Sous la contrainte

Edit: cette micro nouvelle est le résultat d’un concours entre copains sur Facebook. Le but? Ecrire un petit texte érotique qui tienne la route à partir des 27 mots suivants : – Mistigri – Malice – Merci (2 fois) – Mutine – Maître – Melon – Miam – Marque – Miracle – Manger – Mignon – Mijoter – Merdeuse – Mytho – Méchante – Mourir – Maîtrise – Manque – Merveilleuse – Magnifique – Merde – Mercredi – Maison – Maturité – Manège (d’équitation) – Mince
Une petite contrainte… surtout que je ne voulais pas copier mes petits camarades.
Alors, défi relevé ?

Vous voulez savoir ce que je fais dans cette tenue, qui plus est avec une caméra braquée sur moi ?
Le jeu du Mistigri.
Oui, vous avez bien lu. J’ai perdu au Pouilleux. Ridicule, non ?
Dimanche après-midi pluvieux à la maison. Damien me propose d’un air plein de malice de faire des jeux de société, comme quand nous étions gamins.
Pourquoi pas, après tout. Notre vieille télé a rendu l’âme voilà quelques semaines, ce qui nous a libéré pas mal de temps pour faire l’amour, dont deux rounds ce matin. J’ai également fait mon ménage hebdomadaire, mes ongles de pieds, et réorganiser mon tiroir à sous-vêtements. Donc pourquoi ne pas m’octroyer un petit moment d’insouciance ?
Nous commençons par un Cluedo et Damien devine au bout de six tours que c’est la mutine Mademoiselle Cassandra Rose qui a fait sa fête au docteur Lenoir avec un poignard dans la salle à manger.
Nous enchainons avec un Trivial Pursuit et il m’éclate alors que je bute sur la question sport. Je commence à m’agacer, et plus je ronchonne, plus il rigole. Bon, d’accord : quand je joue (et à plus forte raison, quand je perds) je deviens une peste, une petite merdeuse de dix ans d’âge mental, je l’avoue. Mais mon manque de maturité n’a d’égal que son manque d’humilité : vous auriez dû le voir, déclarant avec emphase qu’il est le maître et que je suis une pauvre élève sous-douée. C’est un miracle qu’il ne se soit pas pris une méchante mandale dans la tronche. Il peut dire merci à mon prof de yoga, qui m’apprend à gérer ma colère par la respiration.
« Un dernier jeu, propose-je alors pour tenter de calmer ses fanfaronnades. Celui qui gagne ce jeu-là est déclaré maître des jeux de société. »
Damien me regarde quelques minutes, et je n’aime pas ce regard. Il mijote quelque chose.
« D’accord. Et le perdant doit une surprise sexy à l’autre. Un truc qu’il n’a jamais fait, qui sorte de l’ordinaire. »
Il me tend la main droite, que je serre vigoureusement.
« Marché conclu. On choisit quoi, comme jeu ?
Le Pouilleux ? C’est rapide, c’est le hasard… »
Mon instinct crie que c’est un piège, mais comme une conne, je refuse de l’écouter, et j’accepte. Damien bat les cartes, les distribue, et met de l’ordre dans son jeu. La tension est palpable alors que nous reconstituons nos paires. Merde. C’est moi qui ai le valet de piques. Ça commence bien. Un sourire étire doucement les lèvres de Damien, alors qu’il me tend son jeu pour que je pioche. Je jette deux cartes, je lui tends le mien. Il prend la carte située à gauche de mon valet. J’essaie de rester impassible. Je choisis une carte chez lui, la rejette avec sa jumelle, lui propose mon jeu. Il saisit la carte à droite du Pouilleux. Je soulève un sourcil. C’est moi où ça sent le roussi, cette histoire ? Je remélange mon jeu, mais il continue son petit manège. Soit il triche, soit c’est le plus grand cocu de l’histoire. Et ce n’est pas moi qui lui fous les cornes. Quand il reconstitue sa dernière paire, il m’embrasse sur le nez, se lève de table, et me lance, alors que je fulmine : « tu as une semaine pour me surprendre. »

