L’organisateur

Pénélope serra fort la main de son compagnon, alors qu’ils slalomaient entre les quelques voitures stationnées. Quand la porte s’ouvrit, elle hésita une poignée de secondes avant d’entrer. Ses yeux durent s’habituer à la pénombre qui régnait dans l’entrée, après le grand soleil qui inondait le parking du club en cet après-midi de semaine. Elle tremblait un peu. Stan avait exigé qu’elle pose sa journée sans lui donner plus d’explications, mais elle savait que ça avait un rapport avec sa demande, un mois auparavant, de lui rédiger la liste de ses fantasmes les plus hard. Après trois années ensemble, ils en avaient connu, des expériences. Mais Stan n’était pas sûr qu’elle ose se lâcher autant qu’il l’espérait. Il sentait que certaines choses lui étaient interdites, et il voulait faire péter les verrous. Lui prouver que, quoi qu’elle puisse dissimuler dans les méandres de son imagination, quels que fussent les images choquantes sur lesquelles elle s’astiquait frénétiquement quand elle se faisait l’amour, rien ne changerait entre eux. Ils s’appartenaient en étant libres, ils s’estimaient l’un l’autre. Il ne la jugerait jamais. La liste avait été difficile à rédiger. Il avait jeté un œil quand elle lui avait tendu, les yeux baissés.
– Tu t’es censurée. Recommence.
Elle avait fourni une autre liste, un peu plus étoffée. Un peu plus sombre, encore. Mais elle n’avait pas pu lui donner en face. Elle avait juste laissé la feuille sur son oreiller un matin et avait vérifié, le cœur battant, qu’elle n’y était plus le soir. Ils n’en n’avaient plus reparlé, mais elle connaissait Stanislas. Et la venue dans ce club libertin aujourd’hui avait un rapport avec certains des fantasmes qu’elle avait ajouté en se demandant si, cette fois, elle continuait à s’autocensurer ou si elle avait réellement marqué noir sur blanc tout ce que son cerveau contenait de plus vicieux.
Un homme les attendait dans l’entrée. Il tenait à la main un bloc-note et tendit la main à Stan en souriant.
– Monsieur, Madame… Tout est prêt. Veuillez me suivre, je vais vous installer.
Pénélope baissa les yeux, par pudeur. Stan balayait du regard la décoration, alors qu’ils pénétraient plus profondément dans les entrailles du club. L’homme les fit monter à l’étage et emprunter deux couloirs. Pénélope remarqua des alcôves, certaines fermant, d’autres non. Parfois, il y avait un peu de mobilier, un lit rond, des miroirs, mais quelques pièces semblaient plus dépouillées : un matelas par terre ou juste quelques caisses empilées. Elle crut apercevoir une croix de Saint-André et frissonna. Était-elle là pour le fantasme numéro 6 ou pour le 8 ? Et s’il avait choisi le 4 ? Non, le 4 était trop sage. Il ne l’aurait pas emmenée dans un endroit dédié au sexe pour quelque chose qu’ils auraient pu faire à la maison, avec beaucoup d’alcool. Elle frotta son bras. Stan la regarda.
– Tu as froid ?
Elle secoua la tête en souriant. Elle avait plutôt chaud, avec les bas auto-fixants qu’il lui avait imposés. Enfin, l’homme s’arrêta devant une porte, qu’il déverrouilla. La pièce était un peu plus grande que les cellules devant lesquelles ils étaient passés. Il y avait un canapé dans un coin, un buffet avec des boissons et des trucs à grignoter contre un mur, des petites lampes un peu partout. Et au milieu, un cheval d’arçons noir.
– Vous pouvez régler la lumière en allumant tout ou partie des lampes. Mais les ampoules du faux plafond sont également dotées d’un régulateur.
– Pas besoin. Nous mettrons les lumières au maximum. Elle n’est pas pudique.
Pénélope déglutit. Oh que si, elle était pudique. Mais pudique pour quoi, exactement ?
