La lunette des toilettes

Nouveau défi Facebook. Cette fois, j’ai écopé des mots suivants : callipyge, lunette, calice, rognons, vacances, cervelas, cuistre, vestale, café, scolaire, mondialisation, australopithèque, nouveau, lapin, Railway station, aquariophilie, photovoltaïque, chocolat, kryptonite, apocalypse.
Regardons ce que ça donne…

Tout a commencé avec la lunette des toilettes.
Cette putain de lunette, que Jean-Hugues n’était pas foutu de baisser après usage. En même temps, de quoi je me plaignais, hein. Avant, il ne la relevait même pas, et j’avais dû batailler après moult glapissements, parce que je n’appréciais que très moyennement de m’asseoir dans ses projections. Mais au bout de six mois de vie commune, j’en pouvais déjà plus.
J’aurais dû m’y attendre. Un homme marié n’est pas supposé quitter sa femme pour sa maîtresse. C’EST UNE LOI UNIVERSELLE, BORDEL. J’aurais dû sentir le piège, quand il a débarqué chez moi avec sa petite valise et qu’il m’a dit qu’il plaquait Bobonne et les marmots pour moi, sa « petite bombinette d’assistante ». Ah oui, j’ai rendu un sacré service à la susdite Bobonne, en réalité, en la débarrassant de lui.
Au début, je me suis sentie extraordinaire (mon Dieu, il avait tout lâché pour moi ! MOI !!!). Forte et amoureuse. J’ai vite déchanté. Notre vie a rapidement ronronné. On ne sortait pas beaucoup, autant parce qu’il était un peu juste à cause de la pension qu’il versait que parce qu’il avait « passé l’âge de ces conneries ». Notre vie sociale se résumait au repas du dimanche chez ses parents, où sa mère me servait des rognons dans une sauce au vin figée. On ne sert des rognons à quelqu’un que pour une seule raison, à mon sens. Lui faire passer un message : « traînée, tu as ruiné la vie de mon fils chéri. » Oh, oui, elle le faisait passer, son message, en touillant d’un air sombre son café après le repas, me fusillant du regard et ne tentant même pas de dissimuler son mépris. Le père de Jean-Hugues, lui, s’enorgueillissait que son fils ait pu se lever une petite jeunette, comme si les galipettes de son rejeton de 38 piges auréolaient de gloire sa propre sexualité déclinante de soixantenaire. Et je le surprenais souvent à laisser courir ses yeux le long de mes jambes ou plonger dans mon décolleté, rêveur. Après tout, si Jean-Hugues avait abandonné sa famille, c’est que je devais être un sacré coup, non ?
On a vite oublié les parties de sexe débridé dans le local à photocopies pour des relations sexuelles tiédasses et scolaires devant la télé, après Capital et ses reportages sensationnels sur les dangers de la mondialisation. Et encore… Même avec mes tenues affriolantes, je restais souvent sur le carreau. Je n’étais plus sa petite chienne, sa salope assoiffée de sexe, j’étais sa COMPAGNE DE VIE. J’étais passée du statut de « meuf-qui-rend-dingue-sa-queue » à celui de vestale, dont la vie devrait être dédiée à la semi-chasteté, puisque j’étais désormais RESPECTABLE. Ben la respectabilité, je me la serais bien carrée dans le cul, si vous me passez l’expression, pour me sentir vivante et désirée.
J’étais jeune quand j’ai commencé à bosser pour lui, je m’étais laissée éblouir par le statut du directeur de secteur blindé de responsabilité. Quelle conne ! Comment, après une si petite expérience de vie commune, Jean-Hugues a-t-il pu si vite se casser la gueule de son piédestal et m’apparaître, en définitive, comme un cuistre, un petit homme pédant, si sûr de lui qu’il en était ridicule, et totalement à côté de la plaque ? Je ne me l’expliquais pas. Debout, devant les chiottes, j’étais perplexe.
