionnelle ? Tu n’en as jamais utilisé, c’est ça ? »

Jordan, toujours méfiant, avait secoué la tête, mais à vrai dire, je n’avais pas besoin d’une confirmation de ce que je savais déjà. Doucement, je fis passer son marcel par-dessus sa tête. Je l’aidai également à se défaire de son caleçon. Je le sentais un peu réticent, même s’il se laissait faire. Je savais que la curiosité commençait à prendre le pas sur sa vexation. Rapidement, mon string alla rejoindre les autres vêtements par terre et nous fûmes nus l’un devant l’autre. J’attrapais sa main et la fis glisser jusqu’à ma chatte. De moi-même, je le guidais pour qu’il me branle. Sa main, au début docile, finit par prendre des initiatives. Ses doigts pincèrent mon clitoris, l’étirèrent, avant de commencer à le frotter.

« – C’est agréable, bébé, mais… tu sens comme ça accroche ?
Ca, c’est parce que je ne suis pas encore allé chercher à l’intérieur de ton sexe. »

J’avais secoué la tête, mes nattes frôlant mes épaules nues.

« – Pour l’instant, tu n’y aurais pas trouvé grand-chose. Il faut un peu de temps pour qu’une femme soit prête à accueillir un homme. Et même, ce n’est pas la même sensation. »

J’avais ouvert le capuchon du tube, que je gardais toujours dans la main gauche, tout en lui tendant la droite. Il n’avait pas esquissé un mouvement. J’avais soupiré, mis du lubrifiant sur mon index, mon majeur et mon annulaire et effleuré mon sexe avec. Un peu sur le clitoris, un peu sur les grandes et les petites lèvres, un peu à l’intérieur. Les yeux de Jordan ont suivi le parcours de mes doigts et je vis ses narines frémirent. Bien, j’avais désormais toute son attention. Je m’essuyai négligemment sur le haut de ma cuisse, repris sa main, et la collai contre ma chatte.

« – Vas-y, essaie à nouveau. Branle-moi. »

Il déglutit, mais ses doigts se mirent à frotter mon bouton d’amour, pour ne pas dire à glisser dessus. Je fermais les yeux et respirai profondément.

« – Maintenant, doigte-moi. »

Docilement, il introduit un doigt en moi. Puis deux, puis trois. Il fourragea quelques minutes, à la recherche de mon point G. Puis il touilla, massant mes parois internes. J’écartai les jambes plus largement, pour lui simplifier la tâche. Je le laissais faire quelques minutes, ses trois doigts en moi, alors que son pouce imprimait des cercles sur mon clitoris. Je gémis un peu et ouvris les yeux à regret.

« – Maintenant, à mon tour de te montrer la différence. »

D’un geste sûr, j’attrapai sa queue et commençai à l’astiquer vigoureusement. D’abord à sec, j’effectuai de grands va-et-vient de la base de son pénis au sommet de son gland, en resserrant sur le dernier tiers de la manœuvre. Puis je pris quelques gouttes de liquide séminal s’échappant de son méat, pour lubrifier le gland et recommençais mon geste pendant quelques secondes. Ensuite, j’entrepris de lécher ma main droite, comme une chatte le ferait avant de se toiletter. Je mis un peu de salive au creux de la main et la posa sur le gland, sur lequel j’effectuai des rotations. Jordan soupira d’aise et tendit son bassin vers l’avant, sans que sa main à lui n’ait quitté mon entrejambe. C’est là, enfin, que je mis un peu de gel dans ma main. A peine avais-je recommencé à le branler, de manière beaucoup plus souple et rapide, que je sentis sa queue gagner en vigueur et devenir aussi dure que du bois.

« – En plus, celui-ci est à effet chauffant. »

Sans lui laisser le temps de me poser de question, je me penchais sur son sexe, emprisonnant dans le mien sa main, et soufflai doucement. Il eut un léger mouvement de recul sur le coup, surpris de sentir la chaleur sur son gland. Au deuxième souffle, il avança la bite vers ma bouche et la cogna contre mes lèvres. Je donnai un rapide coup de langue pour lui faire plaisir et me redressai. Curieux, il ôta sa main de mon vagin pour être tout attentif à ce que je testais sur lui.

« – Avec du lubrifiant, je peux te branler avec n’importe quelle partie de mon corps. »

Il jeta un regard gourmand à mes seins et j’éclatais de rire.

« – Oh, sois plus imaginatif ! »

Je me mis à genoux sur le lit et allongeai ses jambes de chaque côté de mon corps. Puis j’appliquai du gel sur mes avant-bras et commençai à lui frotter la queue avec, en montant et en descendant, comme si j’essayais de faire du feu dans un épisode de Lost. Il prit appui sur ses bras derrière lui et me regarda faire, profitant du spectacle.