L’homme entraîna Stanislas dans un coin et ils réglèrent visiblement les derniers détails. Pénélope regardait son amant, qui ne la quittait pas non plus des yeux, avec un petit sourire. Elle avait peur… mais en même temps, elle savait qu’elle ne risquait rien. Tant que Stan était là, rien ne pouvait arriver.
– Eh bien je crois que nous sommes bons. Je vous laisse, vous avez cinq minutes.
L’homme la regarda une dernière fois et inclina la tête. Il sourit chaleureusement. Pas de jugement. De la bienveillance, juste. Alors que lui, visiblement, il savait pourquoi ils étaient là. Elle se sentit mal à l’aise mais lui rendit son sourire. Puis, ils furent seuls.
Stan s’approcha d’elle et la prit dans ses bras. Puis, avec l’index, lui souleva le menton.
– Rien ne te sera fait sans ton consentement. Un mot, et on arrête tout.
Elle se força à sourire, mais avait conscience que son regard était fuyant.
– On peut même arrêter tout maintenant. On peut… tout. D’accord ?
Elle hocha la tête.
– Tu sais, ma chérie, que j’ai bien compris, en lisant ta liste, qu’il y avait des choses que j’étais incapable de te donner. Que je ne pouvais pas te faire. Ce n’est pas… dans ma nature. Mais je peux regarder d’autres te les faire. Et m’assurer que tout se passe bien. Que tu vives tes fantasmes en toute sécurité.
Elle leva enfin les yeux vers lui. La pression s’allégea un peu. Mais son cœur loupa un battement quand quelqu’un frappa à la porte. Stan lui sourit.
– C’est parti… Entrez !
La porte s’ouvrit et laissa passer un homme. Puis un autre. Encore un. Au bout de quatre, elle arrêta de compter. C’était le fantasme numéro 7. Elle avait envie de vomir, à cause du stress. Mais elle comprit qu’elle était aussi excitée.
Très excitée.
Stan s’avança au milieu de la pièce et se mit à parler. Fort. Une sorte de Monsieur Loyal pervers, au milieu de toute cette testostérone.
– Messieurs, bienvenue. Je sais que notre gentil organisateur vous a indiqué ce que nous attendons de vous, mais je crois qu’il est bon de le rappeler. Et que notre invitée d’honneur l’entende, à haute et intelligible voix. Pour qu’elle sache qu’elle ne sera cet après-midi rien d’autre que votre sac à foutre.
Pénélope eut le sentiment d’être giflée. Les hommes la regardaient en souriant, certains avec un air un peu mauvais. Ce n’était qu’un jeu, elle le savait. Et l’humiliation ajoutait à l’excitation.
– Je vous présente ma petite chienne. Que je mets gracieusement à votre disposition, pour que vous usiez de ses trous. Pas besoin de vous donner son prénom, vous pouvez l’appeler salope, ça sera bien suffisant.
Stan se tourna vers elle. Son regard était interrogatif. Elle le soutint. Il se détendit. Puis, reprit son air de dominant, de propriétaire goguenard.
– Montre la marchandise, chienne.
Lentement, elle défit les boutons de sa robe. Elle comprenait pourquoi il avait choisi cette petite chose si légère, si printanière, qui s’ouvrait par devant. Pourquoi il avait demandé qu’elle ne porte pas de lingerie, hormis ses bas, qui formaient du coup un contraste étrange avec le tissu fleuri du vêtement. Elle se retrouva nue, en bas et talons, devant une douzaine d’inconnus.
– Les mains sur la tête. Et écarte les jambes. Que nos invités puissent faire le tour du propriétaire.
Elle obtempéra. Les hommes s’approchèrent. Pour l’instant, ils restaient à distance, se contentant de la contourner, d’observer ses courbes. Ses seins un peu lourds mais mis en valeur par la position. Son cul rebondi. Ses jambes longues.
– Je vous rappelle les règles, Messieurs. Notre amie aime se faire casser le cul. Et prendre dans la bouche. Voilà votre territoire, cet après-midi.
Un homme s’approcha d’elle et la fixa droit dans les yeux. Il devait avoir une cinquantaine d’années. Le cheveu gris, le ventre gonflé par un peu trop de repas d’affaires, sans doute. Un faux air à DSK.
