Cadeau d’anniversaire

J’écrase ma cigarette avec une main légèrement tremblante. D’un geste, je remonte mon kimono en satin noir sur mon épaule. Il ne fait pas spécialement froid en ce début de soirée de juin, sur le balcon abrité de la brise. Seb passe la tête entre les portes fenêtres. « Tout va bien ? » J’opine du chef, un peu trop vigoureusement pour être crédible. Il s’appuie au battant, croise les bras sur sa large poitrine et penche la tête sur le côté, tout cela sans me quitter de son regard pénétrant. « Tu sais qu’on peut toujours changer d’avis, princesse ? Que tu n’es pas forcée de faire quelque chose qui te déplait ? » Je réajuste à nouveau mon kimono sur ma guêpière noire, plus pour me donner une contenance que pour me couvrir réellement. « Je sais. J’en ai envie. Je suis juste nerveuse » ajoute-je avec un clin d’œil. Il finit par me rendre mon sourire, après quelques minutes d’observation encore. Quand je fais mine de descendre la marche séparant le balcon de la cuisine, il me tend la main pour que je ne dérape pas, juchée sur des escarpins en satin noir de 12 cm. L’interphone sonne à ce moment-là. Je plonge mon regard dans le sien. Il finit par se détourner de moi pour aller décrocher. De dos, je regarde les muscles de ses épaules, qui lui demandent tellement d’efforts à entretenir. Mes yeux suivent sa colonne vertébrale jusqu’à ses fesses pommelées. Quand il appuie sur le bouton d’ouverture, je sors de ma rêverie. Je secoue mes boucles auburn, remonte mes seins avec les deux mains, et je fais quelques pas vers la porte.

 

                                                                        ***

Elle entre et mon cœur s’accélère. Mon cadeau d’anniversaire, choisi par Sébastien sur Internet, via un réseau de petites annonces spécialisées. Elle est brune et pulpeuse. Elle ne pourrait pas être plus désirable. Mon amoureux connaît décidément bien mes goûts. Elle me regarde droit dans les yeux et s’avance en souriant, après avoir jeté à peine un regard à celui qui partage ma vie depuis maintenant 7 ans. « Claire, c’est ça ? Je suis Julia ». Elle se penche pour m’embrasser, à moitié sur la joue, à moitié sur les lèvres. Comme une bise qui aurait dérapé. Quand elle se recule, son sourire m’avoue que c’est fait exprès. Elle me jauge. Je souris à mon tour. « Tu es magnifique. » Elle éclate de rire, un de ces rires de gorge très méridionaux. Elle a l’air d’une actrice italienne des années 50. « Merci du compliment… Et tu n’as pas encore tout vu. » J’avance la main vers elle, j’attrape le revers de sa veste noire. En la frôlant, je la contourne, tout en enlevant la veste que je jette sur le fauteuil le plus proche. « Tu sais pourquoi tu es là ? » Elle souffle, alors que je me replace devant elle, campée sur mes talons. « Je suis une expérience… je suis là pour toi. Sébastien m’a dit que c’était toi qui mènerais la danse, que c’est ton fantasme. » Je me tourne vers Seb. Il n’a pas bougé. A mon signe de tête, il comprend que je ne reculerai pas. Il s’avance vers nous et bifurque au dernier moment vers le fauteuil. Après avoir décalé la veste, il s’y installe. Il croise les jambes et nous regarde. Il attend le début du spectacle.

 

                                                                        ***

Le cœur battant, j’avance la main vers l’épaule dénudée de Julia. Elle porte un caraco en soie écru, dont je fais glisser la bretelle. Elle frissonne. Je recommence à la contourner. Une fois derrière elle, je fais basculer le rideau de cheveux noirs du dos à l’épaule droite. Et je souffle dans sa nuque pour en dégager les derniers cheveux. Je dépose des baisers entre sa nuque et l’épaule et commence à flatter ses fesses de la main droite, par-dessus sa jupe noire moulante. Au-dessus de son épaule gauche, je regarde Sébastien, toujours dans son fauteuil. Il ne bronche pas. Je sais qu’il attendra que je l’invite, si je veux qu’il nous rejoigne. Sinon, il se contentera de regarder. Savoir que j’ai le pouvoir m’électrise. Ma main quitte les fesses de Julia pour glisser le long de sa taille, sur son ventre, sur ses seins. Je fais glisser le caraco au-dessus de sa tête et les cheveux retombent en cascade sur ses épaules. Je la prends dans mes bras. Et je l’embrasse. D’abord timidement. J’effleure ses lèvres, je prends mon temps. Elle me répond en avançant la langue. Cette langue dans ma bouche n’a rien à voir avec celle d’un homme. Plus fine, plus douce… Même la salive ne semble pas avoir la même consistance. Je suis décontenancée, mais sa main qui remonte le long de mes bas me ramène à la réalité. Elle glisse ton bras dans mon dos, me maintient plus fort, plus serré, contre elle. Son baiser se fait plus profond, sa main plus précise. Elle se recule pour reprendre son souffle. « Tu as déjà été avec une femme, Claire ? » Je fais non de la tête. Elle sourit. « Amène-moi dans ton lit ».

