Aléna

Vous pensez que je suis la victime des désirs d’un homme, à me voir là, nue, agenouillée à ses pieds ?
Je ne suis pas une victime.
Je suis l’exact contraire.
Dans ma vie professionnelle, je représente ce que l’on peut appeler une femme de poigne.
Je suis conductrice de travaux dans une grosse boite de bâtiment et travaux publics.
Architectes, ingénieurs, techniciens, contremaîtres, ouvriers… Mes collègues sont pour la plupart des hommes. Et ils sont sous mes ordres, sous ma responsabilité.
Je sais réagir au quart de tour et prendre les décisions qui s’imposent, en cas de problème de livraison comme de tempête de neige, pour que mon chantier ne prenne pas du retard.
Pour entretenir ma souplesse et mon endurance physique, je me rends à la salle de sport un soir sur deux. Notamment pour mes cours de boxe française : donner des coups ne m’effraie pas plus que d’en recevoir.
Alors regardez-la à nouveau, cette brune à la peau translucide, à l’air si doux, les yeux humblement baissés vers le sol, les mains posées sur les cuisses, attendant que l’homme qui lui caresse distraitement la tête lui donne un ordre.
Regardez-la bien attentivement et demandez-vous encore si c’est elle, l’oie blanche manipulée par un pervers.
Si c’est ce que vous continuez de croire, vous êtes loin du compte.

Le pouvoir est partagé entre les deux côtés de la cravache, du manche à l’extrémité de la tige. La relation Dominant/soumise est un partenariat.
Je suis celle qui fixe les limites. Celle qui métamorphose les fantasmes en réalité.
L’objet de l’attention, de l’obsession de mon Maître. Et j’aime ça.
Sylvain est mon Maître depuis 10 mois. Mon Maître. Pas mon amant, mon mari ou mon compagnon. Non. Il est mon professeur sur le chemin d’une sexualité différente. Il me guide, m’apprend à me libérer de mes inhibitions judéo-chrétiennes. Il transforme ses envies en mes besoins. Et je suis une très bonne élève, croyez-moi.
Je lui accorde la plus grande preuve de confiance que l’on puisse offrir à un autre être humain : je lui appartiens.
Attention, ce n’est pas Aline, la femme, qui lui appartient, mais Aléna, la soumise. Une soumise qui se rend compte de la chance qu’elle a eu de trouver un bon Maître, qui tire le meilleur d’elle-même, lui permet de reculer continuellement ses limites. J’aime me dépasser, dans n’importe quel domaine. Et je sens que ce soir, mon Maître va déplacer d’un cran les frontières imaginaires de ma pudeur.

***

Il ne m’a pas dit ce que nous allons faire ce soir. Je sais juste que nous ne serons pas que deux. Je suis curieuse. Et excitée. J’ai un peu peur de ne pas être à la hauteur. Je sens qu’il y a une escalade dans nos jeux amoureux. Ils sont de plus en plus audacieux, de plus en plus préparés. Je sais que mon Maître tire une grande partie de son excitation à planifier, organiser et fantasmer nos jeux. En général, sa libido s’intensifie les jours précédents un événement qui sort un peu de l’ordinaire. Et j’ai pris suffisamment cher cette semaine pour me douter qu’aujourd’hui va être extraordinaire.

Pour l’instant, il est silencieux. Il me caresse les cheveux, comme il le ferait d’un animal domestique. Nous attendons, même si j’ignore ce que nous attendons exactement. Nous sommes dans le sous-sol de la maison de Sylvain, qu’il a aménagé pour ses soirées. Oh, rien d’ostentatoire. Un fauteuil un peu défoncé, une table en bois massif, un banc de musculation, une commode… Je sais par expérience que ses tiroirs contiennent les instruments qu’il affectionne. Fouets, cravaches, godemichés, tous sont rangés impeccablement. Parfois, il les sort avant de commencer la soirée. Il les dispose sur le dessus de la commode, comme un chirurgien organise ses scalpels avant une opération à cœur ouvert. Ce soir, ce n’est pas le cas. Tout en fixant mes mains, je me demande ce qu’il mijote. Et je perçois que l’on pénètre dans la maison. Cela bouge, au rez-de-chaussée, au-dessus de nous. Il a visiblement entendu également et sort de sa transe. Il rassemble mes cheveux noir corbeau et les natte avec dextérité, avant de nouer l’extrémité de ma tresse avec un élastique.
« – Tu vas être une gentille fille, n’est-ce pas, Aléna.
– Oui, Maître.
– Obéissante et docile ?
– Oui, Maître.
– Ce soir, nous avons des invités très spéciaux. Un couple d’amis à moi. Et je compte bien leur montrer quelle gentille petite soumise est la mienne. Tu saisis, n’est-ce pas ? »
Oui, je saisis. Je veux le rendre fier de moi. Parce que ça m’excite de l’exciter. Et que ça l’excite, lui, de montrer que je peux être une chienne bien dressée.