– Alors comme ça, on veut prendre dans son petit trou de salope, ma jolie ?
Il plaqua sa main contre son pubis. Bientôt, elle sentit un doigt la fouiller devant. Puis un autre, derrière. Le type pinçait les doigts à l’intérieur d’elle.
– Ca m’a l’air bien serré, tout ça. Je crois que je vais passer le premier, avant que ton cul ne soit tellement dilaté que je ne puisse plus rien sentir en te labourant.
Il se pencha vers elle et lui murmura à l’oreille.
– C’est aussi un service que je te rends, à toi. Je ne crois pas être le plus gros de mes camarades. Je ne voudrais pas que ce joli petit cul soit abîmé dès la première demi-heure.
Il retira ses doigts d’elle, et lui fourra dans la bouche. Elle reconnut le goût de son sexe, puis celui de son cul.
– Ne fais pas cette mine dégoutée. Tu connais la blague, hein. C’est quoi la différence entre une salope et une grosse salope ? La salope, elle te suce, et puis, après, tu l’encules. La grosse salope, tu l’encules… et APRÈS elle te suce. Et on sait tous, dans cette pièce, que tu es une grosse salope.
Le mec était répugnant. Ca aussi, ça faisait partie du fantasme. L’idée n’était pas de se faire troncher par des mecs avec des abdos dessinés. Non. C’était d’être utilisée comme une putain par le premier venu. D’être un réceptacle, ni plus, ni moins. Elle savait qu’elle mouillait déjà abondamment et, si une petite voix intérieure lui disait qu’elle devrait en avoir honte, elle se força à la faire taire. Elle se battait contre ses démons, contre elle-même. Accepter sa perversité, c’était s’accepter elle, dans son intégralité. Et c’était l’objectif de Stanislas.
En la fouillant, DSK avait visiblement ouvert les hostilités. Pénélope sentit des mains la palper, pincer ses tétons, soupeser ses seins. Certaines mains étaient rugueuses, appartenant sans doute à des hommes exerçant des activités manuelles. Elle ne regardait pas les propriétaires de ces mains. Elle ne voulait pas pouvoir reconnaître l’un de ces hommes, plus tard, en traversant une rue, en faisant ses courses. Une claque vient rebondir sur son cul. Certains hommes se déshabillèrent à la hâte et commencèrent à se branler frénétiquement. Elle ne les voyait pas. Elle ne quittait pas Stanislas des yeux, derrière le groupe. Son attitude avait imperceptiblement changée. Même s’il était toujours attentif à elle et surveillait, de loin, les gestes qu’on pouvait avoir sur son corps, ses yeux brillaient. Il était excité. Ce qui excita encore plus Pénélope. Elle savait que Stan était candauliste. Il l’avait déjà regardée baiser avec un autre homme. Mais là, il la livrait à une meute.
Soudain, elle sentit qu’on l’agrippait et qu’on la soulevait de terre. Elle se laissa faire, objet sexuel dénué de volonté propre. Elle se laissa installer sur le cheval d’arçons, nez contre le cuir odorant, fesses offertes, chevilles attachées aux pieds de l’engin.
– Un de ces messieurs va te chauffer un peu le cul, avant que nous ne commencions.
La voix de Stan lui paraissait étouffée. Elle voulut se retourner, mais on lui maintenait les épaules. Le premier coup fut doux. Presque une caresse. Il lui fallut attendre le troisième pour que son esprit déboussolé mette en images ce qui se passait. Quelqu’un lui donnait des coups de martinet. Le fantasme numéro 9. Des souvenirs d’enfance remontèrent, qu’elle refoula vite. Les lanières zébraient sa peau, s’insinuaient entre ses fesses, sur son sexe. Certains coups plus vicieux semblaient justement viser ce dernier. Elle trembla de désir. Elle savait que cela faisait partie des fantasmes que Stan refusait de réaliser, parce qu’il n’aimait pas la souffrance, sous toutes ses formes. À cet instant précis, elle aurait voulu lui dire que ce n’était pas de la douleur. Juste une caresse un peu appuyée, une chaleur diffuse, qui faisait monter le sang à ses fesses, pour les rendre plus sensibles. Le fouetteur montait doucement en intensité, mais s’arrêta avant que la douleur ne devienne désagréable. Elle reprit son souffle alors qu’il y avait de l’agitation, derrière elle. On lui palpa les fesses, des commentaires fusèrent sur la température de son cul. Elle entendait tout dans un brouillard. Elle n’était plus vraiment là, juste perdue dans ses sensations.
