Trainee

Juliette tire le plus lentement possible sur sa cigarette, pour qu’elle ne se consume pas trop vite. Elle lève les yeux vers le building numéro 5, énorme mille-feuille de verre qui semble vouloir l’écraser, et se demande pourquoi Mike est si long à descendre. Elle lui a envoyé un mail pour le prévenir de sa pause clope, auquel il a répondu du tac-au-tac. Elle sourit. Il répond toujours du tac-au-tac à ses mails, même les plus insignifiants. Et cela fait près de 3 mois que ça dure, ce petit jeu. Elle se souvient comme si c’était hier.

Cela faisait deux semaines que son stage en marketing avait débuté. Deux semaines, mais pourtant, elle était toujours aussi nerveuse au travail. La barrière de la langue, pour commencer. C’était une chose d’avoir un bon niveau en anglais, c’en était une autre d’aller travailler à Londres pendant quelques mois, qui plus est dans un domaine qui demandait des compétences et du vocabulaire techniques. Elle, qui avait dansé de joie en apprenant son stage accepté, revoyait son enthousiasme à la baisse.

Arrivée depuis trois semaines, elle ne s’était faite pour l’instant que de vagues connaissances. Elle passait ses soirées à potasser ses bouquins de classe, dans la chambre qu’elle louait chez une vieille dame. Ses pauses déjeuner se déroulaient invariablement à son bureau ou, en cas de beau temps, au bord du lac artificiel du Chiswick Park, son MP3 vissé sur les oreilles, à lire des magazines pour essayer de varier son vocabulaire. A mille lieues de la vie trépidante d’expatriée qu’on s’imagine quand on a vingt ans, qu’on est libéré du joug parental pour la première fois de sa vie, et qu’on possède de longs cheveux blonds et des seins comme des obus.

Pourtant, son stage lui plaisait beaucoup. Sa directrice était plutôt cool et lui donnait des tâches intéressantes. Et elle ne l’embêtait pas trop avec ses pauses cigarettes. Juliette n’abusait pas : une vers 10h30, l’autre à 15h. Celle de l’après-midi s’accompagnait invariablement d’un coca à la machine à boissons, petit shoot de caféine pour lutter contre le coup de mou accompagnant la digestion. Et avoir les deux mains prises lui offraient une contenance, puisque personne ne lui adressait la parole. Sauf là.
« – Hi, new girl ! I’m Michael Baretti. I’m an engineer. And you ?”
Juliette le regarda, éberluée.  Ce grand blond à lunettes lui tendait la main droite. Qu’elle ne pouvait serrer à cause de sa cigarette et de son coca. Elle glissa la clope dans son bec pour libérer sa main droite, avec le charme et la classe d’un routier quinquagénaire. Elle se serait fichue des baffes. Aussitôt la main ferme aux longs doigts fins lâchée, elle a repris sa cigarette entre son index et son majeur, pour pouvoir répondre sans se coller la fumée dans l’œil.
« – Juliette. Trainee.
 – You’re french ?
–  Is my accent so bad?
–  It just doesn’t sound like Londoner.
Il avait écrasé sa cigarette dans le cendrier géant.
«  – It’s been nice to meet you, Djouliett. See you later ? » Sans attendre la réponse, il s’était dirigé vers la porte de l’immeuble. « By the way… « trayni » is the pronunciation. It’s not « trainée ».

 

***

Bien sûr, que Juliette connaissait la prononciation de ce foutu mot. Elle le répétait à longueur de journée, au téléphone, aux clients, aux collaborateurs. Mais là, elle avait été désarçonnée. Ce mec était à tomber à la renverse. Avec son flegme et son sérieux, était l’incarnation de la sexyness. Son âge aussi l’émoustillait. Mine de rien, il devait avoir une bonne quinzaine d’années de plus qu’elle. Et les garçons de son âge ne la regardaient pas de cette manière. Et ces putains d’yeux verts… Sans oublier qu’il prononçait son nom comme s’il faisait l’amour avec. Elle aurait aimé être ce nom, pour sentir sa langue rouler pareillement sur son corps… Ce mec lui mettait la tête en feu. Et pas seulement la caboche. Mine de rien, cela faisait près d’un mois qu’elle avait laissé son mec en France. Il n’était pas prévu qu’il vienne la voir, puisqu’elle lui avait demandé un peu d’espace, et 75 000 km2 d’eau salée n’était peut être pas une distance suffisante entre eux. Avoir une aventure aurait pu être concevable, donc, mais le souvenir cuisant de leur rencontre avait mis à mal son petit amour-propre. Alors, elle préférait l’éviter et recula d’une demi-heure sa pause de l’après-midi.
Une demi-heure visiblement insuffisante le jour où elle le repéra à la machine à boissons, près de l’entrée principale. Demi-tour en vitesse. Elle remonta à son poste de travail directement, tant pis pour sa dose de nicotine.