Tout ça pour une putain de lunette de toilettes pas rabaissée. Je descendis l’abattant, pissai, m’essuyai et tirai la chasse. En regardant l’eau tourbillonner dans la cuvette, je ne savais pas encore que j’avais déclenché un tsunami.

J’ai sorti Turron de sa cage et j’ai passé son harnais à mon lapin chocolat. C’était l’heure de sa petite balade quotidienne et j’avais besoin de prendre l’air. Je l’ai pris dans les bras, respirant son odeur de foin, laissant sa truffe me humer. Turron savait quand j’étais malheureuse ou en proie au doute et c’était sa façon de me consoler. J’ai descendu les marches, mon lapin nain dans les bras, poussé la porte de l’immeuble et traversé la route. Une fois dans le petit parc en face, je l’ai posé par terre. On a dû faire deux fois le tour du square, avant que je n’arrive à me poser sur un banc. Je bouillonnais de l’intérieur, avec cette impression étrange d’être au bord d’une falaise. Fallait-il sauter, reculer ? Un pigeon se posa à quelques mètres de moi. Sans doute n’y aurais-je pas fait attention s’il n’avait pas loupé son atterrissage et dérapé. Il boitait. J’ai cru d’abord qu’il s’était blessé dans la manœuvre, mais non, il lui manquait juste une serre à une patte. Alors j’ai regardé d’autres de ses congénères. Bordel, vous savez combien de ses bestiaux ont des orteils manquants ? PLEIN.
Pourtant, ça ne les empêche pas de voler, se nourrir, se reproduire. Ils sont amputés, mais ils continuent à vivre. Je pouvais tout à fait m’amputer de Jean-Hugues. Couper ce membre qui gangrénait avant de crever de septicémie. Ouais, suffisait juste de me faire pousser des couilles et d’aller le trouver. Surfer sur cette vague. En face du parc, y’avait une agence de voyages. Je me suis levée, j’ai traversé la pelouse, mon lapin sur les talons, franchi la porte de l’agence et je me suis dirigée vers l’une des conseillères de vente. Une demi-heure après, je remontais chez moi. Je remis Turron dans sa maison et me tournai vers Jean-Hugues.
– Faut qu’on parle. Toi et moi, ça va pas le faire.

Trois jours après, je survolais les quelques sept cents îles qui constituent les Bahamas, en songeant à l’apocalypse qui avait suivi mon entrée en matière fracassante. Jean-Hugues avait commencé par balbutier, se demandant quelle mouche m’avait piquée. Puis la conversation a viré à l’orage. Il s’est drapé dans son ego froissé. J’ai eu le sempiternel refrain sur mon cycle menstruel, qui me rendait, moi comme toutes celles de mon espèce, totalement hystérique, et m’empêchait d’y voir clair. « Nous devrions en parler quand tes hormones ne s’affoleront plus. » Cette sortie me confirma dans mon choix. Ce mec était un pauvre type, complètement flippé d’avoir « laissé sa famille pour une petite écervelée qui ne savait pas ce qu’elle voulait ». Oh si. Justement. Je ne voulais juste pas vivre comme une retraitée à 26 ans. Et, après tout, je ne lui avais jamais demandé de tout quitter pour moi. Il m’avait imposé sa décision, comme toutes les suivantes depuis. J’ai bu donc le calice jusqu’à la lie, ingurgitant le breuvage qui laissait comme un goût de vinaigre sur les papilles gustatives, autant que son sperme qu’il insistait pour que j’avale. Je suis sortie de cette interminable discussion vannée et ravie d’avoir pris des vacances, pour lui laisser le temps de se calmer et de préparer ses petites affaires. Je l’avais prévenu de me préparer mon solde au boulot et de lancer les démarches de licenciement à l’amiable. Et me voilà dans un avion, célibataire, sans emploi, et ayant dilapidé mes économies pour mettre le plus de distance possible entre moi et ce gâchis mémorable qu’était devenu ma vie. Et Turron me manquait.