– Écarte-toi.
La voix de DSK. Elle ferma les yeux, le buste contre le cuir froid, et plaça ses mains sur ses fesses. Elle sentit un gel tiède couler entre ses globes charnus. L’homme la badigeonna de lubrifiant, doigta son cul. Ses gestes étaient appliqués, précautionneux. Malgré son air de con, il ne voulait pas lui faire mal. C’était un jeu. Ils jouaient tous un rôle. Juste pour qu’elle mouille à mort.
Bientôt, elle sentit qu’on poussait à l’entrée de son cul. Doucement. Sa rondelle se détendit petit à petit. Elle ouvrit les yeux et vit que Stan avait contourné le cheval, tout en restant à distance. De sa position, il pouvait surveiller, mais aussi, regarder son visage. Quand le sexe de l’homme fut entièrement en elle, il ressortit lentement. Puis il l’attrapa par les épaules et s’enfonça, fort, jusqu’à la remplir. La douleur lui agrandit les yeux. Mais juste un instant. Elle savoura la sensation d’être pleine. La voix de DSK lui parvint au milieu de tout ça.
– Tu es bonne, salope. Serrée. Tu verras, quand on te sera tous passé dessus. Tu sentiras ton cul pendant des jours.
Il la pilonna avec force et régularité. Elle gémit. Alors, l’un des participants entreprit de lui caresser le clito. Stan s’approcha.
– Tu es bien ? Ça fait quoi, d’être la dernière des trainées ?
Elle lui sourit. Il lui caressa la tête, comme on flatte un animal, et recula d’un pas. Pénélope sentit l’homme se retirer. Il se plaça devant sa tête et retira la capote qu’il portait. Il la jeta dans une poubelle sous le cheval.
– Tu pourras compter le nombre de queues qui t’ont pris le cul, comme ça… Suce, maintenant.
Pénélope ouvrit la bouche. Mais elle n’avait pas encore englouti le membre qu’elle sentait qu’un autre prenait place entre ses fesses. Entre les deux hommes, elle ne put maintenir sa position, elle avait peur de basculer. Elle lâcha ses fesses et s’accrocha au cheval, bouche et cul distendus, ballotée comme un pantin lubrique. DSK se laissait faire, poussant parfois son sexe vers la gorge, mais veillant à ne pas l’étouffer. Puis il se retira et commença à se masturber. Son sperme jaillit bientôt sur la mâchoire de la femme, sur son épaule, coulant sur ses seins écrasés sur l’accessoire de gym. Dans un soupir, il lui caressa les cheveux.
– Gentille chienne.
Puis il s’écarta. Elle regarda Stan. Il souriait. Elle grogna sous un coup de butoir plus fort que les autres, sans le quitter des yeux. Ils avaient beau être nombreux dans cette salle, en réalité, il n’y avait qu’elle et lui.
L’homme derrière elle se retira, vient se placer devant son visage, enlever son préservatif, lui coller sa queue dans la bouche, avant de jouir sur ses seins. C’était donc ça, la boucle infernale. Ils avaient eu des consignes très précises. Maintenant qu’elle savait exactement ce qui se passerait, elle se détendit. Jusqu’au moment où un vrombissement se fit entendre dans son dos. Un Wand fut appliqué contre son clito alors qu’une queue la distendait. Elle hoqueta. Le mec derrière elle la défonçait littéralement, beaucoup moins tendre que les deux précédents. Mais avec le sextoy, elle était carrément en orbite. Elle tapa trois orgasmes avant que le troisième homme ne vint se placer devant sa bouche. Un peu à côté de la plaque, elle suça mollement le gland qui frottait ses lèvres. Stan arriva, mimant la colère.