La porte du sous-sol s’ouvre et un homme de haute stature entre. Il est plus massif que mon Maître, et aussi brun que Sylvain est blond. Mais, comme mon Maître, il porte un costume italien. Il est suivi par une rousse en robe noire, austère. Peu de formes, pas de chaleur. Elle m’impressionne un peu, d’après ce que j’aperçois, car je ne peux que regarder à la dérobée. Personne ne m’a encore autorisée à lever les yeux. Je suis toujours accroupie, pendant qu’ils se donnent l’accolade. Puis Sylvain se détache de l’homme et vient fixer une laisse au collier pour chien que je porte à chaque fois que nous jouons. Aujourd’hui, mon Maître a également attaché une lanière, reliant le devant du collier à l’arrière, côté nuque, de manière à ce que celle-ci passe entre mes seins et appuie sur mon clitoris à chaque mouvement. Il tire sur ma laisse et me demande de me cambrer en avançant vers nos invités. La lanière est un peu trop courte : si je me déplie, elle me cisaille l’entre-jambe et la zone péri-anale. En m’apprenant sa volonté, il me signifie que le jeu commence.

Ainsi, à quatre pattes, j’ondule de la croupe jusqu’au couple et je dépose un baiser sur le bout de leurs chaussures. L’homme me flatte les fesses. La femme s’extasie de mon audace. Un regard à mon Maître me confirme qu’il est satisfait. Je me remets à genoux, les mains sur les cuisses, le regard baissé.
« – Nous avons combien de temps ? » demande mon Maître.
« – Environ un quart d’heure » lui répond l’homme.
Sylvain baisse les yeux vers moi. « Cela nous laisse le temps de nous échauffer » Il saisit ma laisse et m’amène à quatre pattes jusqu’à la table. Puis il me relève et me fait signe de grimper sur le plateau. Je m’exécute et pose mes fesses sur le bois rugueux.
« – Aléna, ce soir tu as trois maîtres, auxquels tu te dois d’obéir. Je délègue mes pouvoirs sur toi. Es-tu d’accord ? » Je hoche la tête en signe d’assentiment, même si j’ai peur de ce que peut faire la rousse. Les femmes sont en général plus perverses que les hommes, d’après mon expérience.
Sylvain me sourit rapidement, content de l’amorce de la soirée. Puis il sort de sa veste de costume un masque et me bande les yeux. Je me retrouve dans le noir. Il glisse des bouchons auditifs dans mes oreilles, et me voilà sourde. Au bout de quelques minutes, il m’ajuste un harnais sur le visage, avec une boule dans laquelle mordre, et je deviens muette. Je n’aime pas ce harnais. Même s’il possède des trous pour respirer, je me sens vulnérable quand je le porte.On me fait basculer brutalement sur la table et on me retourne sans ménagement. On m’écarte simultanément les mains et les jambes. Je sens qu’on m’attache chaque membre, un à un. Sylvain a monté des anneaux sous le plateau de la table, dans lequel il passe des cordes d’escalade. Je suis entièrement entravée, je ne vois ni n’entends rien. Je ne sais même pas si les mains qui me pétrissent les fesses sont masculines ou féminines. La lanière dans ma raie est attrapée et tirée vers le haut, ce qui m’arrache, malgré moi, un gémissement, étouffé par la boule. Une claque sur ma fesse répond aussitôt à ce râle. Puis un doigt commence l’exploration de mon anus. Je ne bouge pas, je me laisse faire. Un deuxième doigt rejoint le premier. Je reste immobile. Un troisième. Les doigts s’écartent. Stoïque, j’attends. Je ne leur