 

                                                                        ***

 

Je la tiens par la main quand on franchit le pas de la porte de notre chambre. Celle qui est d’habitude réservée à nos ébats, à Seb et à moi. Voire aux pyjamas parties avec mes meilleures amies, quand l’unes d’elles a besoin de réconfort. Mais c’est la première fois que je vais déshabiller une femme dedans. Quand je me retourne, Julia balance ses chaussures dans un coin de la pièce et jette ses mains dans son dos. Elle descend la fermeture éclair de sa jupe quand Seb apparaît dans l’embrasure de la porte, derrière elle. Il en profite clairement pour mater son cul et c’est le premier de nous deux qui réalise qu’elle porte un string écru, assorti au soutien-gorge et au caraco. La jupe glisse le long de ses jambes fuselées, couleur caramel au lait. Ma peau laiteuse fait un sacré contraste quand elle revient se coller à moi et que ses mains commencent à caresser mes seins à travers ma guêpière. Sa main droite se glisse entre mes jambes. Je les referme d’instinct, peu habituée à ce contact. Elle soulève un sourcil interrogatif. Je l’embrasse pour la rassurer. J’ai toujours envie, c’est juste que je suis timide. Elle retente une approche. Cette fois je ne bouge pas quand elle écarte le tissu de ma culotte pour glisser ses doigts à l’intérieur. Je soupire dans sa bouche. Elle enfonce un doigt en moi. Je suis trempée. A mon tour je fais passer ma main de son ventre à son bas ventre et je cherche son clitoris. Ondulant du bassin, elle me guide. Quand je le trouve, elle gémit. Nous commençons à nous caresser mutuellement. J’en oublierai presque la présence de Seb, qui n’a pas manqué une miette de la scène. C’est quand Julia me bascule sur le lit que je me rends compte qu’il est assis sur le rebord. Elle commence à descendre le long de mon corps et fait rouler ma culotte jusqu’à mes pieds. Puis sa langue plonge dans mon intimité. En douceur, mais avec appui. Elle connaît le corps d’une femme, elle sait comment s’y prendre. En quelques minutes, je commence à trembler. Je tourne la tête vers Seb. Il essaie d’avoir l’air impassible, mais je vois qu’il commence à bander sévère.

Je ferme les yeux, tout à ce que me fait Julia. Elle arrête et remonte, pour me chuchoter à l’oreille : « et toi, tu veux essayer ? » Je la retourne sur le dos et m’attaque à son string. Je suis rapidement nez à nez avec un sexe de femme épilé. Je le parcours de mes doigts. J’agace le clitoris avec l’ongle de mon majeur, je le pince gentiment entre mon pouce et mon index. Je glisse un doigt à l’intérieur d’elle, puis deux. Elle est chaude et humide. Mes doigts commencent un va et vient, frottant la paroi antérieur, alors que ma langue s’approche timidement de son clito. Et je commence à la lécher. Je sens que la tension devient palpable, aussi bien du côté de Seb que de celui de Julia. Mon cœur s’accélère, je m’applique et la jolie brune commence à gémir plus bruyamment. Elle finit par m’arrêter en me caressant la tête. « On va essayer de se faire plaisir en même temps. » En appui sur mes avant-bras, je remonte le long de ses courbes et l’embrasse à nouveau. Sa main se faufile jusqu’à mon bas-ventre, je fais de même. Quand elle accélère le rythme de ses caresses, j’intensifie le mien. En quelques minutes, je ressens les premiers spasmes annonciateurs de l’orgasme. Quand je la sens se crisper sous moi, j’explose. Je l’embrasse une dernière fois et je lui souris. Puis je regarde Seb, toujours immobile à la tête du lit. La question, maintenant, c’est… qu’est-ce qu’on va faire de lui ? On l’invite… ou on recommence à deux, elle et moi ?

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Auteur : Aurore Baie

J'aime écrire. A vrai dire, c'est mon métier. Mais on écrit pas toujours ce qu'on l'on veut, au boulot. Alors je m'offre ici une salle de jeu... Bienvenue dans mon recueil de nouvelles érotiques! Il va sans dire que tous les textes publiés ici sont des créations originales... Pas touche sans accord ! Merci !

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