– Que crois-tu, chienne ? Cet homme vient de te faire jouir et tu ne lui rends pas la politesse ? Tu veux me faire honte ? Faire croire que je ne t’ai pas bien dressée ?
L’espace d’un instant, elle eut un peu peur. Mais le regard de son amant ne trompait pas. Jamais. Il lui fit un clin d’œil.
– Non… je… pardon.
– Mieux que ça, sac à foutre.
Il l’attrapa par les cheveux, lui renversa la tête en arrière.
– Je veux que tu dises merci à toutes ces queues.
– Merci… merci….
– Mieux que ça, pute.
– Merci de… de m’enculer si bien. Si fort.
Sa voix n’était qu’un murmure. Stan tira plus fort sur la chevelure. Elle répéta, un ton au-dessus. Certains participants apprécièrent l’aveu et le firent savoir bruyamment. Visiblement satisfait, Stan claqua des doigts. Bientôt, le visage de Pénélope fut entouré de queues, de mains. Des glands se frottaient à ses lèvres, à ses joues. Ca sentait le sexe, la transpiration, le stupre.
– Tire la langue, chienne.
Elle obtempéra, dardant la langue, essayant de lécher les queues qui se défilaient, s’éloignaient pour mieux revenir la narguer, au milieu des ricanements. Elle ne voyait que des glands luisants, des poils et des peaux de toutes les couleurs.
– Bien… Tu es obéissante. Ouvre.
À peine les mâchoires furent-elles écartées que les queues s’engouffrèrent, les unes après les autres, lui faisant tourner, perdre, la tête. Ils la tenaient par les tempes, se la refilant comme un ballon dans un jeu d’équipe pervers, alors qu’elle gobait ce qui lui était mis sous le nez, en gémissant. Un petit malin déclencha le Wand, plus bas. Elle devint molle entre les mains des joueurs, entre les doigts qui lui écartaient la bouche plus grand encore. Elle avait du mal à se concentrer sur ce qu’elle faisait, sollicitée de toutes parts. Elle crut jouir à nouveau, quand, d’un second claquement de doigts, tout s’arrêta. Les sexes disparurent, l’infernale machine s’arrêta. Elle posa le front sur le cuir. Le sperme séché dans son cou tirait sur sa peau.
– Eh… Ça va ? Tu as besoin d’une pause ?
Pénélope rouvrit les yeux et regarda Stanislas. Un sourire vint lentement étirer ses lèvres. Stan éclata de rire.
– La salooooope… Elle en veut encore, messieurs ! Elle est affamée de queues, ne la laissez pas sur sa faim !
Une nouvelle sodomie, une nouvelle queue dans sa bouche. Elle ne s’appartenait plus. Elle ne savait pas à qui étaient ces membres auxquels elle donnait du plaisir. Elle s’en foutait. Elle était un garage à bites, un réceptacle à foutre. Elle était perdue dans ses sensations, dans les insultes qui fusaient régulièrement à ses oreilles, dans les commentaires sur la capacité que son cul avait à encaisser les coups de butoir. Stan s’accroupit à côté d’elle, son portable à la main. Elle tourna la tête vers lui, comme en état d’ébriété avancé.
– Regarde. Regarde ton cul dilaté.
Il fit défiler les photos. Différents pénis en place. Le trou, écarté. Et même une micro vidéo, quelques secondes de pilonnage en règle. Elle n’avait même pas eu conscience qu’il la photographiait. Ou que quelqu’un, à un moment, avait écarté ses fesses pour faire admirer à tous la dilatation de son anus. Elle le fixa et répondit, la bouche pâteuse.
– Et ça te fait bander, pas vrai ?
Stanislas la regarda fixement.
– À ton avis ?
– Mon avis ? Tu as envie de me la mettre.
Stan sourit en secouant la tête et se releva. Pénélope savait qu’elle avait touché juste.
Il claqua des doigts.
– Plus fort, derrière. La dame s’ennuie.
Aussitôt, l’étalon dans son cul accéléra le mouvement. Pénélope ne put s’empêcher de rire un peu. Le salaud, il lui paierait, plus tard.