Dix minutes après, elle recevait un mail.

Michael Baretti

To : juliette.cayou@otas.com

 

I think I have just seen you around. Let me know if you are going to smoke later. 

If you want to talk.

Mike

 

Fuck était le mot qu’elle cherchait, là, maintenant, tout de suite. Les plantes vertes n’avaient pas été suffisantes à la dissimuler. Elle joignit les mains, entremêla ses doigts, les étira paumes vers l’extérieur au point de les faire craquer et commença à taper son mail.

 

Juliette Cayou

To : michael.baretti@otas.com

Oh, great!, I have forgotten my lighter. How sloppy I am, hahahaha. (Grand moment de solitude devant son écran. Est-ce vraiment crédible? Non, du feu, elle aurait toujours pu en taxer. Tant pis.) I might go to smoke around 4 pm. See you later ?

Juliette

 

Elle hésita, le doigt en l’air.
Est-ce qu’elle s’apprêtait vraiment à donner rendez-vous à ce type ?
Oh puis merde. Life is too short.
Envoyer.

***

Il l’avait rejointe à 16h devant le grand cendrier et ils avaient papoté. Tous les jours, pendant deux mois, ils avaient pris leurs pauses clopes ensemble. Quelques déjeuners aussi. Et il la ramenait parfois en voiture, le soir, après le travail. Un vrai gentleman, jamais un mot déplacé. Elle avait fini par se détendre et ne se traitait plus elle-même de trainée en sa présence, ce qui était une amélioration notable. Ils flirtaient, échangeaient des mails pleins de sous-entendus, mais cela n’allait pas plus loin. Au point mort depuis près de 8 semaines et, si c’était très agréable de se faire courtiser, ce petit jeu commençait à mettre les nerfs de Juliette en pelote.

Et cet après-midi, elle fume sa cigarette, seule comme ça ne lui est pas arrivé depuis longtemps. Fuck fuck fuck. Elle écrabouille le mégot dans le cendrier circulaire sur pied et pénètre dans l’immeuble. Au loin, elle reconnaît la silhouette de Mike traversant le hall en sa direction. Il lui fait un petit signe de la main avant d’arriver à elle et fronce les yeux en voyant sa mine sombre.
« Oh, Djouliett, you’ve just finished your cigarette ? Can you stay with me while I’m smoking smoke ?
– Sorry, I’m running late. I’ve been waiting for you for too long. »
Agacée, elle appuie sur le bouton de l’ascenseur. Il penche la tête de côté, remonte ses lunettes sur son nez d’un geste machinal et la regarde en gardant le silence. Elle fixe les battants en aluminium face à elle, déterminée. Quand la cabine arrive, il monte à sa suite et attend que les portes se referment pour lui demander :
« Why are you mad at me? Did I make anything wrong, Djoul? »
Elle soupire.
« Forget it… I’m not mad at you, just disappointed.
–  Disappointed with what ? »
La cabine semble rétrécir sur la jeune fille. Elle jurerait qu’il y fait une chaleur étouffante. Bientôt, ses joues se colorent d’un rouge carmin.
« Not to spend more time with you. »
Quand les portes s’ouvrent, elle happe enfin un peu d’air frais, avant d’ajouter en quittant l’habitacle exigu : « It’s my last week in London ».
Elle n’a pas fait trois mètres qu’il l’attrape par le coude.
« Are you kidding me ? Why didn’t you tell me earlier ? »
Sa voix est un peu plus aigue que d’habitude. Juliette jette un œil autour d’elle et remarque que la secrétaire qui se dirige vers la photocopieuse les observe.
« Don’t make a fuss, please. »
Mike recule d’un pas et passe les deux mains dans ses cheveux blonds. Il les relaisse tomber, visiblement exaspéré, et hausse la voix.
« Why didn’t you tell me earlier?
–  Chuuuuuutttt! People could hear you…
–  I fuck up people ! »
Juliette sursaute. Ça doit être la première fois qu’elle l’entend se départir de son flegme. Elle le pousse dans le placard à balais avant qu’il ne crée un esclandre. Elle rentre à sa suite et ferme la porte derrière eux.
« – Are you going to calm down? »
Elle se retourne et le regarde droit dans les yeux. Il secoue la tête, comme s’il ne l’avait pas comprise et répète pour la troisième fois, à voix basse :
« Your last week… why didn’t you tell me earlier ? »
Elle réplique en murmurant :
« Why haven’t you ever asked ? »
Il baisse la tête et donne une réponse presque inaudible.
« Because I was afraid of realising that you will leave me. »