Bon, les vacances seule, ça peut paraître le pied, comme ça, sur le papier. Mais en vrai, ça craint un peu du boudin. J’ai passé deux jours à pleurer dans mon lit en position fœtale en me demandant si j’avais pris la bonne décision. Et puis j’ai repensé à la somme astronomique que m’avait coûté le voyage et je me suis dit que je devais avoir amorti le prix de la chambre, à fixer comme ça le papier peint. Il était temps de fureter un peu à droite et à gauche. L’anglais n’était pas mon fort, mais j’ai réussi à me débrouiller, à prendre des taxis, des bateaux ou le petit train touristique de la Railway Station pour m’éloigner de mon hôtel et me rendre à Nassau. J’ai visité à pied tout ce que je pouvais, contemplé le Lake Killarney et pas mal zoné dans les trois îles principales d’Andros, qui sont restées assez sauvages, contrairement aux autres archipels engorgés de touristes. Les pieds dans le sable blanc, j’ai enfin soufflé, bercée par le chant des oiseaux. J’étais jeune, en vie, et bientôt bronzée. Pas de quoi hyperventiler.

J’ai rencontré Éloïse au restaurant de l’hôtel. Elle en avait assez de manger seule et me demanda si elle pouvait prendre place à ma table, puisqu’elle avait remarqué mon bouquin en Français. J’ai rapidement fait disparaître mon poche, heureuse d’avoir quelqu’un avec qui échanger quelques mots. On a beau se sentir fort et indépendant, on en reste pas moins un animal social.
La jolie blonde travaillait à la conception de panneaux photovoltaïques dans une société du sud de la France et était intarissable sur l’énergie thermique. La seule, selon elle, capable d’éviter à l’Humanité de précipiter sa fin. À la fin de notre conversation, j’étais à deux doigts de demander à ma copro d’en installer sur le toit de notre immeuble. J’adore les gens passionnés, ils vous transportent dans leur monde en un clin d’œil. Des passions, elle en avait d’autres. Elle était férue d’aquariophilie et avait un bassin de près de deux mètres encastré dans l’un des murs de son salon. Elle était venue nager près de la barrière de corail d’Andros, pour observer la faune locale, et était ravie de ces journées passées au milieu des poissons. On a pris l’habitude de se retrouver pour l’apéro, le soir, après nos pérégrinations. Elle plongeait la journée, j’errais sur les plages ou je pataugeais dans la piscine de l’hôtel, et on s’attendait sur la plage avec un cocktail avant d’aller manger. J’en suis venue à faire des confidences, relatant mon expérience catastrophique avec Jean-Hugues.
– La routine, c’est la kryptonite du désir. Les chaussettes qui trainent, ça ne fait bander personne. C’est la raison pour laquelle je ne me suis jamais installée avec mes conquêtes. Ca étouffe le couple. Je reste persuadée qu’on s’en sort mieux chacun chez soi.
J’ai réfléchi un peu. Malgré mon expérience, je ne voulais pas renoncer à une vie commune. Ca pouvait être chouette, de se réveiller à côté de l’être aimé chaque matin.
– Personne en vue, en rentrant ?
Je m’esclaffais.
– Ah non. Les hommes, c’est fini pour moi. Pour quelques temps, du moins.
– Je ne peux qu’approuver. Je n’ai jamais aimé ces australopithèques, qui pensent que la femelle en nous se pâme en voyant leur cervelas rosâtre. J’ai toujours préféré la sensualité discrète des femmes et leurs formes callipyges.
Je manquais de m’étouffer avec mon Sex on the Beach. Je l’avais pas vue venir, celle-là. Elle rit et proposa d’aller manger, pour détendre l’atmosphère.