Une semaine, c’est court. J’ai dû poser mon mercredi après-midi, en sortant un mytho de ouf, parlant des impôts qui veulent saisir mon appartement si je venais pas sous huit jours éclairer les zones d’ombre sur ma déclaration. Ma cheffe a eu l’air sceptique, mais m’accorda quand même ces quelques heures. J’ai choisi le mercredi parce que je sais que Damien a une réunion avec la moitié de son staff à 16h. Et je veux ma petite vengeance.
En rentrant, j’ai passé un string et ma guêpière noire en tulle, celle qui ferait presque croire que les petites pommes que j’ai pour poitrine sont des melons. Après tout, Damien a beau me répéter que ce qui est petit est mignon, personne ne rechigne à caresser une paire de nibards de taille honorable. J’ai enfilé des bas le long de mes interminables jambes bronzées, épilées de frais. J’ai glissé mes petits petons dans ma magnifique, ma merveilleuse paire de chaussures noires à talons vertigineux, d’une grande marque à semelles rouge, qui donne à mon chéri une gaule du tonnerre à chaque fois que je les porte. J’ai remplacé mes lunettes par des lentilles jetables, que je m’accorde quand j’ai envie d’être sexy. J’ai forcé sur le maquillage, plus proche de la putain que de la vierge. J’ai ébouriffé ma chevelure et me suis regardée une dernière fois dans le miroir. Miam, je dois avouer en toute modestie que je suis particulièrement appétissante, aujourd’hui. Dans cette tenue, j’ai sorti mon caméscope numérique que j’ai installé sur son pied et je suis allée chercher une chaise. Puis j’ai appuyé sur « rec. »
Tranquillement, je positionne mon corps mince face à l’objectif de la caméra. Je passe mes mains sur ma taille, mes seins, mes cheveux. Lentement, je pivote pour montrer mon petit cul et je me penche en avant pour m’appuyer sur la chaise. Je marque une pause de quelques secondes avant de faire rouler doucement mon string le long de mes cuisses musclées, jusqu’à mes chevilles. Je lève les pieds très haut, beaucoup plus qu’il n’est nécessaire pour enlever mon sous-vêtement, pour être sûre que les Louboutins soient identifiées. Puis je glisse mes mains de chaque côté de mes fesses et je les écarte un peu, juste ce qu’il faut pour faire monter la pression, sans que ce soit trop vulgaire. Je me remets de face, je fixe la caméra, et je recule vers la chaise en ondulant des hanches. Sans quitter l’objectif des yeux, je m’assois, écarte les jambes au maximum et glisse ma main vers ma chatte. Doucement, j’entreprends de me faire du bien. Glissant le long de ma fente, mes doigts s’agitent de plus en plus vite. Je me recule contre le dossier de la chaise alors que mon index et mon majeur pincent mon clitoris et je me mets à le frotter. Plus fort, frénétiquement, rapidement, en accentuant la pression. Les yeux clos, j’en rajoute, je gémis, je me mords les lèvres, comme une bonne salope de film de cul qui se branle devant la caméra. En quelques minutes à peine, j’atteins la jouissance, excitée par la situation. Une fois mes tremblements maitrisés, je me lève, fais un clin d’œil à la caméra et l’éteint. Je manque de la faire tomber en l’ôtant de son socle, encore un peu secouée par mon orgasme, mais je parviens à transférer le fichier sur mon ordinateur sans problème. Il est 15h45. J’ouvre mon fournisseur de mail, je glisse le fichier en pièce jointe, je vérifie deux fois le destinataire (si je me trompe, je jure de mourir sur place) et je rédige ces quelques phrases : « Je te promets de rester dans cette tenue et d’être à la merci du moindre de tes fantasmes ce soir quand tu rentres si tu m’avoues enfin comment tu as triché au Mistigri, espèce de petit enfoiré. »
Dix minutes plus tard, je reçois sa réponse : « Salope, tu m’as filé la trique de ma vie alors que j’ai une présentation dans quelques minutes, et évidemment, pas le temps d’aller aux toilettes me soulager. Saches que tu vas prendre cher quand je vais rentrer. Très cher. Je t’aime. PS : j’ai regardé dans le reflet de tes lunettes. »

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

2 réflexions sur « Sous la contrainte »

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