Cours magistral

Assis dans mon fauteuil préféré, je fais tourner le whisky dans mon verre d’un geste machinal. Je fixe le liquide ambré, mais mon esprit vagabonde. Dans la pièce encombrée de cartons de déménagement qui me tient lieu de salon, la luminosité a baissé au fur et à mesure que le soleil d’hiver se couchait. Mais je n’ai pas bougé de mon Chesterfield. Je repense à ces dernières semaines. Quand, après des années de relation tiédasse, j’ai annoncé à Lucile que je la quittais. Que notre mariage ne rimait plus à rien depuis longtemps et que j’avais l’impression d’être déjà mort et enterré. Que je voulais vibrer à nouveau, pour une femme, une passion, n’importe quoi. Tout plutôt que me réveiller chaque matin à côté du cul serré qu’était devenue la mère de mon enfant. A 42 ans, je tapais dans la fourmilière en espérant ne pas me tromper. Je m’installais dans un trois pièces non loin de l’ancienne maison familiale pour que mon fils puisse avoir sa chambre un week-end sur deux. Je reprenais ma liberté et ma vie en main. Une vie que Virginie était venue pimenter agréablement.

                                                                       ***

Installé en salle des profs, je mâchouillais mécaniquement un jambon-beurre tout en corrigeant des copies de troisième. Un abruti m’avait écrit qu’Hitler avait été élu « chandelier ». Je fixais la feuille d’un air perplexe. Sont-ils aussi stupides que ça, ou suis-je un mauvais enseignant, en plus d’être un mauvais mari et sans doute d’un mauvais père ? J’en étais là quand Virginie déboula dans la salle et s’assit sur la chaise en face de moi. Virginie est prof de sport. Je me suis toujours demandé si ça profession était compatible avec son incroyable paire de nibards, un 95 D, au bas mot. « Corrections ? » « Humhum ». Elle ouvrit son Tupperware et en sortit un radis. « C’est vrai, ce qui se raconte ? Toi et Lucile, c’est mort ? » Je levai un sourcil vers elle, me demandant où elle voulait en venir. Virginie et moi n’avons jamais été intimes, pas au point de nous raconter nos vies en tout cas, même si nous nous entendons plutôt bien. « Ouais. Me suis pris un appart. » Elle croqua dans son radis et, les yeux baissés, me lança : « malheureux ? » Je pris le temps de la réflexion et préférai répondre honnêtement à sa question : « Non, pas vraiment. Engourdi, plutôt. » Elle releva les yeux et les plongea dans les miens. « Ce qu’il te faudrait, c’est tirer ta crampe. Ca te remettrait d’aplomb. » Goguenard, je lui répondis « tu connais quelqu’un qui se dévouerait ? » « Moi, si ca te dit. Penses-y. » Et elle avait enfourné le reste de son radis d’un coup de langue sans équivoque, avant de refermer son Tupperware et de tourner les talons. Je restais de longues minutes interdit, bien après que son cul musclé moulé dans son jogging ait quitté mon champ de vision.

                                                                       ***

La première fois qu’on a couché ensemble, j’ai eu le malheur de lui demander comment c’était. Elle avait éclaté de rire, ce qui avait légèrement froissé mon ego de mâle. Se rendant compte de ma vexation, elle s’était redressée sur un coude et avait posé sa tête dans sa main gauche. De la droite, elle avait commencé à me caresser les poils du torse, à tirer dessus et à faire des arabesques de ses doigts longs et fins. « Ne le prends pas mal, mais… tu fais l’amour à la papa. »

Elle aurait voulu me la couper, elle ne s’y serait pas prise autrement. Déjà que je me demandais ce que je foutais à sauter une fille de 15 ans de moins que moi, si elle me faisait ressentir notre différence d’âge, autant me draper dans ma dignité et me casser tout de suite. Elle enleva sa main droite de mon poitrail et rejeta une mèche souple et blonde qui frôlait son sein droit. Ce geste me détourna quelques instants de ma contrariété. Putain de seins. « Christophe, je ne suis pas ta copine, je suis ton plan cul. Pas de pression entre nous, on est juste là pour se faire du bien. Tu t’es ennuyé au pieu pendant 15 ans, c’est le moment de te lâcher, non ? »

Et nous nous sommes lâchés, ces trois dernières semaines. Sacrément, même. J’ai parfois du mal à suivre, mais plutôt crever que d’avouer que je suis vieux jeu ou tout simplement que j’ai besoin de temps de récupération. Cette fille est sans tabou, insatiable, folle de sexe. Elle me propose des choses que je ne pensais possibles que dans mes séances de masturbation. Toujours dans mon Chesterfield, je jette un œil à mon portable. Dans son dernier texto, elle a marqué : « Soirée fantasme ce soir. Chez toi, 21h. »  Je recommence à faire tourner le whisky dans le verre. Quand j’entends l’interphone, j’avale l’alcool cul sec  et je me lève. Est-ce que c’est un de ses fantasmes ou un des miens que nous allons réaliser ce soir ?

