Sous la contrainte, 2

Edit : cette fois, c’est la lettre L qui servait de fil conducteur à notre petit jeu sur Facebook…. Rédiger une petite nouvelle avec Libellule, Laure, Lèvres, Livre, Luxure, Lumière, Langue, Langoureuse, Lascive, Lobe, Lune, Lubrifiant, Lugubre, Luminescence, Lentement, Lacets, Lisse, Lion, Lien, Libido, Lanière, Lové et Larme ? C’est parti !

 

Laure a couru toute la journée et une partie de la nuit. Elle a couru tant qu’ont coulé ses larmes. Pourtant, elle savait, que cet instant fatidique arriverait. Elle savait que ses parents finiraient par la vendre, pour assurer la subsistance de la ferme. Née pauvre au sein d’un village perdu au milieu des montagnes, sa destinée avait toujours été de finir mariée de force. Sans doute à un type de deux fois son âge, qui lui demanderait de travailler comme une esclave à l’exploitation la journée, avant de rassasier sa libido la nuit tombée. Accepter son destin, elle ne s’y résolvait pas. Si elle avait eu la chance de naître au château, elle aurait festoyé chaque jour que les dieux immémoriaux font. Et elle aurait pris des bains chauds, choyée par ses servantes, coiffée et habillée de frais. Au lieu de cela, elle vivait dans la crasse, nourrissait les cochons, s’éreintait toute la journée pour faire pousser de quoi alimenter les festins des châtelains.
Elle souhaitait de tout son être se rebeller contre sa destinée et par là-même, contre son essence de femme. Le jour de ses noces, les femmes de la famille l’avaient baignée et habillée. Les lacets de son corsage étaient serrés si fort qu’ils l’empêchaient de respirer, aussi sûrement que les vœux qu’elle devait prononcer. Alors, elle avait fui, les fleurs dans ses cheveux se fanant au fur et à mesure que les pieds entre elle et son mari s’égrenaient. Elle avait fui, sans se retourner. Et là, elle s’écroulait, dans la clairière baignée des rayons de la lune, écoutant les hurlements des loups, les craquements lugubres des bois alentours, persuadée de ne pas survivre à cette nuit. A genoux au bord du ruisseau, elle tentait de boire un peu d’eau fraiche, et de calmer les battements de son cœur. Une libellule se posa sur sa main, puis une seconde, et une autre encore. Les ailes translucides brillaient dans l’obscurité, mais ce n’était rien en comparaison de la luminescence que la jeune fille remarquait à l’orée du bois. Lentement, un être apparu, auréolé d’une douce lumière et accompagné de dizaines de libellules. Laure se rendit compte qu’il s’agissait d’une femme, à la peau foncée, presque couleur chêne, mais avec des cheveux comme des fils d’argent. Son visage était trop lisse pour être humain. Laure aurait dû être terrorisée. Mais elle était fascinée. Jamais elle n’avait vu d’être aussi beau. Tout dans sa façon de se mouvoir était sensuel, une véritable invitation à la luxure, même si Laure n’était pas sûre de ce que cela signifiait de ressentir cela pour un individu de toute évidence féminin.. Moulé dans un voile transparent laiteux, son corps laissait deviner des formes exagérément pleine. La femme tenait dans sa main une lanière, accrochée au collier d’un énorme lion, gris argent également. D’un regard, elle le fit se lover au sol. Puis elle se dirigea vers Laure d’une démarche féline, jusqu’à être près d’elle, tout près. Elle s’inclina vers elle, son souffle si proche qu’elle pouvait le sentir sur le lobe de son oreille, et lui murmura des mots dans une langue inconnue. Laure la regarda, interloquée, ne comprenant pas ce que la femme au lion désirait. Elle esquissa un geste de recul. Alors, la femme lui attrapa le poignet. Ce geste lui fit ressentir des picotements dans tout le corps, et de la chaleur, là, là où les fils du voisin la touchaient parfois. Sauf que cette fois, elle voulait qu’on la touche. Elle voulait que cette femme la caresse. Comme hypnotisée, elle s’allongea, langoureuse, lascive. Tout en glissant la main sous les jupons de la jeune fille et en la remontant le long de ses jambes, la femme au lion posa ses lèvres sur sa bouche et commença à en caresser l’intérieur avec sa langue. Elle frotta leur deux langues avec autant d’énergie qu’elle frottait le sexe de la jeune fille, le lubrifiant le plus possible, jusqu’à ce que cette dernière ne livre plus bataille, et s’arcboute sous la puissance de son plaisir. Visiblement satisfaite, la femme se releva tout doucement et aida Laure à quitter sa couche de mousse. Elle se dirigea vers le coin de la clairière d’où elle était sortie, puis se tourna vers Laure, dans une supplique silencieuse à la suivre. Laure hésita quelques secondes. Elle sentait qu’un lien s’était noué quelques minutes auparavant. Et quitte à être attachée, elle préférait choisir qui tiendrait la laisse. Elle suivit la femme et elles furent aussitôt englouties par les ténèbres.

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

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