Il a l’air d’un petit garçon, qui ne comprend pas comment le ciel peut lui tomber sur la tête. Elle avait été lâche de ne pas lui avoir dit plus tôt, mais elle n’était pas sûre que cela avait autant d’importance pour lui que pour elle.

Maintenant, cela crève les yeux que c’est le cas.

Elle a de l’importance pour lui.

Elle franchit les deux pas qui les séparent et pose les deux mains de chaque côté de son visage. Sur la pointe des pieds, elle approche ses lèvres des siennes et passe ses bras autour de son cou. Alors qu’elle l’embrasse, il l’attrape sous les bras, sur les côtés de ses seins. Elle gémit alors qu’il l’attire à lui. Ses mains se mettent à courir dans son dos, le long de ses fesses, par-dessus sa jupe, avec cet empressement qu’a l’homme qui se retient depuis trop longtemps. Avidement, Mike écrase ses lèvres contre celles de Juliette, les mordille, les aspire. Sa langue se fait inquisitrice, ses mains empoignent la queue de cheval de la jeune fille, la forçant à jeter sa tête en arrière tout en dégageant son cou. Il quitte ses lèvres pour lui embrasser la jugulaire et la mâchoire, faisant naître des picotements dans l’intégralité de son corps. Soudain, il se détache d’elle.
« Not here. You deserve better. I’m taking you home this evening. »
Après un baiser sur le front, il quitte le local d’entretien. Laissant Juliette pantelante, entre les produits de nettoyage et les balais.

 

***

Juliette n’a jamais autant regardé sa montre que pendant ces deux heures qui se sont étiolées, entre le moment où elle est retournée à son poste et celui où elle le quitte enfin. Elle attrape son sac à main et en sort son miroir de poche. Après un examen minutieux de ses dents, elle met sa main en coupe sur sa main et son nez et vérifie son haleine. Bon, ça passe, mais elle doit avoir un tic tac au fond de son sac. Elle plonge sa main, farfouille, chope les bonbons, et s’en colle deux dans la bouche. Après une minute d’hésitation, elle en reprend deux. Elle lâche le paquet dans son sac, allonge le bras vers le bouton de son ordinateur qu’elle éteint, fait pivoter son siège de bureau et, après avoir saluer à la cantonade ses collègues, sort définitivement du bureau. Sa main tremble en appelant l’ascenseur. Dieu merci, elle est seule dedans, ce qui lui permet de vérifier dans le miroir qui en occupe toute la paroi du fond sa tenue. Sa jupe en toile beige et son chemisier blanc n’ont pas trop souffert de l’épisode dans le placard à balais. Elle décide de lâcher ses cheveux. L’élastique a laissé une vilaine trace sur sa chevelure blonde. Retour de la queue de cheval. Elle se pince les joues et mordille ses lèvres pour avoir un minimum de couleur. Elle fixe une dernière fois son reflet avant que les portes ne s’ouvrent sur le parking souterrain.

D’un pas décidé, Juliette se dirige vers la place réservée à la Mini Cooper noire de Mike. Il est déjà à la place du conducteur et tapote le volant de ses doigts, au rythme de la chanson de Prince jouée par l’autoradio. Il semble à Juliette qu’il est un peu nerveux. Elle se glisse côté passager et referme la portière. Durant quelques secondes, ils se regardent. Puis il se jette sur sa bouche, vorace. Ce mec embrasse divinement bien et Juliette sent que s’ils ne s’éloignent pas très vite, ces deux mois d’attente trouveront leur conclusion dans un parking lugubre. Il semble lire dans ses pensées et se recule sur son siège en soupirant.
« Let’s go. I’m driving you home ?”
Sa question n’est pas innocente et Juliette l’est encore moins quand elle secoue la tête. Il rit doucement et démarre la voiture. Elle s’enfonce dans le siège en cuir de la voiture et le regarde conduire. Il est tellement concentré sur la route que cela la fait sourire. Elle pose une main sur sa cuisse et le sent tressaillir.
«  Be good, please. I’m driving » répond-il à sa caresse sur un ton de reproche, sans quitter le bitume des yeux. Elle ne se dépare pas de son sourire et fait glisser sa main le long de la cuisse, jusqu’à son entrejambe.
« Djouliett… »
Malgré son regard fixe sous ses sourcils froncés, Mike bascule le bassin vers l’avant. La jeune femme y voit une invitation et commence à lui masser le pénis à travers le pantalon de ville gris foncé. Un pénis qui prend rapidement des mensurations largement au-dessus de la moyenne et qui ne cesse de grossir. Elle baisse la fermeture éclair et glisse sa main droite à travers l’ouverture, tout en remerciant mentalement celui qui a décidé que le conducteur anglais serait assis à droite de sa passagère. Au feu rouge, Mike ferme ses yeux verts une poignée de secondes. Quand il les rouvre, il se penche vers le GPS intégré au tableau de bord et pianote furieusement dessus.
« I can’t wait. We have to find a fucking hotel. Now. »

