La buanderie

Agacée, elle claque le hublot de la machine à laver. Depuis le début de la matinée, elle s’agite dans la maison tout en surveillant ses mails pros. Pendant ce temps, monsieur profite de son chômage technique en explosant ses records sur Fifa.
– Toi, tu es fâchée.
Elle se retourne en soupirant.
– Non non, ça va.
Adossé au mur, il l’observe depuis les dernières marches de l’escalier qui mène à la cave.
– Je sens que je dois m’excuser de quelque chose, mais si tu ne m’aides pas, je risque de tâtonner longtemps.
Elle hausse les épaules.
– Ça me gonfle de me taper tout le ménage pendant que tu joues.
Même à deux mètres de distance, elle voit ses yeux briller, alors qu’il énumère calmement.
– Ce matin, j’ai effectué le suivi pédagogique des filles et je suis allé faire les courses de la semaine pendant que tu dormais. Je ne jouais qu’un match avant de préparer le déjeuner. Mais si tu as l’impression que le partage des tâches n’est pas équitable, nous rééquilibrerons cela. Et tu peux me dire les choses, au lieu de bouder.
Piteusement, elle baisse les yeux. Ça l’énerve, quand il a raison.
– Désolée. Je crois que l’enfermement me pèse.
Cette fois, il éclate de rire en avançant vers elle.
– Toi, tu as besoin de te détendre. Et je connais un moyen.
– Oh, rigole, hein. Avec les petites en permanence sur notre dos…
Il se retourne, feint de regarder à droite et à gauche et lève un sourcil.
– Elles ne sont pas sur notre dos, là. Elles sont dans leur chambre. Soit deux étages plus haut.
– Tu ne vas pas oser ?!?
– On parie ?
D’un geste sec, il la retourne face à la machine à laver. Elle sent ses mains se frayer un chemin sous son pantalon d’intérieur et son débardeur. Elle ne porte ni culotte ni soutien-gorge, comme depuis plusieurs semaines. A l’aide du pied, il lui écarte les jambes. Elle ferme les yeux. Son corps prend rapidement le contrôle sur ses pensées et sur la peur que les petites descendent de l’étage. Elle se concentre sur ses sensations. Des doigts pincent la pointe de ses seins, d’autres s’insinuent dans son sexe rapidement trempé ou frottent son clitoris, des dents grignotent sa nuque ou le tendre lobe de son oreille, alors qu’une langue lèche la sueur salée dans son cou. Elle n’est que feu liquide, après des jours et des jours sans plaisir, uniquement consacrés au travail, aux enfants, à la maison. Par réflexe, elle colle sa main à sa bouche, pour étouffer ses gémissements. Le souffle chaud de son mari se perd dans ses boucles blondes et son membre se frotte contre ses fesses. Elle se cambre, comme pour appeler sa queue, pour la supplier de la prendre, peu importe l’orifice, mais ce sont des doigts qui se faufile dans son cul, alors que l’autre main se concentre sur son bouton. Profondément. Un doigt d’abord. Puis deux. Qui la dilatent, qui la fouillent, qui l’étirent. Et qui, en quelques minutes, lui arrachent un cri derrière ses propres phalanges, plaquées sur son visage jusqu’à l’asphyxie. Lentement, il se détache d’elle, satisfait, malgré l’impressionnante érection visible sous son jogging. Tout en tentant de récupérer son souffle, elle se rajuste et désigne d’un coup de menton la bosse de son entrejambe.
– Tu veux… un coup de main ?
Avec un petit sourire en coin, il se penche vers elle pour l’embrasser sur le front.
– Non, ça va aller. Par contre, tu m’en dois une. A toi de faire preuve d’imagination et d’ingéniosité pour rembourser ta dette. Mais je ne me fais pas de souci. Je sais à quel point l’équité te tient à cœur, vu notre conversation d’il y a moins de dix minutes.
En riant, il remonte les escaliers, la laissant seule dans la buanderie. Elle sourit. L’enfoiré. S’il veut jouer, on va jouer. Cela ne peut qu’apporter un peu de piment dans ces journées de confinement.