Un des siens, j’espère. Ils sont plus tordus que les miens. Et ce soir, j’ai envie d’une baise torride.

                                                                       ***

Je suis adossé au chambranle de la porte, arborant un air qui se veut nonchalant, quand la porte de l’ascenseur s’ouvre. Quand Virginie en sort, j’ai du mal à la reconnaître. Elle porte des talons hauts et un tailleur-jupe bleu à fines rayures blanches. Ce qui me semble être une chemise blanche et qui est souffre atrocement au niveau du bouton entre les seins. Une paire de lunettes avec laquelle je ne l’ai jamais vue auparavant, et qui, à mon avis, n’est absolument pas correctrice. Mais c’est sa coiffure qui me surprend le plus. Elle a ramené ses grosses boucles souples en un chignon bas et a une frange, alors qu’elle n’en porte habituellement pas. Sans doute un postiche, mais j’ai du mal à me faire une idée. Elle est extrêmement maquillée, contrairement à son habitude. Pour dire la vérité, je suis dérouté par la femme que j’ai en face de moi. Je sais que je la connais, mais elle me montre une facette d’elle qui m’est inconnue. Elle pénètre dans l’appartement en me frôlant. Je referme la porte derrière elle. « J’ai ramené les contrats dont vous aviez besoin d’urgence, monsieur. » Elle me tend une pochette, avec un regard suppliant, genre « joue le jeu, s’il te plait. » Je souris devant tant de bonne volonté. « Et qu’attendez-vous de moi, mademoiselle ? » Elle se penche vers moi. Je me perds dans son décolleté. « De la sévérité, monsieur. » Je déglutis. Je commence à être sacrément excité par cette petite délurée. J’attrape la pochette qu’elle me tend toujours et je l’ouvre. Elle ne contient que des feuilles blanches. « Je trouve que votre travail laisse à désirer, mademoiselle. Et ce n’est pas la première fois que je vous le dis. Je pense donc qu’il va falloir marquer… votre esprit. » Elle rosit sous son maquillage de poule de luxe et commence à battre des cils. La voir minauder ainsi me fout le feu. « Si vous pensez que c’est nécessaire, monsieur, je me plie à votre jugement. C’est vous le patron. » Je ressens d’agréables tiraillements dans le bas ventre. Ma virilité est en train de se réveiller. Je vais lui montrer que je ne fais pas l’amour à la papa, à cette petite salope. Je referme la pochette et je me rapproche d’elle. Instinctivement, elle recule d’un pas. Et se met à glousser. « Cela vous fait rire, mademoiselle, de me rendre du travail fait par-dessus la jambe ? » Elle rebaisse les yeux pudiquement, mais continue à sourire. Putain, ce qu’elle m’excite dans ce rôle. Je l’attrape par la main et la tire derrière moi jusqu’à ma chambre. Quand je me retourne, elle attend sagement que j’amorce les choses. Je ne sais pas trop comment m’y prendre, même si je commence à la connaître suffisamment pour avoir une idée de ce qu’elle a derrière la tête. « Quand je vois la piètre qualité de votre travail, j’ai la main qui me démange, mademoiselle. » Elle baisse la tête. « Je comprends tout à fait, monsieur. Je vous ai déçu. Faites ce que vous avez à faire. » Je me sens con, là, planté dans ma chambre, avec une fille qui se la joue soumise. Je sais qu’elle est excitée. Virginie m’a avoué avoir un penchant pour le sm soft et réclame souvent une claque sur le cul quand je la prends par derrière. Mais là, maintenant, tout de suite, je me sens gauche. Elle finit par relever les yeux, se demandant sans doute ce que je branle. Et je le vois. Ce regard déçu qui signifie clairement « je savais que t’avais pas de couille. » D’un coup, tout se mélange. La colère, l’excitation, et la gentille douleur qui irradie de ma queue, elle aussi pressée que je prenne une décision. Je me laisse tomber assis sur le lit et l’attire à moi sans ménagement. Je la bascule sur mes genoux et je l’installe tant bien que mal. Merde, j’aurais dû relever sa jupe avant de la