Dîner entre filles

Cette nouvelle est pour Murmures Silence, qui a été la 69e personne à liker la page d’Histoires (de deux) dos sur Facebook. Je me devais de marquer le coup, non ? Et j’en profite pour faire un clin d’œil à quelques amies, qui se reconnaitront à coup sûr.

Un soupçon de gloss et je serai prête. Ce soir, j’ai fait la totale : petite robe noire, queue de cheval haute, talons aiguille et lèvres carmin. Kamel pourrait être jaloux, mais il a l’habitude. Je me fais toujours sexy quand je dîne avec les filles. Même si je ne sors pas pour draguer, aucune envie de passer la soirée à me demander pourquoi mes copines sont si jolies, alors que j’ai le cheveu gras. Là, au moins, nous sommes à égalité. J’étale consciencieusement mon gloss, accessoire interdit quand je suis avec mon chéri (« ça colle, ton truc, c’est encore plus dégueu que le rouge ») et je me regarde dans la glace. Quand je rentrerai, ce soir, je serai beaucoup moins fraîche, mais j’aurai la jauge d’énergie remplie à bloc.

****

Première bouteille.

J’arrive la dernière à la pizzeria. Les filles sont visiblement excitées de se retrouver et ne m’ont pas attendue pour commencer l’apéro… ni les potins.

« – Lulu, j’ai baisé comme jamais cette nuit ! »

En me laissant tomber sur la dernière des quatre chaises, je me tourne vers Emeline.

« – L’Américain ? »

Elle acquiesce vigoureusement, alors que les deux autres, qui ont déjà entendu l’histoire, gloussent d’avance.

« – Oui. C’était torride. Il m’a dit qu’il ne me promettait rien, entre ses allers retours au siège à Boston, à la filiale de Londres et à celle de Paris… Je lui ai répondu que je n’attendais rien, de toute façon. Et ça a été une des nuits les plus torrides de ma vie. »

Alors qu’Emeline me détaille qui a fait quoi et dans quel sens, je la regarde. Elle a les yeux qui pétillent et les joues encore toutes roses. Ça lui va bien, à mon amie. Elle passe les mains dans son carré châtain.

« – A un moment, il m’a sortie « you’re naughty… and I like it !!! ». Il avait raison. D’habitude, je suis moins audacieuse. »

Aurélie intervient, tout en mâchant un gressin :

« – Tu crois que c’est parce que c’est juste un plan cul ? »

Emeline secoue la tête.

« – J’ai déjà eu un fucking friend, et je n’étais pas aussi libérée. Ca vient peut-être de lui.
Je n’ai jamais compris cette notion de pote de baise. »

Trois paires d’yeux se tournent vers moi, hilares.

« – Tu veux un dessin, Lucia ? s’esclaffe Souryata
Que vous êtes bêtes, les filles… Je comprends le principe, mais je ne suis pas sûre que cela fonctionnerait pour moi. Un coup d’un soir, ok. Mais comment ne pas t’attacher à un homme qui te fait jouir régulièrement ?
Moi j’ai déjà réussi, me répond Emeline. Mais c’était pas comme avec l’Américain. L’Américain, j’étais déjà attachée avant. »

Nous regardons notre amie en silence, sincèrement compatissantes. Et décidons de terminer notre bouteille de rosé.

*******

Deuxième bouteille.

« – Regarde, Lucia, je t’assure, ils sont plus souples qu’avant. Touche-les !
Soussou, il y a du monde dans le restaurant.

– Mais non, il n’y a personne. Oh, et puis on s’en fout. Tu les touches, ou pas, ces nichons ???

– Vas-y, montre. »

Et me voilà en train de soupeser le 95D de Souryata. Elle qui, avant son voyage en Tunisie de cet hiver, n’affichait qu’un 80B, elle en est très fière. Faut dire qu’ils sont beaux, même s’ils restent un peu coqués, mais ce n’est qu’une question de temps. Le serveur derrière moi a l’air également de trouver les seins de ma copine appétissants. Ou c’est de me voir les caresser, les presser, les maintenir dans mes petites mains aux ongles rouges qui le laisse rêveur. En tout cas, il attend que j’aie fini mon examen pour toussoter et nous donner nos menus. Gentil serveur, tu auras ton pourboire.

*******

Troisième bouteille.

« – Eh, les filles, on vous a déjà léché l’anus ? Kamel voudrait essayer, mais ça me fout mal à l’aise.
Ah ben ça, non, ma belle. Je veux bien m’y prendre une bite de temps en temps, mais une langue ??? C’est bizarre, non ?!?

– Ben moi, oui. C’est pas désagréable, ça chatouille. Par contre, si l’une de vous le fait à son mec, merci de m’envoyer un texto. Chuis curieuse. »

*******

Quatrième bouteille.

« – Mesdemoiselles voudront un dessert ?
On se tâtait, parce qu’on a plus très faim, mais qu’on est gourmande.

– Je peux vous suggérer une pizza poire Nutella, à plusieurs ?