« – Je crois que je commence à piger, ma belle. »

Doucement, il se redressa, s’agenouilla également et attrapa le tube resté à côté de nous sur la couette. Il hésita un court instant, puis en appliqua une pression directement sur son phallus. Il me mit de profil par rapport à lui et colla mon bras contre mon corps. D’un coup, il glissa son pénis sous mon aisselle. Celle-là, c’était bien la première fois qu’on me le faisait, je n’y aurai pas pensé toute seule. Et alors que je voyais son gland apparaitre sous mon bras pour aller cogner contre mon sein, avant de disparaitre sous mon aisselle et ainsi de suite, de plus en plus vigoureusement, je me suis dit que c’était plutôt excitant. Cette impression que n’importe quelle partie de moi pouvait être excitante pour lui, que mon corps entier était destiné à lui procurer des sensations érotiques. Mais, rapidement, il cessa sa masturbation. Il me fit me retourner, dos à lui, et m’installa sur sa bite, avant de se rejeter en arrière pour voir mes fesses alors qu’il me pénétrait. Entre le lubrifiant et l’excitation montante, j’étais trempée, et c’est d’un coup qu’il m’empala sur son membre et entreprit de me besogner, rebondissant à chaque mouvement sur ses talons. Moi-même en appui sur mes tibias et mes bras sur le lit, je bougeai dans tous les sens, un coup de haut en bas, un coup en ondulant du bassin pour frotter mon clitoris à son pubis. Je savais également que la vue de ma croupe tournant sur sa queue le rendait dingue. Ses doigts, accrochés de chaque côté de mes hanches, s’enfoncèrent dans ma peau, confirmant mon impression. J’accélérai le mouvement, quand je reçus une claque sur la fesse droite. Gentillette, la fessée, comme un coup de fouet pour demander à la pouliche de se hâter. Son autre main tâtonna jusqu’à mon clitoris, qu’elle se mit à branler vigoureusement. Quelques poussées plus loin, l’orgasme me terrassa, alors que je le chevauchais comme une démente. Je mordis fort dans mes lèvres pour ne pas hurler et me laissai tomber, pantelante et transpirante, sur le membre qui m’avait si bien possédée, tout mon poids sur mes bras. Sans me laisser reprendre mes esprits, Jordan me souleva.

« – Allonge-toi. »

Cet ordre était donné gentiment, mais je sentis qu’il ne me laissait pas la possibilité de dire non. Je me dégageai donc de notre étreinte et m’étendis sur le dos. Il attrapa le tube de lubrifiant et le pressa au-dessus de mes seins. Il laissa échapper une bonne dose de gel.

« – Etale ça sur tes nibards. »

Docilement, j’appliquai le gel sur mes seins, les caressant, les enduisant, les recouvrant. Les yeux exorbités, il me regarda faire, en se masturbant de la main droite. L’autre, libre, vient en renfort pour étaler le gel poisseux. Son pouce et son index pincèrent mon téton gauche, lui imposèrent une torsion.

« – Rapproche tes seins. »

Je posai mes deux mains sur mes seins et les écrasai l’un contre l’autre. Jordan se mit sur moi, en appui sur ses bras. Et il regarda. Il fixa sa queue s’immiscer doucement, aller et venir entre mes grosses mamelles. Il observa son gland s’y faire engloutir dans un bruit de succion, alors que je les serrais au maximum. Son pénis glissait encore plus que dans un vagin bien humide, entouré de toutes parts par la chair tendre et ferme de ma poitrine. Il donna des coups de reins de plus en plus rapides, de plus en plus violents, me faisant glisser sur ma couette. J’en vins à remercier le ciel qu’il s’agisse de mes seins et pas de mon vagin, parce qu’il y mettait un tel entrain qu’il m’aurait labourée de fond en comble.

Dans un grognement, il finit par éjaculer, parsemant ma peau ébène de gouttelettes blanches, m’offrant ainsi un magnifique collier de perles. Il se décolla de moi, attrapa le rouleau de sopalin sur la table de nuit, en prit une feuille pour s’essuyer le sexe et me jeta le rouleau.

« – Ouais, ok, j’ai compris la leçon. Quand le tube sera vide, on ira en acheter un nouveau. Tous les deux. On choisira le parfum, comme ça. »

Tout en déchirant une feuille pour nettoyer le plus gros du gel et du sperme coulant sur mon cou, je retins de justesse un grognement de satisfaction. J’adore remettre un gros macho qui se croit omniscient à sa place. Surtout d’une façon si agréable.

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

1 réflexion sur « Viscosité »

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