 

***

Juliette a déjà perdu la moitié des boutons de son chemisier quand ils pénètrent dans la chambre du Tower Bridge Hotel, qui surplombe la marina. Deux corps emmêlés, d’où dépassent des mains qui caressent, des bras qui enlacent, des jambes qui se frottent, sans que Juliette ne puisse vraiment dire à qui appartient quoi. Mike jette ses mains dans le dos de Juliette et lui enlève l’élastique de la queue de cheval. Il plonge les mains dans sa luxuriante chevelure, les ébouriffant, les tirant gentiment. Puis il descend le long de son dos et atteint la fermeture éclair de sa jupe, qui tombe rapidement à ses chevilles. Il mélange ses mains à celles de la jeune fille et les lève au-dessus de leurs têtes. D’une main, il lui attrape les deux poignets et les maintient en l’air, pendant que l’autre achève d’ouvrir sa chemise. Puis il remonte doucement la main le long du corps de la Française, caressant la moindre courbe rencontrée, de son nombril à son sternum, en passant par les côtes. Arrivé à la mâchoire, il la maintient fermement pour l’embrasser. Sa main redescend ensuite lentement vers sa poitrine. Ses doigts caressent ses seins, lourds globes blancs de chair ferme, l’un après l’autre, en prenant tout leur temps. Ils font des arabesques sur les aréoles pour ériger les tétons. Juliette aurait envie qu’il y aille plus franchement, qu’il la retourne et la prenne sauvagement. Son attente a trop duré…. Il la torture et il le sait. Elle l’embrasse passionnément, alors qu’il pince doucement ses tétons entre son pouce et son majeur. Le cœur de Juliette bat à tout rompre. Il cogne dans sa poitrine, comme s’il voulait s’échapper, de plus en plus vite. Ses jambes flageolent alors qu’il commence à malaxer ses seins, à les pétrir. Que c’est bon qu’il la touche enfin… Elle n’a qu’une envie, c’est qu’il prenne enfin possession d’elle. Mais il se recule pour la contempler : elle a les joues rouges, le souffle court et irradie littéralement, en sous-vêtements blancs contre le mur gris laqué.
« How gorgeous you are, Djouliett… You’re mine… »
Enivrée par cette déclaration, elle se dépêtre de sa jupe et jette sur lui pour lui ôter sa chemise et son pantalon de ville. La sensation dans la voiture n’était pas qu’une impression. C’est une véritable bite de cheval qui dépasse du boxer. Juliette est impressionnée par l’engin, qui dépasse de loin les quelques pénis qu’elle a pu observer de près. Elle s’apprête à lui enlever  son dernier vêtement quand il la soulève, aussi légère qu’une plume, pour la jeter sur le lit recouvert d’un édredon blanc. Sa main glisse le long de sa taille, passe sur son nombril, effleure son sexe. Elle en ressent une décharge électrique. Il lui enlève son string et lui relève les jambes. Avec un doigt, il lui dessine des arabesques sur l’aine, remonte sur son bassin, fait courir ses ongles sur ses cuisses. Puis, comme par mégarde, remonte en longeant sa fente de plus en plus humide. Doucement, il écarte les lèvres de son sexe, les frotte l’une contre l’autre, tout en gardant volontairement les doigts à l’extérieur de son vagin. Puis il pince doucement son clitoris de la main droite, pendant que la gauche rejoint le sein de Juliette pour en agacer le téton. Juliette se cambre, calée dans l’édredon, quand Mike plonge enfin la langue et le nez dans son intimité. Il respire son parfum de femme, butine son bouton de rose, la lape, la dévore. Pendant près d’un quart d’heure, il la lèche consciencieusement, ralentissant la cadence quand il sent les muscles de ses cuisses se contracter de part et d’autre de ses oreilles. En gémissant, elle lui tire les cheveux et ondule du bassin, quand il introduit un doigt en elle pour caresser vigoureusement son point G. C’est sans doute la caresse de trop. Clouée sur le lit, elle fixe le plafond, haletante. Aucun homme ne l’a jamais