Je ne savais plus comment interpréter ses gestes, après ça. Sa façon de me frôler quand elle me dépassait au buffet de desserts… de me resservir du vin quand je finissais mon verre. Etait-elle en train de flirter ? Les hommes, je les vois venir de loin. Mais avec une femme, était-ce différent ? Elle plongea ses yeux dans les miens.
– Tu es mal à l’aise, depuis que je t’ai dit que je suis gay. Tu sais que ce n’est pas parce que tu es une femme que je vais essayer de te violer, n’est-ce pas ? Je sais contrôler mes pulsions.
Je me suis sentie stupide comme jamais et j’ai rougi jusqu’à la racine des cheveux.
– Je suis désolée. J’ai un peu picolé. Et je crois que ça m’a un peu déstabilisée. Tu as raison, j’ai une réaction totalement con.
Cette discussion a brisé la glace. Nous avons repris nos conversations de manière plus détendue. Ainsi qu’une autre bouteille de sangria. J’étais tellement pétée que Eloïse a dû m’amener dans ma chambre, alors qu’elle n’était pas tellement plus fraîche que moi. On a mis trois bonnes minutes à trouver la fente de la carte qui déverrouillait la porte en pouffant comme des gamines. La porte ouverte, je me suis à nouveau excusée auprès d’elle.
– Encore désolée, pour la réaction, tout à l’heure.
– Y’a pas de mal, vraiment. Ca arrive souvent.
– Non mais… j’étais curieuse. Et… je crois… un peu déçue, en fait, que tu ne flirtes pas avec moi.
Elle s’appuya sur le chambranle.
– Tu serais lesbienne, je te chercherais. Carrément.
Je baissais les paupières.
– Le fait que je sois hétéro te gêne ?
– Un peu. Les hétéros sont curieuses mais, en définitive, ne font que me briser le cœur. On ne change pas sa nature.
Je me mordis la langue. Elle était jolie, avec ses longs cheveux blonds de surfeuse et sa peau caramélisée par le soleil. Les filles ne m’avaient jamais faite mouiller, mais j’avais envie de tenter quelque chose de nouveau. C’était sans doute moche à dire, mais c’était de la curiosité, effectivement. L’occasion qui faisait le larron. Je voulais voir si une femme saurait me faire vibrer autant qu’un homme. Elle lut dans mes pensées.
– Tu vois, c’est de la curiosité. Pas du désir.
– La curiosité est une forme d’intérêt.
– Ouais, pas faux. Mais tu es bourrée et en plein marasme amoureux. Tu crois vraiment que c’est le moment de se lancer dans une expérience sexuelle ?
– Tu as peur d’abuser de ma vulnérabilité ?
– Un peu.
– Tu as mon consentement. Plutôt deux fois qu’une.
Elle soupira.
– Ne me tente pas. Tu me plais.
– Vois-le comme un service que tu rendrais à une amie.
Éloïse éclata de rire.
– Oh, tu rends souvent des services comme ça à tes potes, toi ? Tu leur proposes des orgasmes comme tes bras pour un déménagement ?
Je réfléchis et ne trouvais pas d’autre argument. Alors je fis mon air de chien battu qui fonctionnait si bien avec les hommes qui ont un fort instinct de protection.
– Tu fais chier, Émeline.
Mais deux secondes après, ses mains encadraient mon visage et elle me poussait à l’intérieur de ma piaule. La porte se referma avec un discret petit « clic » alors qu’on était en plein bouche à bouche. Elle fit voler ma robe, puis dégrafa avec deux doigts mon soutif. J’ai personnellement plus galéré avec le sien, ne me sentant pas à ma main. J’ai soupesé ses seins modestes et regardé comme ses tétons dardaient rapidement, faisant disparaître presque intégralement leurs aréoles. Je n’ai pas pu m’empêcher de comparer avec les miens, lourds, marrons et aux pointes beaucoup moins arrogantes. Elle enleva elle-même sa culotte et attrapa ma main droite.