ferai pas le plaisir de protester, encourant ainsi une punition. Le quatrième doigt m’est fatal. Mon bassin a le réflexe de basculer, comme s’il voulait échapper à la main inquisitrice. Une claque sur l’autre fesse répond aussitôt à mon geste. Puis, plus rien. Pendant plusieurs minutes, qui me paraissent une éternité, privée de mes sens. Arrive la morsure de la cravache. Enchaînée par un claquement sur l’ensemble du postérieur, sans doute asséné par un paddle. Le troisième coup est différent, diffus, et je reconnais d’emblée le martinet. Les sévices se succèdent dans le même ordre, doucement d’abord. J’essaie de deviner qui tient quoi, mais je suis tellement perturbée par ma privation sensorielle que je n’y parviens pas. Je sens l’odeur du cuir des lanières du martinet, qui s’échauffe en balayant la zone située entre mes cuisses et le bas de mon dos. J’entends le bruit de son souffle, mais j’ignore où il va tomber, s’il va me faire mal ou pas. Un moment d’interrogation et de surprise, une douleur supportable. J’aime le martinet, il permet à celui qui le manie de gérer la puissance avec laquelle les lanières vont s’écraser sur ma chair, de chauffer le sang. Le paddle me convient assez également. Il claque sur mes fesses, mais la pression est répartie sur toute la surface touchée. Je sais que j’aurai du mal à m’asseoir demain, mais pour l’instant, c’est tolérable. La cravache, c’est différent. Ça cingle, ça laisse des estafilades sur la peau, ça finit par brûler. Et celui qui le tient ne me ménage pas. Je parierais que c’est l’instrument choisi par la rousse. A chaque fois qu’elle s’abat sur mes fesses, je tressaille. Bientôt, l’intensité augmentent et la cadence s’accélère, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul instant de répit entre deux instruments. Les coups secs remplacent les coups à plat, les gestes se font amples, certains coups sont portés sciemment en direction de mon sexe… C’est plus fort que moi, je grogne. Pour échapper à la raclée, je gigote, ce qui fait entrer plus profondément dans mon intimité la lanière attachée à mon collier. Je finis même par laisser échapper un cri, étouffé par mon bâillon. Les coups s’arrêtent immédiatement. On m’enlève les bouchons d’oreilles, le bandeau est soulevé. Sylvain, abaissé au niveau de la table, attrape ma natte et me tire la tête en arrière.
« – Tu n’es pas très docile, petite chienne, il va falloir que je te punisse. »
Je ferme les yeux, encore haletante. Mes fesses et mon dos me cuisent. Pourtant, je sais que je suis déjà trempée de désir.
« – Vous avez raison, Maître, je n’ai pas été digne de vous… Punissez-moi. »
Il me regarde et sourit. Sans un mot, il me détache les mains, puis les pieds. Il m’aide à me retourner et à m’asseoir sur le bord de la table. Il ôte la lanière à l’arrière de ma nuque, et la fait coulisser entre mes fesses en tirant dessus, m’irritant au passage. Je masque une grimace et garde les yeux baissés. Il m’ordonne de descendre, ce que je fais avant de m’agenouiller.
« -Ta punition arrive et nous en profiterons tous », assène mon Maître d’un ton sec. Puis il retourne s’asseoir dans son fauteuil. La rousse pose son derrière osseux sur un accoudoir. Elle a un petit sourire mauvais. L’homme s’adosse au mur.
Nous attendons quelques minutes, chacun dans notre position.
Et la porte s’ouvre.