– Ah ouais, moi je suis vachement pour les trucs à plusieurs ! Mais vous n’auriez pas une banane, à la place de la poire ?

*****

Ca tangue. Dans le RER, sur le chemin depuis la gare, dans les escaliers. Tout tourne et j’ai la langue pâteuse à cause du rosé. Je manque de me vautrer dans l’entrée, en enlevant mes talons. Une main sur chaque mur du couloir, je reprends un peu mes esprits. Puis, je fais glisser ma robe le long de mon corps, me retrouvant en sous-vêtements noirs dans l’obscurité. Je passe à la salle de bain et m’observe dans le miroir. Le maquillage a coulé à force de rire. Je me débarbouille à la va-vite et me brosse les dents, pour que Kamel ne soit pas trop incommodé par mon haleine chargée. Je me passe une lingette dans la culotte, au cas où il ne dormirait pas. Le voilà, le secret de la soirée entre filles : à parler cul toute la soirée, je rentre chaude comme une baraque à frites. Discrètement, je me faufile dans la chambre à coucher. Je me prends pour un ninja, imperceptible, bondissant pour éviter les lattes du parquet qui grincent. En réalité, je suis un pachyderme bourré et je me cogne le gros orteil contre le pied du lit. Je jappe, je feule, je miaule, sautant sur une jambe, serrant le peton blessé, avant de m’asseoir sur le lit. La douleur se calme alors que Kamel se retourne sur le dos, dans un semi sommeil. Je soulève la couette. Par bonheur, il dort nu. Ma main lui agrippe directement la queue et commence à la caresser. Le pénis, d’abord flasque, répond rapidement à mes sollicitations. Me rappelant une confidence de Soussou, je presse mes mains l’une contre l’autre, comme si je priais, les doigts dirigés vers le plafond. Je les abaisse doucement vers sa bite, dont j’insère le gland entre les mains dans lesquelles j’ai préalablement craché, lui faisant une petite maison. Je me retiens de pouffer à cette idée, et je commence une étreinte douce mais ferme. Puis, je fais glisser le gland de ma paume à l’espace entre mes index et mes pouces, et je donne de l’amplitude à mon geste. Un gémissement de Kamel m’indique qu’il est réveillé et se demande ce qui lui arrive. Il me fait comprendre qu’il veut m’embrasser en ce redressant et en m’attrapant le bras pour m’attirer à lui. Avec mon haleine de pilier de bar, je préfère m’abstenir et fonds sur sa queue, que j’avale. J’essaie la technique d’Emeline, inspirer en la glissant au fond de ma gorge. Elle a raison, cela m’évite le haut-le-cœur. Je le branle tout en l’engloutissant et en poussant des petits gémissements. J’ose même un « Tu aimes que je te suce ? » (d’après Aurélie, les grossièretés pendant l’acte rendent fou les mecs). Kamel, qui me caressait jusque-là doucement la tête, y voit un signal. Il m’attrape par les fesses, me faisant ainsi me mettre à quatre pattes, me fait passer au-dessus de lui, de manière à m’asseoir sur sa bouche, et m’appuie sur le dos pour que je recommence à le sucer. J’ai du mal à me concentrer sur ma pipe, avec sa langue qui aspire mon clito, ses doigts qui décollent doucement mes petites lèvres pour les explorer. Je griffe gentiment ses cuisses, des genoux à l’aine, et remonte du bout des doigts en faisant des ondulations. Il me claque la fesse droite. J’en sursaute, empalant encore plus sa queue dans ma bouche. En réponse, je lui caresse les bourses, une à une, puis le périnée. Il glisse un doigt, préalablement lubrifié dans ma grotte intime, entre mes fesses, puis dans mon anus. Je gémis et me tortille, tout en l’aspirant plus fort. Puis je sors sa queue de ma bouche, juste pour lui lancer : « essaie, ce dont tu as envie depuis si longtemps… Je suis d’accord. » Kamel a un moment d’hésitation, un tout petit. Pour lui prouver ma bonne volonté, j’ouvre la bouche bien grand et je commence à le masturber fort, tout en cognant son gland contre ma langue. Aussitôt, je sens la sienne à l’orée de mon anus. Il en lèche les pourtours, passe dessus, ose même effleurer l’intérieur. C’est bon… et ça chatouille légèrement, effectivement. Je sens alors son pénis pulser, un centième de seconde avant qu’il ne se répande sur ma langue. Je le presse en rythme, trois quatre fois, jusqu’à ce qu’il ait fini de jouir, en ralentissant la cadence. Puis, je glisse ma main sur mon clitoris, et là, littéralement sous son nez, je me fais décoller en deux minutes.

« – Lucia, je sais pas ce que vous vous racontez, pendant vos soirées entre gonzesses, mais surtout, continuez. »

Doucement, je rigole. Plutôt me faire arracher cette langue, qui suce si bien, que de lui avouer que tous mes tours de magicienne ne sont pas forcément issus de mon imagination prodigue.

Merci, les copines.

 

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

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