Elle avait perdu le compte. Même en tentant de compter les capotes dans la poubelle sous ses yeux, elle n’arrivait pas à mettre ses idées en place. Elle avait perdu également la notion du temps. Mais elle comprit, quand l’homme éjacula sur sa joue pour faire ruisseler le sperme sur ses seins, qu’il était le dernier de la file. Et tant mieux, parce que son corps, ses orifices commençaient à être douloureux, même si la plupart de ses amants avaient été doux. Alors, des doigts s’insinuèrent dans son sexe, la faisant gémir.
– Tu crois quoi, salope ? Que je vais te regarder te faire souiller, salir par tous ces mecs, et je ne vais rien dire ?
Elle se redressa et jeta un œil derrière son épaule. Stan s’était débraguetté, la queue à angle droit. Jamais elle ne l’avait vu avec une telle érection. Il la fixait, tout en glissant un à un ses doigts en elle. Bientôt, sa main disparut jusqu’au poignet.
– Tu le sens ? Comme tu m’appartiens ?
Pénélope hocha la tête, le souffle coupé, ses yeux rivés à ceux de son partenaire. Il bougeait les doigts en elle, allait, venait. Après avoir été prise exclusivement par derrière, elle sentait que son sexe réclamait d’être rempli. Mais il retira brusquement sa main et se pencha pour lui faire lécher ses doigts. Elle les suça en fermant les yeux, appréciant l’acidité de son propre goût, l’odeur de son excitation sur le dos de la main.
– Nettoie. Nettoie bien.
Elle s’appliquait, prenait son temps, alors que Stan caressait son clitoris de l’autre main. Elle gémissait, ondulait. Elle savait que les autres hommes les regardaient. Peut-être que certains étaient en train de repartir, espérant pouvoir la saillir à nouveau. Mais elle s’en foutait. Il n’y avait plus que lui, qu’elle. Qu’eux. Les deux mains cessèrent leurs mouvements simultanément pour venir caresser son dos, ses épaules, ses fesses, faisant naître des frissons. Les hommes l’avaient prise en se contentant de s’arrimer à ses hanches, se concentrant sur le trou à fourrer. Stanislas la reconnectait avec l’intégralité de son corps, descendait sur ses cuisses, sur la lisière de ses bas. Elle ne le quittait pas des yeux, ne voulait pas briser ce lien entre eux, l’intensité du moment. Elle ne cligna même pas des paupières quand il la pénétra, doucement, puis, de plus en plus rapidement. Il la redressa, tout en se courbant vers elle, pour prendre ses seins en coupe, pour en pincer les tétons. Il l’embrassa dans la nuque, lui murmura à l’oreille.
– Caresse-toi.
Elle fit glisser sa main à son sexe, gênée par le cheval, mais parvint tout de même à faire rouler son clitoris entre ses doigts. Elle se frottait sur le cuir, contre ses doigts, elle ne savait plus bien.
– Donne-toi.
Elle sentit qu’il lui mordait l’épaule, alors que l’orgasme montait doucement. Il accéléra le rythme en sentant sa respiration devenir irrégulière.
– Tu es à moi, tu entends ? À moi.
Cette petite phrase, déposée au creux de son oreille, la fit exploser, s’éparpiller en pluie d’étoiles. Ce n’était plus le jeu, ce n’était pas pour la galerie, qu’il prononçait ces mots. C’était pour elle, juste pour elle, pour qu’elle sache qu’elle était sa chose, sa putain à lui, qu’elle comptait plus que tout, même après avoir été souillée par une douzaine d’autres hommes. Stan attendit que les spasmes se calment avant de se retirer doucement. Puis il vint se placer devant elle, tout en caressant ses cheveux, son visage. Elle suça et aspira avec reconnaissance ce membre qui venait de la compléter. Elle reçut avec ferveur et adoration le sperme qui gicla sur sa langue, dans sa gorge, n’en perdant pas une goutte, voulant ainsi lui faire comprendre qu’elle prenait tout de lui, comme il voulait tout d’elle. Y compris les désirs les plus sombres et les plus incompréhensibles, pour la plupart des gens.

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