– Tu es sûre ?
Je hochai la tête, résolue, et ricanai niaisement. Je m’amusais comme une folle, à observer ce corps qui était fabriqué comme le mien et pourtant si différent. Elle posa ma main sur son buisson qu’elle portait à peine échancré et la guida avec la sienne. Timidement, je découvris du bout des doigts son bouton, qui roula sous ma pulpe. J’entrouvrai les petites lèvres et trouvai sa grotte en pleine humidification. Elle m’embrassa à nouveau, caressant ma langue avec la sienne, et je me fis plus hardie. Mais j’avais du mal à trouver mes marques. Elle sourit dans ma bouche.
– Attends.
Elle me tourna le dos et repris ma main. Nous étions de taille à peu près similaire, aussi j’ai eu l’impression de me caresser moi-même.
– C’est mieux, comme ça ?
Pour toute réponse, je dégageai ses cheveux dans la nuque et l’embrassai, avant de la mordiller. Sa main à elle s’égara derrière son dos et trouva mon propre clitoris. Je soupirai à son oreille. Après quelques minutes qui augmentèrent sérieusement ma température corporelle, elle se retourna et encadra à nouveau mon visage de ses mains. Je fis de même. Et j’ai senti nos deux odeurs intimes, imprégnées sur nos doigts, se mélanger. La mienne à gauche et la sienne à droite. Semblables, mais pas identiques.
– Ca te plait ?
– Oui.
Elle me fit basculer à travers du lit, sur le dos, et entremêla nos jambes. Sa cuisse vint se frotter contre mon bassin alors que son propre pubis cognait contre ma hanche. Elle commença à onduler sur moi, alors que nos langues se mélangeaient et que nos mains effleuraient, palpaient, caressaient tout l’épiderme disponible. Elle accéléra le rythme et bientôt, je fus secouée comme une poupée de chiffon. Le premier qui me dit que l’amour entre gonzesses est tiède, je lui ris au nez. Après cette nuit, je sais que ça peut être sauvage comme avec un homme. Ses doigts pinçaient mes tétons, ses mains tiraient mes cheveux pour dégager la gorge qu’elle mordait, ses doigts glissaient sous mes fesses pour atteindre chacun de mes orifices et je me tenais là, à sa merci, totalement consentante des sévices qu’elle me faisait subir, n’osant bouger de peur de rompre le contact qu’elle avait si bien établi entre nos deux corps. Bientôt elle frissonna et se laissa aller dans mes bras. Je lui caressais les cheveux, un peu perdue dans mes sensations. Au bout de quelques minutes, elle se laissa glisser le long de mon corps et écarta mes cuisses. Il ne me fallut que quelques coups de langue et des va-et-vient vigoureux avec son majeur et son index pour que je m’embrase à mon tour. Elle remonta en riant.
– Je me doutais qu’il te faudrait des sensations un peu plus « hétéros » pour t’achever, beauté.
Je la regardais, un peu coupable. Elle sourit en me murmurant que ce n’était pas grave et m’embrassa sur le front, avant de m’enlacer. Je crois que je me suis endormie la tête sur ses seins, réalisant à quel point c’était chaud et moelleux, à quel point on pouvait se sentir en sécurité, flotter dans une sorte de plénitude, dans cette position. Quand je me suis réveillée, elle n’était plus là.
Je ne l’ai pas vue, le lendemain. Je l’ai cherchée sur notre plage, dans notre restaurant. Je crois qu’elle préférait éviter la gêne qui aurait pu suivre, le retour à une bise claquée comme à une copine, après une nuit aussi intime. Et le surlendemain, je remontais, au Lynden Pindling International Airport, dans l’avion qui me ramenait à Paris. Au moment de l’atterrissage sur le sol français, j’ai regardé les panneaux solaires sur le toit. J’ai ri. Éloïse avait raison. C’est le soleil qui nous sauvera tous.