mettre en travers de mes jambes. Je la cale à moitié sur le lit, à moitié sur moi, et je fais courir ma main sur ses bas, jusqu’à la lisière en dentelle, jusqu’à la naissance de ses fesses. Sa respiration devient saccadée et elle s’agite légèrement sous moi. J’attrape ses mains et lui ramène les bras dans le dos. « Hum, tout doux… Quand on est une vilaine fille, on assume. » Et j’abats ma main pour la première fois. Pas très fort, mais cela claque plus que je n’aurais cru. Elle tressaille. Mais ne dit rien. J’en conclus que je peux continuer et le deuxième tombe. Elle gémit, d’un gémissement très explicite. Je libère sa main droite. « Caresse-toi. » Elle glisse sa main vers son minou et m’obéit. Je lui claque le postérieur encore trois fois, à différents endroits. Quand ses fesses sont roses partout, je décide que ca suffit. Je la bascule intégralement sur le lit et je l’installe la tête dans le matelas, tournée sur le côté droit, et les fesses en l’air. « Tu aimes être attachée ? » Elle acquiesce, sans me quitter des yeux. Je me dirige vers mon tiroir à cravates et j’en tire deux qui ne craignent rien. Je retourne à Virginie, qui n’a pas bougé d’un poil. Je lui enlève son string et la repositionne. Puis j’attache ses poignets à ses chevilles et vérifie que les liens, sans la blesser, sont assez serrés. « Oh, monsieur est très en colère contre mon manque de professionnalisme… » roucoule-t-elle. « Tu n’as pas encore vu à quel point. » J’ouvre le tiroir de ma table de nuit et en sors mon tube de lubrifiant. J’en mets sur les doigts de la main gauche et je commence à explorer sa raie. Elle frémit. « Ne fais pas ta pudique, je sais que tu adores. » Je palpe les globes de chair ferme. Elle est très fière de son cul et faut bien dire qu’elle a toute légitimité. Après avoir caressé les pourtours de son anus, j’y enfonce un doigt. Puis deux. Je la détends de l’intérieur, je la prépare. Elle commence à gémir vraiment fort, à faiblir sous mes doigts. De ma deuxième main, je décide de lui taquiner le clitoris. A la réflexion, c’est un vrai bonheur de l’avoir à ma merci, offerte comme ça. Je n’ai qu’à me servir. Je baisse la fermeture éclair de mon pantalon tout en me repenchant vers la table de nuit. Je chope une capote, dont je déchire l’emballage avec les dents. Ma queue est ravie d’être enfin mise à contribution, même si je l’emballe dans du plastique. Je me positionne et d’un coup de rein, je rentre jusqu’à la garde. Elle pousse un cri de surprise et de douleur. Je me recule et l’empale à nouveau. Au bout de trois allers-retours, je la sens venir à la rencontre de mes coups de butoir. J’accélère le mouvement, je la prends à fond, et plus je kiffe plus elle semble excitée. « Tu aimes ? » « Oh oui, c’est bon, ce que tu me fais… »  « Tu veux finir comment ? » Elle grogne sous mes poussées. « Repeins-moi le cul. » Ses désirs sont des ordres : j’ai à peine arraché la capote que je jouis sur ses fesses, en longs jets chauds. Puis, je décide de la caresser vigoureusement pour qu’elle ne reste pas en carafe. En quelques minutes, je la sens se crisper, et c’est sans un bruit qu’elle prend son pied.

                                                                       ***

Après lui avoir essuyé les fesses, j’ai libéré Virginie de ses entraves. Elle est en train de se frotter les poignets et je n’ose pas la regarder. Je n’ai jamais été brutal avec une femme. Et autant comme on peut se laisser emporter dans l’action, autant comme maintenant, après coup, j’assume moyen. Par contre, je la sens me fixer. Quand tout à coup, elle lâche : « ben toi, putain, tu caches bien ton jeu. T’es un sacré vicelard. » Je me rends compte qu’elle sourit en disant cela. Je lui souris en retour. Ca y est, elle me les a rendues, mes couilles.

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

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