faite jouir et encore moins grâce à sa langue. Elle sent les premiers spasmes venir, quand une impression étrange la surprend : des fourmillements dans tout le corps, depuis les doigts jusque dans les orteils, et l’impression d’être engloutie par les ténèbres alors que son vagin, son périnée et son utérus s’affolent à celui qui se contractera le plus. Sa cervelle grille littéralement : elle ne saurait dire l’heure qu’il est, ni le jour, trop concentrée à tenter de maitriser ses tremblements. L’orgasme le plus violent qu’elle n’ait jamais connu la laisse les bras en croix sur le lit, alors que son amant enlève enfin son boxer. Mike remonte aussitôt le long de son corps, parcourant sa peau de baisers aussi légers que des papillons. Il lui embrasse les cheveux, qui sentent le shampoing du matin à la camomille, tout en murmurant son prénom, avec cet accent irrésistible. Elle ferme les yeux, comblée, mais sait qu’il n’en restera pas là. Son énorme queue bat contre sa cuisse, bien qu’il fasse visiblement des efforts pour rester un gentleman en la laissant récupérer. Elle ouvre les yeux, les plonge dans les siens, et lui fait un signe timide de la tête. Il lui sourit et l’embrasse sur le bout du nez. Elle frotte son nez contre sa joue, qui commence à piquer en ce début de soirée, et fait courir sa langue le long de son cou. Elle pose ses lèvres sur son épaule, au creux de sa clavicule, le long de ses pectoraux. Il bascule alors sur elle, l’enlaçant et la pénétrant d’un seul geste, tout en douceur. Juliette marque un temps d’arrêt, pour s’habituer à la taille du membre qui la possède. Elle a le souffle coupé, l’impression d’être trop étroite pour ce phallus. Michael manœuvre en douceur, pour ne pas la blesser, travaillant son vagin, le distendant pour y être à l’aise. Il mène la danse, et ça lui va. Elle aime se sentir jeune et innocente, dévergondée par un homme plus âgé, par un initiateur. Cette idée ajoute à son excitation et elle lui griffe le dos. Quand elle s’est enfin faite à ce membre qui la pilonne, elle bascule le bassin de haut en bas, venant à la rencontre de ses coups de reins, intensifiant leur effet en elle. En la serrant plus fort contre lui, Mike roule sur le côté, puis le dos. Un changement de position naturel, sans casser leur élan. La voici qui le chevauche, ses longs cheveux blonds tombant en cascade sur ses seins, ses épaules, et, quand elle se penche, sur le visage de Mike, qui porte encore son odeur à elle. Bien empalée sur lui, elle se laisse guider par l’homme qui agrippe ses hanches. Elle se laisse soulever et retomber alors qu’il la fait glisser le long de sa hampe. Dans cette position, elle est complètement remplie et ses gémissements couvrent bientôt le bruit moite de leurs deux corps qui s’étreignent et s’emboitent. Quand elle sent les larges mains aux longs doigts se crisper sur ses hanches, l’idée qu’elle aura des bleus le lendemain la traverse, des bleus qu’elle contemplera avec fierté. Mike accélère le rythme, la dernière ligne droite, jusqu’à la rendre folle, avant de grogner et de fermer les yeux. Elle sent sa queue grossir une dernière fois, avant de cogner à l’intérieur d’elle, sur toutes les parois de son vagin. Puis le corps de Mike se détend, son visage devient serein. Les yeux mi-clos derrière ses lunettes, il la contemple quelques minutes.
« Let me have a break, few minutes. And then we’ll do it again. And again. And over again…»
Juliette lui sourit, trop épuisée pour former une phrase cohérente dans une langue qui n’est pas la sienne. Mais elle est d’accord avec ce programme. Elle veut profiter à fond de cette dernière semaine. Et surtout, là, avec cette queue lovée à l’intérieur d’elle, elle ne bougerait pour rien au monde.

 

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

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