***

Trois hommes entrent dans la pièce. Entièrement nus, à l’exception de casques de moto intégraux. L’effet pourrait être cocasse si ce n’était pas aussi dérangeant. Bâtis sensiblement sur le même moule, il est difficile de les différencier. Mêmes tailles, mêmes carnations, mêmes queues érigées. Mon Maître a voulu gommer leur identité. J’oublie toute retenue et les fixe, interdite. La voilà donc, ma punition ? Être donnée en pâture à des mecs dont je ne distingue même pas le visage ? Je ne suis qu’un jouet livré à des instruments. Aucun de nous ne possède sa volonté propre, nous ne faisons qu’agir selon le bon vouloir des trois Maîtres qui nous observent. Je vacille sur mes talons, sans savoir que je déclenche là une réaction en chaîne. D’un seul bloc, les trois motards s’avancent vers moi, me soulèvent de terre et me hissent sur la table dont je viens de descendre. L’un d’eux me plaque le dos sur le plateau et m’y maintient. Un autre m’écarte les jambes et enfonce deux doigts dans mon vagin, sans ménagement. Le troisième se place à côté de moi et me colle la queue dans la bouche. Soucieuse de satisfaire mon Maître, je le suce consciencieusement, avec ardeur. Mais il semblerait que cela n’aille pas assez profondément au goût du motard, qui agrippe mes cheveux et s’enfonce plus loin dans ma gorge. J’ai le nez dans ses poils pubiens, j’ai du mal à respirer, mais je me laisse faire, comme une poupée de chiffon, alors qu’il viole ma bouche. Il finit par se dégager, remplacé par celui qui me maintenait. Les deux hommes font pivoter ma tête de droite à gauche, pour que je puisse les prendre à tour de rôle. Le troisième a réussi à rentrer quatre doigts dans mon vagin et fait des ronds avec son pouce sur mon clitoris. De sa main libre, il force mon passage étroit, mon trou de salope, comme l’appelle Sylvain.
Là, mon Maître, qui ne quitte pas la scène des yeux, claque des doigts.
Comme un seul homme, ils se retirent tous. L’un s’allonge à côté de moi sur la table, et je suis mise à quatre pattes par les deux autres. Celui devant moi me maintient les épaules, l’autre guide mon bassin et à deux, ils m’installent sur leur copain. Quand je suis en position, celui qui maintenait le haut de mon corps appuie de tout son poids sur moi. Je glisse le long de la hampe d’un coup, m’empalant, me remplissant. Puis il me force à me pencher, à me plier en deux, et je comprends que c’est pour permettre au deuxième de pénétrer mon anus. J’ai peur. Mes trous ont toujours été utilisés indifféremment par mon Maître, parfois simultanément, grâce à des plugs et des godemichés. Mais c’est la première fois que deux queues vont me pénétrer en même temps. Centimètre par centimètre, le motard s’enfonce dans mon cul. Je me dis que jamais ils ne parviendront à bouger sans me déchirer. Une fois en position, les trois hommes restent toutefois immobiles. Sylvain apparaît alors dans mon champ de vision. Il tient quelque chose dans sa main.
« – Comme tu as été vraiment indisciplinée, je ne désire pas que cela soit trop confortable. »
Il avance la main vers mon sein droit. Il agace mon téton, le tord, tire dessus. Et il y clippe une pince à linge en bois. Je ne peux m’empêcher de grogner. Je suis extrêmement sensible des bouts de seins. Il fait de même avec le deuxième téton. La pince mord une des parties les plus tendres de ma chair.
«  – Je suis fier de toi. J’aime te faire subir ça… et y assister » chuchote-il avant de retourner s’installer dans son fauteuil. Le troisième motard prend alors possession de ma bouche. Les trois hommes commencent à me pénétrer en même temps, me baisant comme s’ils étaient seuls chacun de leur côté. Déjà douloureux, mes seins ballottent, accentuant le tiraillement dû aux pinces. Je suis secouée de toutes parts, écartelée, fourragée, malmenée. Traitée comme un objet, utilisée. Réduite à un simple sac à foutre.

Et j’aime ça.

J’adore ça.

A ce moment, où mon cul et ma chatte sont remplis par des inconnus, c’est envers mon Maître que je ressens de la reconnaissance. Envers lui qui a organisé cette soirée, en mon honneur.
Les coups de butoir se font de plus en plus violents et je menace de glisser. Pourtant, ils persistent à me limer et moi, à recevoir leurs organes, sans m’exprimer. Au bout de quelques minutes, ils se dégagent un à un de moi. Ils me soulèvent à nouveau et m’assoient sur le banc de musculation, placé un peu plus loin. M’entourant, ils commencent à se branler en rythme. Comme un simple reflet, démultiplié par des jeux de miroir. Mon Maître apparaît alors dans le cercle.
« – Ouvre la bouche. »
Je m’exécute, sortant légèrement la langue. Il me fixe sans ciller alors que je reçois la première giclée de sperme. La deuxième et la troisième suivent rapidement. Il me ferme alors la bouche avec sa main droite.
«  – Avale. »
Je déglutis le peu de semence qui n’a pas atterri sur mes joues et mes lèvres. Alors, il sort un mouchoir de sa poche de costume et m’essuie le visage.
«  – Bonne fille. Reprends des forces. Ce n’était qu’un échauffement. »

 

Un grand merci à mes « consultantes » et correctrices…

 

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

3 réflexions sur « Aléna »

  1. SM mais juste ce qu’il faut ! J’aime !! Une histoire encore différente des autres, ça aussi c’est chouette !! Merci

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